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Hegel et le sens de l’Histoire

Hegel et le sens de l'Histoire

Hegel, Le sens de l'Histoire (texte + questions) - Le blog de Robin Guilloux

G. W. F. Hegel (1770-1831) a professé les Leçons sur la philosophie de l'histoire, pour la première fois à Berlin au cours du semestre d'hiver 1822-1823. Elles ont été réitérées avec de mu...

http://lechatsurmonepaule.over-blog.fr/2018/01/hegel-le-sens-de-l-histoire.html

Hegel commence par distinguer l'esprit de la matière : l'esprit, selon lui, est le contraire de la matière. La matière et l'esprit s'opposent par leurs attributs essentiels. L'attribut essentiel de la matière est la pesanteur, l'attribut essentiel de l'esprit est la liberté. 

attribut : en métaphysique et en logique, le concept d'attribut désigne une propriété d'une substance. En logique, l'attribut est un terme que l'on affirme ou que l'on nie d'un sujet. en grammaire.

Un attribut peut-être essentiel ou accidentel. Un attribut essentiel est inséparable de la définition du sujet qui en est le support. Soit la proposition : "Socrate est un homme" : Socrate est un homme par définition. L'attribut "homme" est inséparable du sujet Socrate. En revanche, si je dis "Socrate est chauve", "chauve est un attribut accidentel du sujet Socrate. Socrate serait toujours un homme, même s'il n'était pas chauve et il serait toujours Socrate, alors que si Socrate était un oiseau (et non un homme), il ne serait pas Socrate !

Hegel ne parle pas d'attribut essentiel, mais de "substance" et "d'essence" : la pesanteur est nécessairement associée à la matière. Aussi légère soit-elle, la matière qui entre dans la composition d'une plume, est pesante.

La proposition "la substance de la matière est la pesanteur" équivaut à la proposition : "La matière est pesante" où "la matière" est le sujet, "est" la copule" et "pesante" l'attribut ou le prédicat (essentiel).

La proposition : "La substance de l'esprit est la liberté" équivaut à la proposition "L'esprit est libre" dans laquelle l'esprit est le sujet, "est" est la copule et "libre" est l'attribut ou le prédicat (essentiel).

La liberté est un attribut essentiel de l'esprit, comme l'humanité est un attribut essentiel de Socrate. L'esprit qui ne serait pas libre (ou qui ne le serait pas complètement) ne serait pas l'esprit ou ne serait pas tout-à-fait l'esprit.

Dans la mesure où l'esprit est le parfait contraire de la matière, on peut dire que la pesanteur est le contraire de la liberté et que l'esprit ne contient aucune pesanteur ("libre" et "sans pesanteur") sont synonymes. 

On peut dire que la liberté et l'apesanteur sont consubstantielles et coextensives à l'esprit : plus l'esprit est pesant et moins il est libre, plus il est libre et moins il est pesant, plus il est pesant et moins il est esprit et moins il est pesant et plus il est esprit.

Note : Hegel s'oppose à Kant pour lequel la liberté n'est pas l'absence de pesanteur : "La colombe légère, lorsque, dans son libre vol, elle fend l'air dont elle sent la résistance, pourrait s'imaginer qu'elle réussirait bien mieux dans le vide. C'est justement ainsi que Platon quitta le monde sensible, parce que ce monde oppose à l'entendement trop d'obstacles divers, et se risqua au-delà de ce monde, sur les ailes des idées, dans le vide de l'entendement pur." (Emmanuel Kant, Critique de la Raison pure, introduction à la première édition)

Hegel insiste ici sur le fait que la liberté (comme absence de pesanteur) n'est pas une qualité de l'esprit parmi d'autres, mais une qualité essentielle, la condition et le but (la finalité) de toutes les autres.

Non seulement l'esprit n'existe pas sans la liberté, mais l'esprit existe en vue dela liberté ; les autres qualités de l'esprit sont des "moyens" en vue d'une seule et unique fin qui est la liberté. En termes aristotéliciens, on peut dire que la liberté est la "cause finale" de l'esprit.

Hegel ajoute que la "philosophie spéculative" (la phénoménologie de l'esprit) enseigne que "la liberté est uniquement ce qu'il y a de vrai dans l'esprit", autrement dit, la liberté est la vérité de l'esprit.

Cette vérité n'apparaît pas "au début", l'esprit n'est pas libre dès le début comme la déesse Minerve dont la mythologie nous apprend qu'elle sortit tout armée du crâne de Zeus, mais au terme d'un processus historique. La vérité n'est pas donnée d'emblée, elle se révèle, s'accomplit peu à peu dans le temps, dans l'Histoire.

Hegel reprend la conception aristotélicienne de la pesanteur. Pourquoi les corps tombent-ils ? Parce que, répond Aristote, ils sont attirés vers le bas, les "lieu des graves". La matière est pesante, c'est là, selon Hegel sa première caractéristique. Hegel n'ignore pas bien entendu les explications de Galilée, de Kepler et de Newton. Il se place du point de vue de l'expérience commune de la gravité. La deuxième caractéristique de la matière est la complexité.

"Complexe" est le contraire de "simple". L'esprit est simple, il est pur esprit, alors que la matière est complexe parce qu'elle n'existe pas à l'état pur, elle revêt une forme, elle dépend pour exister en tant que matière d'autre chose que d'elle-même, de la forme. Tout objet matériel est un composé de matière et de forme. Il n'y a pas de matière à l'état pur. Hegel reprend ici la conception aristotélicienne de l'hylémorphisme".

L'hylémorphisme (de hulè : matière et morphè : forme) est une philosophie développée par Aristote qui considère que tout être (objet ou individu) est composé de manière indissociable d'une matière et d'une forme. 

Contrairement à l'esprit, la matière est complexe parce qu'elle ne repose pas en elle-même : "elle se trouve hors de l'unité", c'est-à-dire de la forme pure et cherche la forme pure. Mais, ajoute Hegel, si elle la trouvait, elle s'anéantirait elle-même en tant que matière car elle cesserait d'être matière pour devenir forme pure.

La matière, selon Hegel, aspire à l'unité et si elle y aspire, c'est qu'elle ne la possède pas. Elle est complexe (elle n'existe pas sans la forme) et elle a tendance à tomber, à chercher son lieu "naturel", son "centre". L'esprit au contraire est lui-même son centre, il repose en lui-même. L'esprit est "en soi et avec soi", alors que la matière est hors de soi. 

Etre en soi-même, reposer en soi-même, ne dépendre que de soi-même, ne se tenir que de soi-même, telle est, selon Hegel, la véritable définition de la liberté. Si je dépends de quelque chose hors de moi, je ne suis pas libre. Je ne suis libre que si je suis en moi-même, si je ne dépends que de moi-même. 

Selon Hegel, le fait pour l'esprit de reposer en lui-même s'appelle la conscience. Il faut, selon lui, distinguer dans la conscience deux choses : le fait que je sais et ensuite ce que je sais. Le fait de savoir et le fait de savoir que l'on sait sont inséparables, mais ne se confondent pas.

"Le fait que je sais" désigne l'acte de connaître, "ce que je sais" désigne ce que je connais, la connaissance proprement dite.

La conscience de savoir ne dépend pas de la plus ou grande extension de notre savoir. Une personne peut avoir moins de savoirs, de connaissances qu'une autre, mais toutes les deux savent qu'elles ont des connaissances.

La conscience de savoir et le fait de savoir se distinguent dans l'analyse phénoménologique de la conscience, mais se confondent dans la "conscience de soi". Ce que je distingue extérieurement : le savoir et le fait de savoir, je le vis intérieurement dans l'unité de la conscience de soi. 

L'esprit se sait lui-même comme conscience et capacité de savoir. La capacité de savoir précède le savoir. 

Au départ, l'esprit est comme un homme qui s'éveille. Il sait peu de choses et se connaît à peine lui-même. ce qu'il est vraiment, sa vérité propre, il va l'acquérir dans et à travers l'Histoire. 

Il y a deux mots en allemand pour désigner l'Histoire : "Geschichte" et "Historie". "Geschichte", c'est le devenir universel, le fait que les hommes ont une existence et une histoire individuelle, mais aussi collective, qu'ils ne vivent pas dans la dimension de l'éternité, mais dans celle du temps. "Historie", c'est la science du devenir, la mémoire du passé de l'humanité.

Hegel prend ici le mot "Histoire" dans les deux sens : l'Histoire (Geschichte) est l'effort que fait l'esprit pour s'accomplir et l'Histoire (Historie) est la "représentation" de cet effort, représentation nécessairement tournée vers le passé, alors que le travail de l'esprit se poursuit continuellement.

Au départ, l'esprit ne se connaît pas lui-même, l'Histoire est le long processus à travers lequel il acquiert le savoir de lui-même. Pour illustrer ce fait, Hegel a recours au concept aristotélicien "d'entélechie". 

entéléchie : principe créateur de l'être, par lequel l'être trouve sa perfection en passant de la puissance à l'acte ; par métonymie., l'être lui-même en tant que réel et source d'action. Il [Dieu] est ce qu'Aristote appelle une entéléchie (...) un être ayant en soi sa fin et sa perfection (Cousin, Hist. gén. philos.,1861, p. 158).

Hegel prend l'exemple d'un arbre fruitier : la graine de l'arbre possède en elle-même, dès le début, "en germe" l'arbre futur avec ses racines, son tronc, ses branches, ses feuilles, le goût et la forme de ses fruits.

L'esprit est comparable à cet arbre : les premières traces de l'esprit contiennent déjà virtuellement, dès le début, toute l'Histoire. Evidemment, l'Histoire humaine ne se déploie pas à la manière d'un phénomène naturel, car les arbres ne sont pas dotés de liberté et n'ont pas de "conscience de soi". 

Selon Hegel, l'Histoire humaine n'est pas, comme le dit Macbeth dans la pièce éponyme de Shakespeare, "un récit plein de bruit et de fureur, raconté par un idiot et qui ne signifie rien."

La conception hégélienne de l'Histoire est également aux antipodes de celle de Paul Valéry : "L'Histoire justifie ce que l'on veut. Elle n'enseigne rigoureusement rien car elle contient tout et donne des exemples de tout... C'est le produit le plus dangereux que la chimie de l'intellect ait élaboré."

Pour Hegel, au contraire, l'Histoire a un sens ; elle est l'auto-accomplissement de l'Idée.

L’Idée (L'esprit), au départ n’a aucune détermination particulière et dans cette absence de déterminations, elle cherche à se connaître elle-même, en s’objectivant, d’abord dans la Nature (le règne minéral, végétal et animal), puis dans l’esprit humain ("elle peut prendre les formes les plus diverses", écrit Hegel) ; on peut donc dire que contrairement à l’Idée platonicienne qui subsiste éternellement, sans aucun changement, comme l’Etre de Parménide, l’Idée hégélienne prend peu à peu conscience d’elle-même, se perfectionne en s’incarnant dans le devenir ; la pensée de Hegel se présente comme une conciliation entre Parménide, "le penseur de l'Etre" et Héraclite, "le penseur du devenir" : l'Etre, l'Idée, la vérité éternelle advient dans la temporalité et dans l'Histoire.

"Tout ce qui est réel est rationnel, c'est -à-dire conforme à l'idée." cette phrase de Hegel a fait l'objet de nombreuses critiques. "Tout ce qui est réel est rationnel" ne signifie pas que tout est actuellement rationnel, mais que le réel, résultant du développement de l'Idée est "virtuellement" rationnel ; en d'autres termes, les guerres, les inégalités, la souffrance des innocents ne sont pas rationnels "en soi", mais sont liés au fait que l'Idée se développe par étapes dans un mouvement dialectique : affirmation/détermination (thèse) - négation (antithèse) - négation de la négation (synthèse). Hegel donne à ce processus un nom difficile à traduire en français "Aufheben" qui signifie à la fois nier, laisser tomber, affirmer et soulever.

Dans La Science de la Logique, Hegel oppose la "logique de l'entendement", fondée sur les déterminations fixes de la pensée, notamment les principes d'identité, de non-contradiction et de tiers exclu dans la logique d'Aristote - et la logique de la raison, fondée sur le mouvement dialectique.

Pour Hegel, tout n'est pas actuellement conforme aux exigences de la raison parce que l'Histoire, comme "Odyssée de l'Esprit absolu" n'est pas terminée. On voit ici à l'oeuvre l'idée de "progrès", héritée de la philosophie des Lumières.

Pour Hegel, le sens de l'Histoire est l'accomplissement de la liberté. Hegel distingue trois phases principales de l'Histoire : la phase "orientale", la phase "grecque" et le "tournant" du christianisme dans sa dimension religieuse puis politique. 

L'expression "Orientaux" désigne les Perses dont la civilisation nous est connue à travers les écrits de l'historien grec Hérodote.

Notes :

Les guerres médiques opposent les Grecs aux Perses de l'Empire achéménide au début du ve siècle av. J.-C. Elles sont déclenchées par la révolte des cités grecques asiatiques contre la domination perse, l'intervention d'Athènes en leur faveur entraînant des représailles. Les deux expéditions militaires des souverains achéménides Darius Ier et Xerxès Ier constituent les principaux épisodes militaires de ce conflit ; elles se concluent par la victoire spectaculaire des cités grecques européennes conduites par Athènes et Sparte. Les guerres médiques marquent traditionnellement le passage de l'époque archaïque à l'époque classique.

Hérodote (en grec ancien Ἡρόδοτος / Hêródotos (-480 à Halicarnasse en Carie - vers 425 av. J.-C. à Thourioi) est un historien et géographe grec.

Les "Orientaux" ne savent pas encore que l'esprit est libre. Ils ne connaissent qu'une seule forme de gouvernement : le despotisme, le pouvoir d'un seul sur tous les autres. Les Orientaux ne sont pas libres parce qu'ils ne savent pas qu'ils le sont. Hegel revient ici à la distinction qu'il a faite précédemment entre le savoir et le fait de savoir que l'on sait (la conscience de soi).

Nous avons vu que pour lui le savoir et la conscience sont consubstantiels et coextensifs. Il n'y a pas de savoir : "je sais que je suis libre", sans conscience : "j'ai conscience d'être libre", et il n'y a pas de conscience sans savoir. Je suis d'autant plus libre que j'ai conscience d'être libre. N'ayant pas l'idée de liberté, les "Orientaux" ne sont pas conscients d'être libres et n'ayant pas conscience d'être libres en puissance, ils ne sont pas libres en acte.

Hegel s'inspire des analyses de Jean-Jacques Rousseau, notamment dans la Huitième Lettre sur la montagne de 1764 : pour Rousseau, le despote, celui qui fait sa volonté sans tenir compte de celle d'autrui, celui qui asservit autrui à sa volonté n'est pas plus libre que ses sujets.

"Régner c'est obéir", écrit Rousseau : régner, c'est en effet obéir et obéir deux fois : à ses passions, mais aussi à la peur car dans une tyrannie, les hommes ont le droit, même s'ils n'en ont pas toujours le pouvoir, de résister au tyran et s'ils en ont le droit, c'est que la volonté du tyran est illégitime. Mais cela, dit Hegel, les sujets du despote (de "l'Unique") ne le savent pas.

La liberté véritable, selon Rousseau et selon Hegel, ne consiste donc pas à faire ce qui nous plaît, elle ne consiste ni à soumettre la volonté d'un autre à la sienne, ni à soumettre sa volonté à celle d'un autre. Le despote, le tyran, "l'Unique" ne saurait donc être libre car il est soumis à ses passions et aux limites de la soumission des autres.

Avec les Grecs et les Romains, l'esprit franchit une nouvelle étape dans la conscience de la liberté...

Comme chacun sait, les Grecs ont inventé la liberté politique, le droit de participer aux affaires publiques au lieu d'être sous la conduite d'un seul sous le nom de "démocratie" (de "démos" = peuple et "kratein" = pouvoir). La démocratie est l'exercice du pouvoir par le peuple et pour le peuple. Mais Hegel rappelle que seuls quelques uns étaient libres et non pas tous : les femmes, les enfants, les esclaves, les métèques (étrangers à Athènes) étaient exclus des affaires publiques. Pour les Grecs, certains hommes étaient libres et d'autres ne l'étaient pas. Il en était de même pour les Romains, bien qu'ils aient eu des institutions politiques différentes.

Hegel ajoute que les Grecs ont dû l'existence de leur "belle liberté" à l'institution de l'esclavage qui a été théorisée par Aristote : les uns sont maîtres par nature et les autres sont esclaves par nature. Il montre dans un texte célèbre de la Phénoménologie de l'Esprit, "La dialectique du maître et de l'esclave" que la survie du maître dépendait entièrement du travail de l'esclave.

"La belle liberté grecque fut "seulement une fleur, due au hasard, caduque, renfermée en d'étroites bornes et aussi une dure servitude de l'humain" parce qu'elle ne concernait que quelques hommes.

Les "Orientaux" n'avaient pas du tout conçu le concept de liberté, ou seulement pour "l'Unique" et donc pour personne. Les Grecs avaient conçu le concept de liberté, mais seulement pour quelques uns. Admirateur de la civilisation grecque, Hegel parle de la "belle liberté grecque" parce que la liberté de quelques uns est plus belle que l'absence de liberté et que c'est en Grèce qu'a éclos la fleur de la liberté, ce sont les Grecs qui ont conçu les premiers le concept politique de liberté, mais il montre que cette "belle liberté" est "enfermée dans d'étroites bornes".

On peut évidemment discuter l'idée que "seules les nations germaniques" sont arrivées à la conscience que l'homme en tant qu'homme est libre (que tous les hommes sont libres), dans la mesure où le christianisme s'est diffusé dans une aire géographique bien plus vaste que celle des "nations germaniques". Hegel pense peut-être que le protestantisme né en Allemagne au XVIème siècle avec Luther a été plus favorable à la liberté que le catholicisme... Mais ce qui est indiscutable, c'est que la conscience de la liberté de l'homme en tant qu'homme et non plus d'un seul ou de quelques uns est lié à la diffusion de la "bonne nouvelle" (selon l'étymologie du mot "Évangile") du christianisme :"Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtus le Christ. Il n'y a plus ni Juif, ni Grec. Il n'y a plus ni esclave ni libre, il n'y a plus ni homme ni femme, car tous vous êtes un en Jésus-Christ. Et si vous êtes au Christ, vous êtes donc la postérité d'Abraham, héritiers selon la promesse." (Paul de Tarse, Epître aux Galates)

Même s'il y a encore des maîtres et des esclaves en fait (Hegel note que le servage a perduré), le christianisme affirme l'égale dignité des hommes, de tous les hommes : hommes libres, esclaves, femmes, enfants, Grecs, Juifs, Gentils... aux yeux de Dieu, du fait qu'ils possèdent tous une âme immortelle, et donc le principe de la liberté non seulement pour "l'Unique" ou pour quelques uns, mais pour tous et ce principe a eu finalement raison des faits.

Hegel insiste sur le fait que la liberté ne s'est pas réalisée immédiatement, d'un seul coup, qu'il a fallu des siècles, d'abord dans la sphère de la religion : la liberté spirituelle, et ensuite dans celle de la politique, "à travers un long effort d'éducation".

Hegel distingue ici deux réalités : le principe, l'Idée et l'application du principe. L'idée a un but, une cause finale, mais elle se réalise à travers un "processus", dans l'espace et dans le temps. Ce processus, selon Hegel est "l'Histoire elle-même".

Le liberté a commencé par le principe chrétien de la conscience individuelle avant de s'établir pour le principe de la liberté en général.

"L'histoire universelle est le progrès dans la conscience de la liberté - progrès dont nous avons à reconnaître la nécessité", le fait qu'il ne pouvait pas en être autrement.

La phrase de conclusion du texte rappelle l'identité entre l'Histoire et le processus contingent dans les détails, mais "nécessaire" dans les grandes lignes, de la réalisation de la liberté.

Rappelons-en les différentes phases : Liberté pour un seul : le despotisme, Liberté pour quelques uns : la démocratie grecque, Liberté de conscience pour tous : le christianisme, Liberté politique pour tous : l'Etat moderne.

 


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19 réactions à cet article    


  • Diogène diogène 13 janvier 10:32

    Donc, même s’il a posé les fondements de la dialectique, Hegel était dualiste et idéaliste, alors que ses exégètes étaient matérialistes et monistes ?


    • Choucas Choucas 13 janvier 10:58

      Il y a 2 lignes philosophiques :
      Aristote Spinoza Kant <> Platon Descartes Hegel
      Ce qui distingue les 2 c’est la possibilité de combler indéfiniment la césure impossible réel - possible de l’esprit, où pas. Qui se divisent chacune par le choix du sensible où de la raison.
       
      « Le réel c’est l’impossible » Lacan hégélien
       
      « Dieu ne joue pas aux dés » dit Einstein,
       
      alors Bohr répond :
       
      « Tu ne dois pas donner des ordres à Dieu »


    • Gollum Gollum 13 janvier 13:30

      @Choucas


      Mettre Spinoza entre Aristote (pas pour rien que Spinoza a nommé son œuvre majeure L’éthique. Il prend le contrepied d’Aristote) et Kant me semble une hérésie sinon une faute de goût.

      J’y aurais plutôt mis Descartes. Et placé Spinoza dans la lignée de Platon.

      Hegel ne me semble pas à sa place non plus.

    • Choucas Choucas 13 janvier 14:21

      @Gollum
       
      Les dogmatiques (marxistes) contre les empiristes mous (gogochons)
       
      - Aristote, modeste, encyclopédique, esclavagiste bourgeois, conservateur <> Platon dialectique, politique, extrémiste révolutionnaire, eugéniste spartiate, féministe
      - Spinoza moniste fataliste,« sage trompeur » <> Hegel rationaliste absolu marxiste
      - Descartes scientiste critiqué par Kant l’empiriste chrétien (néo-kantisme <> marxisme)
       
      « Le beau est l’objet principal des mathématiques » Aristote
       
      « L’époux est propriétaire des organes génitaux de l’autre. Le libertinage est donc un vol » Kant (de mémoire)
       
      Il faudrait ajouter une 3eme classe, les « mystiques », juste témoins de leurs expériences, Pascal, Nietzsche, Kierkegaard, même Husserl... sans système à prouver.


    • Choucas Choucas 13 janvier 14:33

      @Gollum
       
      Ds l’article Kant critique Platon (la mouette ds l’espace)
       
      Tte la philo se divise par le sort donnée à la dialectique, accès vérité <> mode d’apparence
       
      « L’origine de tout le mal est Descartes » Al Gore, Seigneurs des gogochons


    • Robin Guilloux Robin Guilloux 14 janvier 08:58

      @diogène

      Oui, Marx et les hégéliens de gauche critiquent l’idéalisme de Hegel. Ce n’est pas la raison, l’esprit qui à l’oeuvre dans l’Histoire, mais les forces économiques (le mode de production et les rapports de production) Marx croit, comme Hegel au « sens de l’Histoire », mais parle de remettre la dialectique hégélienne « sur ses pieds » (sous entendu : elle marche sur la tête !)


    • Choucas Choucas 14 janvier 10:13

      @Robin Guilloux
       
      Marx ontologise l’Histoire par stratégie, à reculons... Lénine où Heidegger y vont franco
      c.a.d <> Hegel, il s’arrête à la logique de l’essence (comme Spinoza), d’où récupération possible jubilatoire d’ED, en illustrant par ex le communisme par les tribus germaniques, le christianisme primitif, l’instinct communautaire primal des sombre forêt bavaroise, l’essence de l’homme en culotte de peau.
       
      « Le degré d’altruisme entre des animaux d’une même espèce est déterminé par la proportion de gènes communs (des colonies d’amibes en lutte antibiotique aux hordes mammifères). Les insectes qui partagent la même reine forment la même société. La sélection naturelle et la société agissent donc réciproquement génétiquement... » la sélection parentèle, 1970 Hamilton et Price


    • Choucas Choucas 14 janvier 10:28

      @Don Quichotte du Boobaland
       
      Marx-Spinoza :
       
      la nécessité porte la liberté comme accomplissement
       
      Hegel :
       
      la liberté porte la nécessité comme aliénation
       
      Ontologisation de Marx (renversement sur les pieds) :
       
      concept -> essence
      liberté -> nécessité
       
      Descartes insiste sur la volonté, et Hegel insiste sur le risque de la servitude volontaire du gogochon est aussi de la prise de pouvoir possible de l’outil fascinant, et de la bête sauvage société civile : si l’état dépend de la réussite de la Finance il est foutu... (Bill reform en Angleterre)
       
      http://journals.openedition.org/rgi/836


    • Choucas Choucas 13 janvier 10:40

       
      Hegel décrit ici pourquoi
       
       
      La Baudruche négrière de Soros est le client préféré de Rothschild
       
       

      « L’Orient [moyen] et l’Afrique sont des civilisations du temps immobile, l’Europe celle du logos critique. [...] La marchandise a besoin du temps immobile de la marchandise incoercible [rappeur colon en Rolex et Masérati des intouchables].... »
       
       
      Engels explique l’intérêt du prolétariat africain « chance pour le Capital » (et aussi la soumission culturelle du japonais). 5 prières par jour ... la jungle ... le désert ... la branlette sous un palmier.. ça immobilise la mentalité ... pas le charbon à extraire dans un pays nordique et la dialectique de Platon...


      • Choucas Choucas 13 janvier 11:05

        « La théologie a tout d’abord ce sens : il s’agirait de connaître Dieu comme le Dieu seulement objectif, absolu, qui demeure absolument dans la séparation vis-à-vis de la conscience subjective et est ainsi un objet extérieur – en pensée il est vrai – comme le soleil, le ciel, etc., sont de tels objets extérieurs de la conscience, l’objet ayant alors pour détermination permanente d’être quelque chose d’autre, d’extérieur.
        En opposition à cette manière de voir, on peut présenter le concept de la religion absolue de telle manière que ce dont il s’agit, l’essentiel dont il s’agit n’est pas cet extérieur, mais la religion elle-même, c’est-à-dire l’unité de cet objet avec le sujet, la manière dont cet objet est dans le sujet. » 
         
        Leçons sur la Philosophie de la religion. Hegel
         
        =
         
        « Tous les mystères dans lesquels s’égare une mythologie en mal de mysticisme trouvent leur solution rationnelle dans la praxis rituelle et dans l’intelligence de cette praxis »
         
        Marx (critique de Feuerbach)
         


        • Choucas Choucas 13 janvier 11:09

          HEGEL : LA BRANLETTE FINALE DE GOGOCHON
           
          « Chaque peuple fait des progrès en lui-même ; il progresse et il décline. La catégorie qui s’impose aussitôt est celle de la culture , de l’excès de culture et de la perversion de la culture [VerBildung où Plug Anal Géant Vert] : ce dernier moment est pour le peuple à la fois le produit et la source de sa ruine [...] La culture est forme du penser. Ainsi l’homme sait se retenir ; il n’agit pas selon ses inclinations et ses désirs, mais se recueille [...] De même que l’homme meurt dans l’habitude de la vie, de même l’Esprit d’un peuple meurt dans la jouissance de lui-même [la branlette ...] Il reste certes remuant [la Nuit Avachie], mais cette agitation n’est plus que celle des intérêts privés  : elle ne concerne plus l’intérêt même du peuple. L’intérêt majeur, suprême, s’est retiré de la vie [... la projection dans l’avenir commun] La mort naturelle de l’Esprit d’un peuple peut se manifester par la nullité politique [le Flan de la caste crasse] Dans une telle mort, un peuple peut se sentir fort à son aise, bien qu’il soit sorti de la vie de l’Idée. Il sert alors de matériau à un principe supérieur ; il devient province d’un autre peuple où prévaut un principe supérieur [colons du mondialisme...] Nous pouvons observer comment l’Esprit d’un peuple prépare lui-même sa propre décadence. Le déclin apparaît sous diverses formes : la corruption jaillit du dedans, les appétits se déchaînent ; la particularité ne cherche que sa satisfaction [Caddie, club geek...] La vie de chaque peuple fait donc mûrir un fruit, car son activité vise à réaliser complètement son principe [se savoir vivre français]. Mais ce fruit ne retombe pas dans le giron du peuple qui l’a produit. Il ne lui est pas permis d’en jouir. Au contraire, ce fruit devient pour lui une boisson amère ; il ne peut la rejeter car il en a une soif infinie, mais goûter à ce breuvage est sa ruine et en même temps l’avènement d’un nouveau principe [GlobalState américain des rappeurs, dealers gangs MacDonaldisés halal]. » 
           
          Hegel, La Raison dans l’Histoire
           
          =
           
          « C’est une absence de sol abyssale qui a pris possession des européens. Une absence qui s’exprime dans l’obsession de faire bonne figure, en chute libre, et de maintenir avant une fin que l’on pressent comme imminente, l’apparence de la belle vie [la branlette du gogochon] »
           
          Peter Sloterdijk
           
          https://www.youtube.com/watch?v=2yi0S3lTP6M (Françoise Bonardel ; l’identité européenne)


          • Gollum Gollum 13 janvier 13:27

            Liberté de conscience pour tous : le christianisme, 

            Oui, oui liberté de conscience dans le christianisme on a vu ça… Il a fallu attendre 1965 pour avoir droit à la liberté religieuse.. smiley

            Liberté politique pour tous : l’Etat moderne.

            Là je me contenterai d’un énorme fou rire… smiley

            Les « Orientaux » n’avaient pas du tout conçu le concept de liberté, ou seulement pour « l’Unique » et donc pour personne.

            Ben c’est peut-être, justement, parce que la liberté ne peut se vivre que dans un au-delà de la personne ?


            • Robin Guilloux Robin Guilloux 14 janvier 09:10

              @Gollum


              Eh bien, Hegel (avec lequel je communique de temps en temps autour d’un guéridon smiley vous dirait « qu’il a fallu attendre » parce que la raison se réalise lentement dans l’Histoire et j’ajouterai que le spirituel a été instrumentalisé par le politique..

              En ce qui concerne la réalisation de la liberté dans l’Etat moderne, je suis d’accord avec vous. Bernanos explique dans La France contre les robots que les Français étaient bien plus libres sous la monarchie, avant la constitution de l’Etat moderne : pouvoir des parlements de province, absence de conscription obligatoire, sans toute cette bureaucratie étouffante et le pouvoir des machines, bien que la version française centralisatrice, puis jacobine de l’Etat moderne ait été conçue au départ par les rois de France (de Philippe Le Bel à Louis XIV)

            • Choucas Choucas 13 janvier 15:05

              Pour Hegel, au contraire, l’Histoire a un sens ; elle est l’auto-accomplissement de l’Idée.
               
              Du concept.
              Le droit est une idée du concept liberté. Le plug anal géant vert du concept de beauté gogochonne.

               

              L’esprit est « en soi et avec soi », alors que la matière est hors de soi.
               
              L’esprit est auto-dévoilement de la Nature par retour à lui-même, Hegel est dualiste mais pas spiritualiste. L’IA sera l’Esprit du Monde final. L’esprit n’est pas l’envers de la Nature mais sa cause première. En fait comme le gogochon au kg dégrade plus d’énergie que le soleil, et une IA plus que le cerveau gogochon, ce mouvement de dévoilement a son effectivité ds la loi entropique.
               
              « Le commencement est un dieu » Hegel sur le Big Bang

              « La genèse réelle n’est pas au début, mais à la fin. » Ernst Bloch fait du Hegel

              « La branlette du gogochon a créé l’univers, le désir est producteur » Deleuze


              • Ratatouille Ratatouille 13 janvier 19:34

                 le chrétien va à l’église et parle de jésus ,l’indien va dans sont tipi et parle avec jésus.. smiley


                • Ratatouille Ratatouille 13 janvier 19:38

                   celui qui pisse pour marqué sont territoire est plus sage que celui qui chie partout


                  • Choucas Choucas 14 janvier 09:55

                    « Ce qui est rationnel est effectif, ce qui est effectif est rationnel » PPD
                     
                    Pas de bénédiction du concept, ni le réel son habit de peau... Dasein libre ds sa contingence, et Sein ds son effectivité [dont le concept est la logique de l’essence]
                     
                    « Être avec un non Être [un gogochon] » SdL
                     
                    POUTINE L’HÉGÉLIEN
                     
                    Les députés de Russie Unie sont choisis par primaire ouverte.
                    Les préfets (gouverneurs) sont élus
                    Contre l’omerta de l’administration et des partis, Poutine a instauré l’ONF (Front National Pan-russe), association anti-corruption organisée par l’état qui fait remonter les affaires directement à la tête de l’exécutif (un ANTICOR officiel)
                     
                    LE GRAND ÉCHIQUIER
                     
                    Brysinski (conseiller de Clinton à Obama) explique la stratégie géopolitique impériale gogochonne :
                    Éviter un regroupent géopolitique du grand continent (UE Russie Chine Inde) face au continent excentré (Amériques) et pour ça :
                     
                    1) vassaliser l’UE (c’est fait, Juppé, Philippe, Macron = 3 seuls young leaders boobas adoubés au Bilderberg )
                    2) organiser une guerre entre l’Ukraine et la Russie (en bonne voie)
                    3) casser la Russie en 3 états par une révolution orange (raté)
                    4) anarchiser le moyen-orient (totale réussite)
                     
                    « Qui gouverne l’Europe de l’Est domine le Heartland, qui gouverne le Heartland domine l’île-monde, et qui gouverne l’île-monde domine le monde. »
                     
                    ’ Le Grand Échiquier ’ Zbiniew Brysinski Ed Impériales


                    • Decouz 14 janvier 10:50

                      On peut placer la synthèse en premier, c’est l’unité, ensuite (temporellement ou logiquement) apparait la dualité, opposition dogmatique thèse/antithèse, si on figure visuellement c’est un triangle équilatéral avec la pointe en haut. C’est le point de vue principiel, descendant, la dualité apparait avec la création, dualité créateur/créature, essence/substance etc 

                      Si on part de la dualité de thèses dogmatiques pour aboutir à une synthèse, on a un triangle avec la pointe en bas, c’est le point de vue ascendant ou cosmologique qui part de la dualité vécue par l’être contingent pour aboutir à l’unité.
                      Les deux figures sont apparentes dans le sceau de Salomon (les deux triangles sont entrecroisés).
                      On peut aussi juxtaposer les deux figures par une base commune on aura un losange ou la pointe du bas est le reflet de la pointe du haut et les deux points latéraux sont la thèse et la synthèse.

                      • Robin Guilloux Robin Guilloux 14 janvier 21:38

                        @Decouz


                        Oui. Franz Rosenzweig qui fut très influencé par Hegel, puis s’en détacha pendant la Première Guerre Mondiale, pense une « philosophie nouvelle » à partir du sceau de Salomon, qui est une sorte de reprise critique de l’hégélianisme.

                        L’étoile de la rédemption met en relation six éléments deux à deux : Dieu, l’Univers et l’être humain (triangle pointe en bas) d’une part et d’autre part la Création, la Révélation et la Rédemption (triangle pointe en haut). 

                        La Création implique que Dieu entre en relation avec le monde. La Révélation marque l’entrée en contact de Dieu avec le Moi individuel de chacun et la Rédemption signifie une relation d’amour, d’apaisement et réconciliation avec le monde.


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