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Accueil du site > Culture & Loisirs > Extraits d’ouvrages > Quand André Comte-Sponville s’interroge sur les raisons de croire ou (...)

Quand André Comte-Sponville s’interroge sur les raisons de croire ou pas en Dieu…

« Une croyance qui correspond à ce point à nos désirs, il y a lieu de craindre qu’elle ait été inventée pour les satisfaire »
Patchwork tiré d’une de mes lectures récentes, « L’Esprit de l’athéisme » d’André Comte-Sponville.

Peut-on se passer de la religion ?

« L’existence de Dieu est douteuse, celle des religions ne l’est pas. (…) Il ne s’agit pas de savoir si les religions existent, mais ce qu’elles sont, et si on peut s’en passer. »

« Ce qui relie les croyants entre eux, du point de vue d’un observateur extérieur, ce n’est pas Dieu, dont l’existence est douteuse, c’est qu’ils communient dans la même foi. (…) Une société peut assurément se passer de dieu(x), et peut-être de religion ; aucune ne peut se passer durablement de communion. »

« Que ces valeurs soient nées, historiquement dans les grandes religions, nul ne l’ignore. Qu’elles aient été transmises, pendant des siècles, par la religion, nous ne sommes pas près de l’oublier. Mais cela ne prouve pas que ces valeurs aient besoin d’un Dieu pour subsister. (…) La foi porte sur un ou plusieurs dieux ; la fidélité sur des valeurs, une histoire, une communauté. La première relève de l’imaginaire ou de la grâce ; la seconde, de la mémoire et de la volonté. »

« Ce n’est pas parce que Dieu m’ordonne quelque chose que c’est bien, c’est parce qu’une action est bonne qu’il est possible de croire qu’elle est ordonnée par Dieu. (…) Pour ceux qui n’ont pas ou plus la foi, il reste les devoirs, qui sont les commandements que nous nous imposons à nous-mêmes. »

« J’appelle « sophistique » tout discours qui se soumet à autre chose qu’à la vérité, ou qui prétend soumettre la vérité à autre chose qu’à elle-même, ( : ) « Si Dieu n’existe pas, il n’y a pas de vérité. ». J’appelle « nihilisme » tout discours qui prétend renverser ou abolir la morale, non parce qu’elle est relative, mais parce qu’elle serait, comme le prétend Nietzche, néfaste et mensongère, ( : ) : « Si Dieu n’existe pas, tout est permis. » »

« Si Jésus n’avait pas ressuscité, cela donnerait-il raison à ses bourreaux ? Cela condamnerait-il son message d’amour et de justice ? »

« Résumons-nous. On peut se passer de religion ; mais pas de communion, ni de fidélité, ni d’amour. »

Des raisons pour ne pas croire en Dieu

« « Professeur, croyez-vous en Dieu ? ». A cette question, que lui posait un journaliste, Einstein répondit simplement : « Dites-moi d’abord ce que vous entendez par Dieu ; je vous dirai ensuite si j’y crois. » »

« À quoi bon la prier, puisqu’elle ne nous écoute pas ? Comment obéir, puisqu’elle ne nous demande rien ? Pourquoi lui faire confiance, puisqu’elle ne s’occupe pas de nous ? »

« Si le hasard (des mutations) crée de l’ordre (par la sélection naturelle), on n’a plus besoin d’un Dieu pour expliquer l’apparition de l’homme. La nature suffit. »
« Essayez, par exemple, de prouver que le Père Noël n’existe pas, ni les vampires, ni les fées, ni les loups-garous… Vous n’y parviendrez pas. Ce n’est pas une raison pour y croire. Qu’on n’ait jamais pu prouver leur existence est en revanche une raison forte pour refuser d’y prêter foi. Il en va de même, toutes proportions bien gardées de l’existence de Dieu : l’absence de preuve, la concernant, est un argument contre toute religion théiste. Si ce n’est pas une raison d’être athée, c’en est une, à tout le moins, de ne pas être croyant. »

« On ne m’ôtera pas de l’idée que, si Dieu existait, cela devrait se voir ou se sentir davantage. (…) Pourquoi se cache-t-il à ce point ? Pour nous faire la surprise ? Pour s’amuser ? (…) Prétendre que Dieu se cache afin de préserver notre liberté, ce serait supposer que l’ignorance est un facteur de liberté. (…) « Je les ai laissé croire qu’ils étaient orphelins ou de père inconnu, afin qu’ils restent libres d croire ou pas en moi » (…) L’idée d’un Dieu qui se cache est inconciliable avec l’idée d’un Dieu Père. »

« Dieu ne parle pas, parce qu’Il écoute. (…) Cela me fait penser à cette boutade que raconte quelque part Woody Allen : « Je suis effondré ! Je viens d’apprendre que mon psychanalyste était mort depuis deux ans : je ne m’en étais pas rendu compte ! ». Encore peut-on changer de psychanalyste. Mais de Dieu, s’il n’y en a qu’un ou s’ils se taisent tous ? »

Des raisons pour croire que Dieu n’existe pas

« D’ailleurs, ajoutera Lucrèce, la nature montre assez, par ses imperfections, « qu’elle n’a pas été créée pour nous par une divinité ». (…) Pourquoi Dieu nous a-t-il créés si faibles, si lâches, si violents, si avides, si lourds ? »

« L’homme n’est pas foncièrement méchant. Il est foncièrement médiocre, mais ce n’est pas sa faute. Il fait ce qu’il peut avec ce qu’il a ou ce qu’il est, et il n’est pas grand-chose, il ne peut guère. (…) Comment devant une telle médiocrité des créatures, croire encore à l’infinie perfection du Créateur ? »

« Une croyance qui correspond à ce point à nos désirs, il y a lieu de craindre qu’elle n’ait été inventée pour les satisfaire. (…) Que désirons-nous plus que tout ? (…) D’abord de ne pas mourir, ou pas complètement, ou pas définitivement ; c’est ensuite de retrouver les êtres chers que nous avons perdus ; c’est que la justice et la paix finissent par triompher ; enfin, et peut-être surtout, c’est d’être aimés. (…) L’illusion n’est donc pas un certain type d’erreur ; c’est un certain type de croyance : c’est croire que quelque chose est vrai parce qu’on le désire fortement. »

Une spiritualité pour les athées

« L’esprit est une chose trop importante pour qu’on abandonne aux prêtres, aux mollahs ou aux spiritualistes. (…) L’esprit n’est pas la cause de la nature. Il est son résultat le plus intéressant, le plus spectaculaire, le plus prometteur. »

« Une spiritualité de la fidélité plutôt que de la foi, de l’action plutôt que de l’espérance, enfin de l’amour, évidemment, plutôt que de la crainte ou de la soumission. Il s’agit moins de croire que de communier et de transmettre, moins d’espérer que d’agir, moins d’obéir que d’aimer. »

« Celui qui se sent « un avec le Tout » n’a pas besoin d’autre chose. Un Dieu ? Pour quoi faire ? L’univers suffit. Une Église ? Inutile. Le monde suffit. Une foi ? A quoi bon ? L’expérience suffit. »

« Rien à espérer, rien à craindre : tout est là. (…) La sérénité n’est pas l’inaction ; c’est l’action sans peur, donc aussi sans espérance. Pourquoi non ? Ce n’est pas l’espérance qui fait agir, c’est la volonté. Ce n’est pas l’espérance qui fait vouloir ; c’est le désir ou l’amour. On ne sort pas du réel. On ne sort pas du présent. »

« Il n’y a plus que le réel, qui est sans autre. (…) Spinoza l’a pensé dans sa rigueur : « Le bien et le mal n’existent pas dans la Nature » (…) Il ne s’agit pas de dire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Il s’agit de comprendre que tout va comme il va dans le seul monde réel, qui est le monde. C’est le contraire d’un nihilisme. Il ne s’agit pas d’abolir la morale, mais de constater que la morale n’est qu’humaine, qu’elle est notre morale, non celle de l’univers ou de l’absolu. »

Moyenne des avis sur cet article :  4.33/5   (12 votes)




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31 réactions à cet article    


  • morice morice 22 septembre 2010 15:12

    super : à quand le bouquin complet comme article ?



    • iaito68 22 septembre 2010 16:02

      Genèse :
      Dieu a crée l’homme innocent et en constante relation aimante et filiale avec Lui.
      C’est la faute originelle, résultat d’un mensonge de l’ennemi du genre humain (Lucifer), et de la liberté accordée à l’homme en ce qu’il puisse avoir confiance en son Créateur , ou pas...qui a été la cause de la chute.
      Et depuis, la mort (et la souffrance) est le lot de toute l’humanité, par « héritage ».
      La vierge Marie est l’exemple de ce que nous aurions tous été si cette « énorme erreur » n’avait pas eu lieu ; conception sans péché ( absence de ce poids qui alourdit l’âme et la pousse à la faiblesse...), force de caractère inébranlable qui rend étanche à la tentation, et parfaite adéquation avec le plan d’amour de Dieu pour l’homme.
      Jusqu’à la « Rédemption », Dieu s’est rendu quasi inaccessible à l’homme..les temps étaient durs.
      Mais depuis l’incarnation du Christ pour nous révéler le vrai visage de Dieu, nous avons tous les moyens pour « résister » à l’esprit de ce monde par les sacrements de l’Eglise et l’exemple donné par Dieu fait homme.
      En conclusion, Dieu est si proche de l’ homme qu’il est venu habité parmi nous et partager notre fardeau afin de nous donner courage et perséverence jusqu’à son ultime retour pour établir son royaume en toute justice et abolir la mort.


      • foufouille foufouille 22 septembre 2010 16:43

        dieu est une energie qui relie toute chose
        la personnification de cette energie est juste liee aux croyants
        le monde est une illusion
        la carte n’est pas le terrain


      • Robert Branche Robert Branche 22 septembre 2010 17:20

        certes... mais quelles sont vos réponses aux points soulevés par Comte Sponville ?


      • herbe herbe 22 septembre 2010 18:18

        Bonjour, j’avais déjà donné le lien suivant sur un autre article mais je le redonne ici parce qu’il convient bien ici :

        http://legaut.chez-alice.fr/foi/comte-sponville.htm

        Sinon juste pour faire le point sur les définitions, car il ne faut pas confondre agnosticisme avec athéisme :

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Agnosticisme

        dans cet article on trouve cette énoncée cette précaution :

        "Contrairement à l’athéisme ou à l’antithéisme, l’agnosticisme ne conteste pas l’existence du divin mais la possibilité même, présente ou définitive, de démontrer en quoi que ce soit un caractère divin, ou surnaturel, ou qui relèverait tout au moins d’une vérité religieuse (c’est-à-dire fondée sur des dogmes)."

        Ma tendance personnelle va à l’agnosticisme, j’ai l’impression quelque fois que Comte Sponville, comme tant d’autres, quand il parle d’athéisme se réfère en fait à l’agnosticisme mais c’est mon impression ...

        Spirituellement votre ...


        • Radix Radix 23 septembre 2010 13:12

          Bonjour herbe

          Personnellement je me considère comme un athée qui me parait être la meilleure attitude pour un non-croyant.

          L’agnostique est un croyant qui ne sait pas en quoi il croit, c’est Pascal et son pari, c’est un précautionneux qui, dans le doute, ménage la chèvre et le choux.

          Je ne pense pas que Comte Sponville soit un agnostique car il est capable, lui aussi, d’ouvrir un dictionnaire !

          Radix


        • herbe herbe 26 septembre 2010 10:41

          Bonjour radix,

          Réponse tardive mais revenant sur ce fil, juste une petite précision :

          l’agnosticisme ce n’est pas je pense une espèce d’entre deux, de réponse de Normand.
          C’est au contraire un choix clair de séparation entre ce qui relève d’un domaine : la raison, la démonstration, qui ne pourrait empiéter sur un autre domaine plus métaphysique celui là.

          Mais au final et c’est pour ça que j’aime bien Comte Sponville, la spiritualité est offerte à tous ...

          J’ai vu D’Ormesson chez Ruquier il y a peu pour la promo de son dernier livre, il se définit lui aussi comme agnostique et cabotin comme toujours, révèle son admiration pour les athées qui dans leur croyance à l’inexistance de Dieu n’hésitent pas à se lancer dans des activités humanistes, n’attendant aucune récompense future.

          Je pense profondément que pour l’agnostique c’est exactement la même chose, il se déclare non voyant (pas non croyant) avec les yeux de la raison, et continue cependant lui aussi ses activités humanistes avec la raison quand il le faut et surtout avec aussi le cœur et l’intuition...


        • Jean 23 septembre 2010 02:06

          Joie d’ être ? union du mental et de l’ intelligence du Coeur (du « Ciel et de la Terre » en nous : Alliance nouvelle)

          « ... vos yeux sont encore aveugles, ...,
           la nouvelle lumière balaie toute croyance.
           Celui qui croit en Dieu s’ égare.

           Ne croyez plus ! soyez Lui
           Que votre troisième oeil s’ ouvre !
           la co-naissance (Ciel et Terre en nous), en vérité est Amour. » (Dialogues avec l’ ange)

          « Dans les cathédrales, on garde les lambeaux du linceul.
           Toute cathédrale s’ écroule.
           La pierre a été dressée vers le ciel, et le vivant est piétiné.
           Ce n’ est pas ce qu’ Il a enseigné.
           La pierre sera jeté à terre et le vivant élevé » (Dialogues avec l’ ange)

          « Adam s’ est caché devant Lui. Il a perdu le chemin...

          Sur la croix qui se dresse vers le Ciel,

          sur elle, crucifié, le Fils de l’ Homme a parlé ainsi :

          « Mon Père, pourquoi m’ as-tu abandonné ? »

          Et Lui n’ a pas répondu.

          Celui qui cherche – ne trouve pas.

          A celui qui frappe – on n’ ouvre pas.

          Il n’ est possible de chercher que ce qui a été perdu.

          .../...

          Lui seul EST, et Il est le chemin.

          Celui qui court sur le chemin n’ arrive nulle part.

          Celui qui s’ arrête sur le chemin ne trouve rien.

          Réjouissez-vous !

          Fiancé – Fiancée (en nous) sont dualité,

          sont vase où habite la béatitude.

          Fiancé et Fiancée, créateur et créature,

          ombre et lumière ne sont que vase,

          et Lui est l’ ivresse. » (Dialogues avec l’ Ange)


          • Jean 23 septembre 2010 02:28

            Il n’ y a plus à croire : la matière se fait vivante, pensante et aimante pour qui le veut

            « Le royaume des cieux voici qu’ il est au-dedans de vous », et les pires ennemis du Christ étaient les théologiens, les croyants, les prêtres..., les docteurs de la loi, les intellos, ceux qui se font appeler « maître » ou aujourd’ hui « monseigneur » !

            Le Christ n’ est d’ aucun dogme, pas même chrétien. Il « marche sur l’ eau », ne s’ appuie sur rien, il « n’ a pas où reposer sa tête » etc.

            Plus de croyances (fruit du mental) mais du feu (fruit du Coeur) : le « sacré-coeur » du Christ est nôtre pour qui en veut !

            La religion nouvelle est la vraie vie ..en soi : le Coeur brûle et le mental n’ est qu’ utilitaire sinon source d’ illusions, de croyances, d’ idées reçues, de fantasmes, de dogmes, de fanatismes, de vent, ....


            • friedrich 23 septembre 2010 02:58

              L’ athéisme pour les nuls aurait été plus approprié comme titre


              • friedrich 23 septembre 2010 03:33

                J’appelle « nihilisme » tout discours qui prétend renverser ou abolir la morale, non parce qu’elle est relative, mais parce qu’elle serait, comme le prétend Nietzche, néfaste et mensongère.


                Parole d’ athée en soutane. Nietzsche voulait construire une nouvelle morale sur les ruines de l’ ancienne, détruite par un nihilisme nécessaire et fatal, que l’ auteur de ce pavé, ultime ersatz d’ un christianisme sans dieu, s’ acharne à combattre.

              • Emile Mourey Emile Mourey 23 septembre 2010 12:04

                La pensée d’André Comte-Sponville ne présente que peu d’intérêt pour l’évolution de notre société tant que la communauté scientifique - et les commentateurs d’Agoravox - se refuseront à faire une lecture, sans dénigrement mais critique, des textes scripturaires des trois religions du Livre.

                Je cite :

                 André Comte-Sponville a écrit ceci : « On ne philosophe pas à partir de rien. Il faut d’abord connaître pour philosopher ensuite. La philosophie n’est pas un savoir de plus ; c’est une réflexion sur les savoirs disponibles. Ce n’est qu’à partir de ce qu’on sait, ou de ce qu’on croit savoir, que des questions philosophiques se posent et qu’elles prennent sens (La sagesse des Modernes, page 547). » Et dans son encyclique « La foi et la raison », Jean-Paul II pose le problème : « L’exigence primordiale et urgente qui s’impose est une analyse attentive des textes : en premier lieu, des textes scripturaires, puis de ceux par lesquels s’exprime la tradition vivante de l’Église. A ce propos, certains problèmes se posent aujourd’hui, en partie seulement nouveaux, dont la solution satisfaisante ne pourra être trouvée sans l’apport de la philosophie (art. 93) ... en particulier en ce qui concerne le sens spécifique de l’histoire (art. 94). »

                J’attends toujours un véritable débat sur ce sujet précis des textes scripturaires.


                • Radix Radix 23 septembre 2010 15:14

                  Bonjour Mr Mourey

                  Que voulez-vous que la science fasse des écrits de l’homme qui à vu l’homme, qui à vu l’homme qui croit qu’il à vu un type se réclamant de Dieu ?

                  Radix


                • Emile Mourey Emile Mourey 23 septembre 2010 17:46

                  @ Radix,

                  Bonjour,

                  Que nos exégètes et philosophes reconnaissent qu’ils n’ont rien compris, ni aux textes bibliques, ni aux évangiles, que ces textes nous sont parvenus sans aucune altération, que ce sont des textes littéraires de bonne qualité, faciles à lire et très pédagogiques, qu’ils s’expliquent très bien dans le contexte historique de l’époque, que dans leur langage allégorique et symbolique, ils ne disent pas du tout ce que, depuis, on enseigne comme parole d’évangile, et qu’il y a lieu de s’interroger sur l’influence que, quoiqu’on dise, ils ont sur notre système de pensée, y compris philosophique, ce qui, bien souvent, nous met en position de faiblesse face à d’autres système de pensée, type chinois, ou islamique, mais qu’en définitive avant de se poser la question de l’ idée de Dieu, mieux vaudrait se poser la question : qu’est-ce que l’homme ?


                • Jean 23 septembre 2010 19:08

                  L’ Homme est un être debout, vertical, unissant Ciel (Coeur) et Terre (raison) ...en lui.

                  Il est roi, sceptre vivant.

                  Le mental est dépassé, le Coeur est flamboyant -pour qui saisit-

                  Pour qui aime, brûle d’ Amour : croyances, non-croyances, agnosticisme, ... sont hors sujet

                  La raison est impuissante et doit rester « dans le royaume qui lui est propre » (Dialogues avec l’ ange)


                • Robert Branche Robert Branche 23 septembre 2010 20:32

                  Effectivement, je suis d’accord sur votre commentaire final : qu’est-ce que l’homme ? C’est de fait la question centrale, et probablement la seule que nous pouvons aborder.

                  ET si la réponse à cette question : l’homme n’est qu’un accident circonstanciel et provisoire de l’évolution du monde, tout cela et rien de plus...

                  Autrement sur la question des textes religieux et de l’importance de les resituer dans leur contexte historique, je conseille de voir la série documentaire diffusée sur Arte sur la vie de Jésus et sur les premières années du Christianisme : cette série est composée de 3 parties (Corpus ChristiL’Origine du christianisme, et L’Apocalypse)

                • Radix Radix 23 septembre 2010 21:25

                  Bonsoir Mr Mourey

                  « qu’est-ce que l’homme ? » Vaste question à laquelle les évangiles ne répondent que par une pirouette en confiant la réponse à un type que personne n’a jamais rencontré.

                  L’homme est un animal terrestre dont le principal moyen de défense, l’intelligence, à conduit à se poser des questions sur son devenir.

                  Pour l’instant c’est la seule réponse qui tienne la route en attendant plus amples informations !

                  Radix


                • Emile Mourey Emile Mourey 23 septembre 2010 21:59

                  @ Radix

                  Bien au contraire, avec l’ancien testament et le nouveau et même le Coran, nous avons là toute une histoire de l’évolution de l’homme en société, depuis Adam jusqu’à aujourd’hui. Cela mérite tout de même qu’on y regarde de plus près.


                • Emile Mourey Emile Mourey 24 septembre 2010 08:21

                  surtout à notre époque de mutation où l’animal religieux d’hier devrait normalement céder la place à l’homme de raison.


                • Emile Mourey Emile Mourey 24 septembre 2010 08:26

                  @ Robert Branche

                  Merci pour votre réponse, mais en ce qui concerne les documentaires d’Arte, mon avis est très négatif.


                • Robert Branche Robert Branche 24 septembre 2010 09:12

                  @ Mourey

                  Les avez-vous vu ? J’ai de mon côté acheté la série en DVD et ai pu regarder tranquillement l’intégrale. C’est vraiment un regard remettant tout en perspective et en l’inscrivant dans l’histoire du moment

                • Jean 24 septembre 2010 09:33

                  « céder la place à l’homme de raison. » ?

                  Vous êtes incorrigible avec la « raison » ; si vous voulez connaître l’ Homme, inutile de (continuer à) vous référer à de vieux textes, d’ étudier le contexte etc., ça n’ a qu’ un intérêt intellectuel, historique, mais en soi inutile.

                  Si vous voulez connaître l’ Homme vous avez dix mille fois mieux : votre propre être ici et maintenant, dans la solitude de vous même.

                  Le mysticisme c’ est vivre en soi et rayonner pour qui saisit -comprendre que nous sommes don au cosmos, « Ce qui est » se donne à Lui-même, et c’ est nous. Le mysticisme c’ est le feu en nous, la tangibilité de soi, concrétude, conscience de soi, pleinement..., les pieds sur terre et la tête bien sur les épaules, le coeur brûlant.

                  Le mental, la « raison » n’ est qu’ utilitaire, ça sert à faire de la science et ses courses au supermarché, mais est source des rêves, des fantasmes, des idées reçues, des croyances (parfois fanatiques) etc.

                  RENVERSEMENT TOTAL DES VALEURS (mais tous croient le contraire)

                  Les souffrances, erreurs, déprimes, déreliction, dépressions, désappointement face à notre propre existence, etc. ne viennent que du manque de feu en nous, du mental livré à lui-même (le serpent qui tourne en rond, qui parle sans fin)

                  Le saint brûle, soumet le mental au seul Coeur, rien à l’ extérieur ne le concerne (ténèbres extérieures), il se suffit à lui-même mais rayonne : la solitude n’ était qu’ illusion, les souffrances n’ ont aucun sens, elles sont idiotes : le « royaume des cieux » est descendu sur terre car il est en nous.

                  Si vous souhaitez rester avec votre intellectualisme, libre à vous ; on dit que saint Thomas cessa d’ écrire quand il a « vu », qu’ il a saisi !

                  « Connais-toi toi même » (devise bien connue de Socrate), et « brûle », c’ est ton vrai MOI

                  Texte de moi (humblement)

                  "L’ Homme, rationaliste, l’ adolescent, s’ identifie à sa conscience mentale. Il lui semble être son « moi » dont il oublie la Source bien mystérieuse, et Qui le dépasse largement.


                  Jésus rencontra des possédés de démons, qui vociféraient. Le démon représente le visage grimaçant, hideux du mental de l’ Homme, livré à lui-même. Il les chassa des possédés et les envoya dans des pourceaux qui allèrent se jeter dans un précipice. Les démons reconnurent que le Christ était fils de Dieu, mais Celui-ci refusa leur témoignage. Le témoignage du mental n’ a pas de validité, fut-il vrai ! le croyant a le visage d’ un démon, la croyance n’ est que grimace. Le mental livré à lui-même n’ a sa place que dans l’ animalité et termine par la mort.

                  (A Pierre -apôtre et futur premier maître de l’ église-institution- Jésus dit : « Arrière de moi, Satan. Tu m’ es un scandale ! Car tu n’ as pas le sens des choses de Dieu, mais des choses de l’ homme. »)


                  Quel est donc cet Homme nouveau ? Indicible : il ne croit plus, il EST, croire est le fruit du mental, a-t-il besoin de croire celui qui EST... Lui ? L’ Homme est un infini. Il est libéré de tout. Pour les Bouddhistes le mental n’ est qu’ un sixième sens, ou un troisième œil, l’ Etre

                  n’ est pas définissable, pas plus dans le Taoïsme.

                  Si le mental se tait en tant qu’ élément isolé -serpent qui se mord la queue, parfois dans

                  d’ atroces souffrances menant au suicide-, mais prend conscience
                  - enfin !- de son appartenance (pourtant évidente) au Tout, de sa subordination à la Permanence de notre être, alors la réponse à « qui suis-je ? » c’ est : Je suis. Le buisson ardent n’ exprime pas autre chose à Moïse ; le buisson ardent, c’ est la vie brûlante, fusion matière vivante/Amour, l’ intériorité profonde de Moïse (notre vrai « Moi », en réalité silencieux, mais infiniment présent), se disant à elle-même (mais à son moi/mental créé) : « je suis « Je suis » ». Le mental écoute, « Je suis » me dit Sa présence en moi, Il me la crie, et Il brûle d’ Amour -je suis Lui- !

                  L’ Homme est plus qu’ un buisson ardent -une histoire ou un rêve-, la Réalité est plus que le symbole et notre Existence... plus qu’ un mythe !"


                  "Le mental qui n’ a pas saisi et qui croit ou ne croit pas -abominations- demande un signe (absurdité mais), il lui est donné : c’ est lui-même, sa propre Existence ; il lui crève les yeux mais ne le voit pas, perdu dans ses théories, ses réflexions intellectuelles, le blabla interminable de la pensée. « Il ne sera pas donné d’ autre signe que celui de Jonas », c’ est-à-dire le Christ (nous-mêmes) dans le temps : vie passée, solitude affreuse... du tombeau (ascèse ? épreuves de la vie ? ...ou mental livré à lui-même), résurrection (nouvel Homme).

                  Il nous faut cesser de nous identifier à nos pensées, à nos idées, notre mental, nous sommes ce Mystère, rien de moins qu’ un Univers qui Se VIT... ! tout signe autre que nous-mêmes serait misérable."

                  etc.


                • Jean 24 septembre 2010 10:06

                  ... et la mauvais larron était « croyant » : « si tu es le Christ sauve-toi et nous avec »

                  Saisisse qui peut et qui veut


                • Emile Mourey Emile Mourey 24 septembre 2010 15:40

                  @ Robert Branche

                  Les émissions d’Arte sur ces sujets sont très intéressantes mais je n’ai pas la même interprétation. Voir mes articles publiés sur Avox en recherchant : L’Apocalypse selon Arte.


                • Axel de Saint Mauxe Nico 23 septembre 2010 13:39

                  Ce Comte Sponville est bien courageux ! Oser écrire un livre sur l’athéisme en 2010 ! Quel anti-conformisme !


                  • Robert Branche Robert Branche 23 septembre 2010 20:33

                    Oui et c’est essentiel au moment de la remontée de toutes les religions, surtout dans leurs versions extrémistes (quelles que soient les religions...)


                  • MICHEL GERMAIN SO ! 23 septembre 2010 16:32

                    Comte-Sponville, un être séduisant, dans toutes les couleurs et les faces du terme.

                    La spiritualité poserait elle des questions quand la religion (ne) donne (que) des réponses ?

                    Question à Comte-Sponville (et aux autres) : d’où les religions tiennent elles leur programme ? Ou, dit autrement : qu’avons nous, en nous, en l’Homme, d’universel et éternel à la fois, qui amène certains à construire des hypothéses qui deviennent des religions ; puis d’autres, ensuite, à s’interroger sur ces mêmes hypothéses ?


                    • Jean 23 septembre 2010 18:14

                      La réponse c’ est vous même, votre propre joie insouciante d’ être, l’ animal se pose-t-il des questions existentielle ?

                      Retour à l’ insouciance animale, conscience mentale en plus (« si vous ne redevenez petits enfants »)

                      La joie d’ être se suffit à elle-même, « Ce qui est » ne peut pas ne pas être, alors il n’ y a plus de « pourquoi ? »

                      La matière prend conscience de sa capacité à aimer, et toute souffrance disparait

                      Le mental s’ associe au Coeur (union du Ciel et de la Terre, en nous)

                      Le mental qui n’ a pas saisi et qui croit ou ne croit pas -abominations- demande un signe (absurdité mais), il lui est donné : c’ est lui-même, sa propre Existence ; il lui crève les yeux mais ne le voit pas, perdu dans ses théories, ses réflexions intellectuelles, le blabla interminable de la pensée. « Il ne sera pas donné d’ autre signe que celui de Jonas », c’ est-à-dire le Christ (nous-mêmes) dans le temps : vie passée, solitude affreuse... du tombeau (ascèse ? épreuves de la vie ? ...ou mental livré à lui-même), résurrection (nouvel Homme).

                      Il nous faut cesser de nous identifier à nos pensées, à nos idées, notre mental, nous sommes ce Mystère, rien de moins qu’ un Univers qui Se VIT... ! tout signe autre que nous-mêmes serait misérable.


                      La pudeur de l’ Adam intellectuel, penseur, disparaît, l’ Homme doit saisir, accepter son incommensurable grandeur ; après la vie organique qui devient pensante, accepter de brûler...-Conscience/Mystère-, là est la signification du Sacré-Cœur du Christ, qui est nôtre ! Qui en veut ? L’ Homme EST s’ il est Feu -pour qui saisit- ; tout temple de pierre n’ est que ruines. Les intellectuels ne sont plus utiles, le Christ n’ est plus un Maître, mais un Ami, un alter ego. Nous sommes Christs, libres !


                      ....


                    • Jean 23 septembre 2010 18:47

                      Le péché est la séparation de l’ intellect et du coeur

                      Dieu (Amour dans le Coeur) dit : « Adam (Homme actuel avec son mental livré à lui-même), où es-tu ?

                      Dieu se cherche lui-même dans l’ Homme car quand Eve et Adam (l’ Homme d’ aujourd’ hui encore) se virent nus et se vêtirent, il s’ agit surtout de la pudeur du Coeur, pudeur à dire »Je t’ aime" à l’ autre.

                      ....


                    • velosolex velosolex 22 mars 2011 01:05

                      L’homme est médiocre.
                      C’est vrai, mais il y a des exceptions. J’en suis la preuve vivante.
                      Quand à dieu, je veux bien y croire s’il me donne les chiffres du loto. Qu’il se le tienne pour dit. Je le met au défit. Tu m’entends, dieu ?
                      L’homme est un bon sujet d’observation, vis à vis de lui même, dans la solitude de la grotte.*
                      Mais qu’une femme apparaisse, avec son buisson ardent, et l’objet d’étude change de visage, et la grotte aussi.
                      L’évanescence des choses est sans limite.
                      L’homme est vain, et boit de temps en temps un petit verre. Alors il se prend pour dieu. A la façon des guides de haute montagne, marchant vers les nuages à toute allure.
                      Pourvu qu’il ait de bonnes chaussures.
                      Mais une ampoule au pied le ramène à sa médiocrité.

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