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Accueil du site > Culture & Loisirs > Extraits d’ouvrages > Stuart Turton, Les sept morts d’Evelyn Hardcastle

Stuart Turton, Les sept morts d’Evelyn Hardcastle

Stuart Turton, Les sept morts d'Evelyn Hardcastle

Stuart Turton, Les sept morts d'Evelyn Hardcastle (The Seven Deaths of Evelyn Hardcasle), traduit de l'anglais par Fabrice Pointeau, 10/18 Sonatine Editions, 2019

A Quickie with Stuart Turton –

L'auteur :

Journaliste free-lance, Stuart Turton est titulaire d'une maîtrise d'anglais et de philosophie. Il a notamment enseigné l'anglais à Shanghai, rédigé des chroniques de voyage à Dubaï, et travaillé pour un magazine de technologie à Londres. Les sept morts d'Evelyn Hardcastle a remporté le prix Costa du meilleur roman en 2019.

L'oeuvre :

"Mixez Agatha Christie, Downton Abbey et Un jour sans fin… voilà le roman le plus divertissant de l’année.

Lauréat du prestigieux Costa Award, le premier roman de Stuart Turton est à la fois un formidable jeu de l'esprit et un régal de lecture.

Ce soir à 11 heures, Evelyn Hardcastle va être assassinée.

Qui, dans cette luxueuse demeure anglaise, a intérêt à la tuer ?

Aiden Bishop a quelques heures pour trouver l’identité de l’assassin et empêcher le meurtre.

Tant qu’il n’est pas parvenu à ses fins, il est condamné à revivre sans cesse la même journée.

Celle de la mort d’Evelyn Hardcastle.

Prêt pour un plaisir de lecture comme vous n’en avez pas connu depuis longtemps ? Plongez dans ce labyrinthe des délices. Chaque personnage, chaque recoin obscur de la maison cache un mystère. Chaque page ou presque offre un rebondissement inattendu. Et il y a 500 pages." (source : babelio)

Extrait :

"Qu'est-ce que je dois faire ? dis-je, sentant la panique monter.

- Vous accrocher, répond-il avec un haussement d'épaules. c'est tout ce que vous pouvez faire. Il y a une voix dans votre tête, vous avez dû l'entendre. Sèche, légèrement distante ? Elle est calme quand vous paniquez, courageuse quand vous avez peur.

- Je l'ai entendue.

- C'est ce qui reste de l'Aiden Bishop original, l'homme qui a pénétré dans Blackheath. Elle n'est guère plus qu'un fragment, un petit morceau de sa personnalité qui s'accroche entre les boucles, mais si vous commencez à vous perdre, écoutez-la. elle est votre phare. tout ce qui reste de l'homme que vous étiez."

Dans un grand bruissement d'étoffe, il se lève, la flamme s'agitant dans le courant d'air. Il se baisse, ramasse la bougie par terre et se dirige vers la porte.

"Attendez."

Il s'arrête, me tournant le dos. La lueur de la bougie forme un halo autour de son corps.

"Combien de fois avons-nous fait tout ça ? dis-je.

- Des milliers, je suppose. Plus que ne pourrais compter.

- Alors pourquoi est-ce que j'échoue sans cesse ?"

Il soupire, me regarde par-dessus son épaule. Il y a une certaine lassitude dans son maintien, comme si chaque boucle était un poids qui l'accablait.

"C'est une question à laquelle j'ai moi-même réfléchi de temps à autre, répond-il, la cire fondue coulant et venant tacher son gant. Le hasard a joué un rôle, vous avez trébuché quand être fermement campé sur vos pieds vous aurait sauvé. Mais je crois principalement que c'est votre nature.

- Ma nature ? Vous croyez que je suis destiné à échouer ?

- Destiné ? Non. Ce serait une excuse, et Blackheath ne tolère pas les excuses. Rien de ce qui se produit ici n'est inévitable, bien qu'il puisse en paraître autrement..." (p.374-75)

Mon avis sur le livre :

Si vous préférez le coca-cola au bourbon, le Red Bull au sherry, la vapette aux havanes, les fast-food aux dîners en smoking, les radiateurs électriques aux feux de bois dans les cheminées et les lampes halogènes aux bougies...

Si vous n'aimez ni les labyrinthes inextricables, ni les paradoxes temporels, ni les énigmes policières, ni les ambiances gothiques, ni les manoirs maudits ni les aristocrates anglais...

Si vous n'appréciez pas le mélange des genres...

Si vous ne prisez ni Edgar Poe, ni Agatha Christie, ni John Dickson Carr, ni Paul Halter...

Si vous n'aimez pas les tableaux de James Ensor...

Si vous avez détesté Shining (vous savez, l'histoire de la petite famille piégée dans un hôtel isolé avec Jack Nicholson dans le rôle du père)...

Si vous ne croyez ni à l'enfer, ni au purgatoire...

Si vous n'admettez pas que l'on puisse être deux personnes en même temps sous l'apparence d'une seule, qu'il soit possible de mourir et de revivre dans un autre corps que le sien, que les mêmes événements puissent se reproduire à l'identique d'une journée à l'autre, que les êtres, les lieux, les objets soient de pures illusions, que les gens n'aient jamais l'air d'être ce qu'ils sont, que l'on puisse rester piégé dans un endroit sans pouvoir en sortir...

Si vous croyez tout savoir des meurtres dans les manoirs anglais et des règles du Cluedo, si vous êtes certain que le docteur Lenoir ne peut pas être en même temps le colonel Moutarde, si vous ne confondez jamais Madame Pervenche et Mademoiselle Rose...

Si vous avez peur d'avoir peur...

Si vous avez peur de vous perdre...

Ne lisez pas ce livre addictif, n'en ouvrez même pas la première page...

Vous seriez piégé malgré vous...

Et alors, que Dieu vous vienne en aide !


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2 réactions à cet article    


  • Sergeant Pepper Sergeant Pepper 31 août 11:39

    La construction de ce roman est particulièrement brillante mais, hélas, je crois n’avoir strictement rien compris de sa fin.


    • Robin Guilloux Robin Guilloux 31 août 12:50

      Rassurez-vous, moi non plus, mais ça fait partie du charme ! smiley)

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