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Accueil du site > Culture & Loisirs > Extraits d’ouvrages > Albert Camus, L’homme révolté

Albert Camus, L’homme révolté

Albert Camus, L'homme révolté

Albert Camus, L'homme révolté, Folio essais Gallimard, 1985. Je me suis référé au texte de l' édition de la Pléiade (NRF Gallimard), Essais d'Albert Camus, 1965.

Table des matières : 

Introduction - I. L'homme révolté - II. La révolte métaphysique : Les fils de Caïn - La négation absolue - Un homme de Lettres (Sade) - La révolte des dandys- Le refus du salut - L'affirmation absolue L'unique - Nietzsche et le nihilisme - La poésie révoltée - Lautréamont et la banalité - Surréalisme et Révolution - Nihilisme et Histoire - III. La révolte historique : Les régicides - Le nouvel Evangile - La mise à mort du roi - La religion de la vertu - La Terreur - Les déicides - Le terrorisme individuel - L'abandon de la vertu - Trois possédés - Les meurtriers délicats - Le chigalevisme- Le terrorisme d'Etat et la Terreur irrationnelle - La prophétie bourgeoise - la prophétie révolutionnaire - L'échec de la prophétie - Le royaume des fins - La totalité et le procès - Révolte et Révolution - IV. Révolte et Art : Roman et révolte - Révolte et style - Création et Révolution - V. La pensée de midi : révolte et meurtre - Le meurtre nihiliste - Le meurtre historique - Mesure et démesure - Au-delà du nihilisme 

"Et ouvertement je vouai mon coeur à la terre grave et souffrante, et souvent, dans la nuit sacrée, je lui promis de l'aimer fidèlement jusqu'à la mort, sans peur, avec son lourd fardeau de fatalité, et de ne mépriser aucune de ses énigmes. Ainsi, je me liai à elle d'un lien mortel." (Hölderlin, La mort d'Empédocle)

L'auteur :

Albert Camus, né le 7 novembre 1913 à Mondovi (aujourd’hui Dréan), près de Bône (aujourd’hui Annaba), en Algérie, et mort accidentellement le 4 janvier 1960 à Villeblevin, dans l'Yonne en France, est un écrivain, philosophe, romancier, dramaturge, journaliste, essayiste et nouvelliste français. Il est aussi journaliste militant engagé dans la Résistance française et, proche des courants libertaires, dans les combats moraux de l'après-guerre.

L'oeuvre :

L'Homme révolté est un Essai rédigé par Albert Camus, publié en 1951. Il fait suite au Mythe de Sisyphe publié en 1942 où il traitait principalement, à travers le thème du suicide du caractère absurde de l'existence.

Notes de lecture sur l'introduction et le chapitre I, "L'homme révolté" : 

Introduction

L'histoire de l'orgueil européen

"Deux siècles de révolte métaphysique ou historique, s'offrent justement à notre réflexion. Un historien, seul, pourrait prétendre à exposer en détail les doctrines et les mouvements qui s'y succèdent. Du moins, il doit être possible d'y chercher un fil conducteur. Les pages qui suivent proposent seulement quelques repères historiques et une hypothèse de lecture. Cette hypothèse n'est pas la seule possible ; elle est loin, d'ailleurs de tout éclairer. Mais elle explique, en partie, la direction et, presque entièrement, la démesure de notre temps. L'histoire prodigieuse qui est évoquée ici est l'histoire de l'orgueil européen. 

(p. 420 dans l'édition de la Pléiade)

"L'homme est la seule créature qui refuse d'être ce qu'elle est."

"La révolte, en tout cas, ne pouvait nous fournir ses raisons qu'au terme d'une enquête sur ses attitudes, ses prétentions et ses conquêtes. dans ses oeuvres se trouvent peut-être la règle d'action que l'absurde n'a pu nous donner, une indication au moins sur le droit ou le devoir de tuer, l'espoir enfin d'une création. L'homme est la seule créature qui refuse d'être ce qu'elle est. La question est de savoir si ce refus ne peut l'amener qu'à la destruction des autres et de lui-même, si toute révolte doit s'achever en justification du meurtre universel, ou si, au contraire, sans prétention à une impossible innocence, elle peut découvrir le principe d'une culpabilité raisonnable." (ibidem)

I. L'homme révolté

"Qu'est-ce qu'un homme révolté ? Un homme qui dit non. Mais s'il refuse, il ne renonce pas : c'est aussi un homme qui dit oui, dès son premier mouvement. Un esclave qui a reçu des ordres toute sa vie, juge soudain inacceptable un nouveau commandement. Quel est le contenu de ce "non" ?

Il signifie, par exemple : "les choses ont trop duré", "jusque là oui, au-de là non", ou "vous allez trop loin", et encore, "il y a une limite que vous ne dépasserez pas". En somme, ce non affirme l'existence d'une frontière. On retrouve la même idée de limite dans ce sentiment du révolté que l'autre "exagère", qu'il étend son droit au-delà d'une frontière à partir de laquelle un autre droit lui fait face et le limite. Ainsi, le mouvement de révolte s'appuie en même temps, sur le refus catégorique d'une intrusion jugée intolérable et sur la certitude confuse d'un bon droit, plus exactement l'impression, chez le révolté, qu'il est "en droit de...". La révolte ne va pas sans le sentiment d'avoir soi-même, en quelque façon, et quelque part, raison. C'est en cela que l'esclave révolté dit à la fois oui et non. Il affirme, en même temps que la frontière, tout ce qu'il soupçonne et veut préserver en deçà de la frontière. Il démontre avec entêtement, qu'il y a en lui quelque chose qui "vaut la peine de...", qui demande qu'on y prenne garde. D'une certaine manière, il oppose à l'ordre qui l'opprime une sorte de droit à ne pas être opprimé au-delà de ce qu'il peut admettre." (p.423)

"La conscience vient au jour avec la révolte." (p.424)

"L'analyse de la révolte conduit au moins au soupçon qu'il y a une nature humaine, comme le pensaient les Grecs, et contrairement aux postulats de la pensée contemporaine. Pourquoi se révolter s'il n'y a rien de permanent à préserver ?" (p.425)

Commentaire :

Camus prend position ici contre l'idée qu'il n'y a pas de "nature humaine", que l'homme (ses pensées, ses sentiments, ses émotions, ses passions, ses "valeurs"...) relèvent uniquement de la culture et de l'Histoire. Il s'oppose donc à Jean-Paul Sartre ; chez Sartre, il n'y a pas "d'essence humaine" ("L'existence précède l'essence") et il n'y a pas plus de raisons de faire une chose que le contraire (Sartre ne sort pas de l'absurde)... Selon lui, l'homme est entièrement libre. Mais pourquoi devrait-il se déterminer pour une chose plutôt que pour une autre, s'il n'y a, comme le dit Camus, "rien de permanent à préserver", autrement dit, s'il n'y pas de "valeurs" ?

Dans la révolte, l'homme se dépasse en autrui...

"Remarquons (ensuite) que la révolte ne naît pas seulement, et forcément chez l'opprimé, mais qu'elle peut naître aussi du spectacle de l'oppression dont un autre est victime." (p.426)

"L'individu n'est (donc) pas, à lui seul, cette valeur qu'il veut défendre. Il faut, au moins, tous les hommes pour la composer. Dans la révolte, l'homme se dépasse en autrui et, de ce point de vue, la solidarité humaine est métaphysique. Simplement, il ne s'agit pour le moment que de cette sorte de solidarité qui naît dans les chaînes." (p.426)

Commentaire :

Camus oppose ensuite la notion (positive) de "révolte" à celle (négative) de "ressentiment" chez Max Scheler : "Le ressentiment est très bien défini par Scheler comme une auto-intoxication, la secrétion néfaste, en vase clos, d'une impuissance prolongée. La révolte au contraire fracture l'être et l'aide à déborder." (p.427)

Le ressentiment porte sur l'avoir ou sur l'être de l'autre : on voudrait avoir ce qu'a l'autre, être ce qu'est l'autre, alors que la révolte est une lutte pour une partie de mon être (ma dignité).

"Apparemment négative, puisqu'elle ne crée rien, la révolte est profondément positive puisqu'elle révèle ce qui, en l'homme, est toujours à défendre."(p.429)

Commentaire : 

Scheler assimile la révolte au ressentiment, Camus les distingue, tout en reconnaissant qu'il peut se mêler du ressentiment à la révolte.

Camus examine ensuite la dimension socio-historique de la notion de "révolte" : "En société, l'esprit de révolte n'est possible que dans les groupes où une égalité théorique recouvre de grandes inégalités de fait. Le problème de la révolte n'a donc de sens qu'à l'intérieur de notre société occidentale." (p.429)

Commentaire :

"société occidentale" ou société influencée par la pensée occidentale. L'expression "société occidentale" ne doit pas être prise au sens strictement géographique du terme. Les Etats-Unis, la Russie, l'Afrique du Sud se rattachent à la "société occidentale".

Les révoltes au Maghreb, dans les pays arabes (en Tunisie, en Egypte, par exemple) et dans l'Afrique subsaharienne s'expliquent (en partie du moins) par l'influence directe ou indirecte des valeurs occidentales, issues de l'antiquité grecque et du judéo-christianisme : Le Livre de l'Exode, la sortie des Hébreux de la maison d'esclavage en Egypte, la naissance de la philosophie sur les pourtours du bassin méditerranéen, la démocratie athénienne, le Droit romain, l'égalité des hommes aux yeux de Dieu.

La révolte est impossible, parce qu'impensable, dans des sociétés "tribales" ou des sociétés strictement hiérarchisées comme celle des Incas. Pour qu'il y ait "révolte", il faut qu'il y ait prise de conscience d'une injustice, donc référence à d'autres valeurs. Il faut, toujours selon Camus, "la prise de conscience qu'une égalité théorique recouvre une inégalité de fait".

On le voit par exemple actuellement en France avec la "révolte des gilets jaunes" et la référence à la devise de la République française, notamment l'Egalité et la Fraternité.

La révolte est impossible dans une société saturée par le "sacré" (dans laquelle les mythes expliquent tout)... Peut-on, loin du sacré, et de ses valeurs absolues, trouver la règle d'une conduite ? Telle est la question posée par la révolte.

"Pour être, l'homme doit se révolter, mais sa révolte doit respecter la limite qu'elle découvre en elle-même et où les hommes, en se rejoignant, commencent d'être. La pensée révoltée ne peut donc pas se passer de mémoire : elle est une tension perpétuelle. En la suivant dans ses oeuvres et dans ses actes, nous aurons à dire, chaque fois, si elle reste fidèle à sa noblesse première ou si, par lassitude ou par folie, elle l'oublie au contraire, dans une ivresse de tyrannie ou de servitude." (p.431)

"Dans l'épreuve quotidienne qui est la nôtre, la révolte joue le même rôle que le "cogito" dans l'ordre de la pensée ("Je pense donc je suis") : elle est la première évidence. Mais cette évidence tire l'individu de sa solitude. Elle est le lieu commun qui fonde sur tous les hommes la première valeur. Je me révolte, donc nous sommes." (p.432)

Commentaire :

Pour résumer, la révolte naît du sentiment de l'absurde et/ou de l'injustice subie par moi ou par autrui. La révolte témoigne du fait qu'il existe des "valeurs" (des raisons de se révolter, que se révolter a du sens). Dans la mesure où je désire pour les autres ce que je désire pour moi-même, la révolte individuelle devient révolte collective. Toutefois, la révolte collective risque d'aboutir, comme en témoigne l'Histoire contemporaine, à la tyrannie et à la servitude. Il faut donc toujours se souvenir des raisons pour lesquelles on s'est révolté et conserver l'esprit de révolte, dans la victoire, comme dans la défaite.

 


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8 réactions à cet article    


  • Taverne Taverne 23 juillet 15:03

    Bonjour Robin Guilloux,

    Je n’ai pas lu cette oeuvre de Camus mais je vois que nous disons la même chose par des voies à peine différente. Pour Camus, la révolte naît de l’expérience de la justice et de l’expérience de l’absurde. 

    Dans mon article « au-delà du cogito » je défends la même thèse, à savoir que l’injustice et l’absurde font partie des prises de conscience essentielles qui permettent de dire « nous sommes » : le « je » dans sa dimension « exister » se définit par réflexion au système de valeurs humaines. Je réfléchis (et je me reflète) donc j’existe. Bref, le dernier paragraphe est en conformité avec la proposition que je fais de l’être qui se prouve en trois temps :

    1 cogito (dimension de l’être),

    2 expérience de l’existence par réflexion (conscience du « nous sommes » et du « je suis dans le ’nous sommes’ ») : ce que dit mieux que moi Camus.

    3 Je ressens donc je vis (plus globalement : « ça ressent donc ça vit »)


    • Robin Guilloux Robin Guilloux 23 juillet 15:25

      @Taverne

      Descartes ne parvient à sortir du solipsisme (je ne suis certain que de ma propre existence en tant que pensée) que par le recours à l’existence d’un Dieu non trompeur qui n’est pas le « malin génie » (par la reprise de la preuve ontologique de saint Anselme) qu’il utilise pour prouver aussi l’existence du monde, celle des corps (l’étendue) et de l’union de l’âme et du corps.

      Sa « solution » au problème de l’existence d’autrui a été qualifiée « d’intellectualiste » : « Je vois passer dans la rue des manteaux et des chapeaux et j’en déduis que ce sont des hommes. »

      Même la conception de la recherche scientifique chez Descartes est « individualiste », alors que la science, on le sait bien, est une oeuvre collective (ce qu’avait bien vu Leibniz).

      La « solution » camusienne de la relation (du lien éthique) entre moi et autrui (l’intersubjectivité) repose sur le fait que je peux me révolter contre une injustice subie aussi bien par moi que par un autre. 


    • Taverne Taverne 23 juillet 16:06

      @Robin Guilloux

      Le système de Descartes a montré effectivement ses limites. Dieu est ce que j’appelle dans mon système « l’expérience du mystère » que je n’ai pas encore fait entrer dans ma classification tripartite, mais très probablement je la rangerai dans la première dimension, celle de l’être.

      La thèse de Camus est dans la deuxième dimension, celle de la relation (j’y ai ajouté le lien et le rapport) : relation à soi (miroir), aux autres, au monde. J’ai préféré parler d’expérience de l’opposition« que de »révolte", partant de l’idée qu’il y a des degrés et des nuances dans l’opposition et qu’elle inclut ainsi la révolte. 

      J’opère une distinction entre la raison éclaircie (celle de Descartes avec son doute radical, par exemple, qui fait place nette, ou encore le rasoir d’Ockham) et la raison éclairée (celle des Lumières, par exemple). Les intellectuels comme Camus sont, il me semble, dans la seconde sphère.


    • Taverne Taverne 23 juillet 19:20

      Autre forme de révolte pour Camus : la révolte de l’homme contre lui-même, l’homme dit « non » à lui-même  : « un homme, ça s’empêche ». Il s’agit d’une phrase du père de Camus prononcée pendant la guerre du Rif dont l’épisode est raconté dans Le Premier homme :

      "A l’aube, quand ils étaient remontés au camp, Cormery avait dit que les autres n’étaient pas des hommes. Levesque, qui réfléchissait, avait répondu que, pour eux, c’était ainsi que devaient agir les hommes, qu’on était chez eux, et qu’ils usaient de tous les moyens. Cormery avait pris son air buté . « Peut-être. Mais ils ont tort. Un homme ne fait pas ça . » Levesque avait dit que pour eux, dans certaines circonstances, un homme doit tout se permettre et tout détruire. Mais Cormery avait crié comme pris de folie furieuse : “Non, un homme ça s’empêche. Voilà ce que c’est un homme, ou sinon…”. Et puis il s’était calmé. “Moi, avait-il dit, d’une voix sourde, je suis pauvre, je sors de l’orphelinat, on me met cet habit, on me traîne à la guerre, mais je m’empêche.” (Camus, Le Premier homme, page 66)


      • Robin Guilloux Robin Guilloux 23 juillet 19:53

        @Taverne

        Oui, je vois à quoi vous faites allusion. Camus ne croyait pas au méchiavélisme ; il ne pensait pas que « la fin justifie les moyens », même en temps de guerre et encore moins en politique. C’était un moraliste, quelqu’un qui avait un sens aigu de l’éthique, qu’il tenait peut-être de son père (de ce qu’on lui avait raconté de son père) que pourtant, il n’avait pas vraiment connu.


      • Jean S 24 juillet 07:20

        Monsieur Guilloux bonjour,

        « Il y a des crimes de passion et des crimes de logique. » L’époque que nous vivons est de crimes de logique, la révolte est de désespoir !

        Vous allez vous attirer les afficionados de Beauvoir Sartre comme mouches sur le miel.

        Mais qu’importe l’homme absurde n’ aura de cesse que le courage. Et il en faut face à l’intransigence. Char, Chestov, Baudelaire, Nietzsche, Chamfort, Montaigne rien que du beau monde, mais aussi peut être de la dynamite ! Le marteau des Michelanges qui frappe la gangue de marbre pour faire naître David et sa fronde. La force la vrai l’intelligence !

        Merci


        • Robin Guilloux Robin Guilloux 24 juillet 11:04

          @Jean S

          Les crimes de logique et les crimes de passion...

          Je suis en train de relire les Essais de Camus et je suis ébloui par la lucidité et l’intelligence de cet esprit libre qui a tout compris de la folie du XXème siècle... la dégénérescence de la révolte en oppression, de la liberté en servitude, l’incroyable intelligence de ses analyses...

          Oui, on comprend mieux le ressentiment (au sens nietzschéen du terme) que certains comme Sartre et Beauvoir éprouvaient à son égard.

          Ce n’est pas non plus un hasard si parmi les « boucs émissaires » des surréalistes figurait Dostoïevski, l’auteur des Possédés.

          Les prétendus « nouveaux philosophes » (à l’exception peut-être de Glucksman), qui ont pillé Camus mais n’avaient (n’ont pour ceux qui sont encore en vie.... suivez mon regard), ni son génie, ni son intégrité morale.

          Cet homme nous manque et il est mort beaucoup trop tôt.


        • UnLorrain 24 juillet 13:31

          L’homme est la seule créature qui refuse d’être ce qu’elle est."

          Car il sait l’amoindrissement de vieillir lui aurais-je suggérer a Albert. Dès 25 ans,il est dit que cette chose banale mais dont tout le monde vis- notre capacité pulmonaire - se rabougri de 1 % par années passantes ou de vieillesse autrement dit.

          Rhetorique de pacotille,foutez mon comm au feu,grand bien lui fera.

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