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La Loire, vue de selle … 1

 

1 : La transhumance

 

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Depuis le temps que j'en entendais parler, la Loire à vélo finit par croiser mon chemin. Une aventure bien loin d'être dans mes rayons, n'étant pas à même de m'y risquer seul, incapable je suis de réparer la moindre panne. Il fallait que ce fut dans le cadre d'une épopée scolaire comme seul le gars Rémy peut en concocter, pour que je me remette en selle.

Pourquoi faire simple quand le complexe est le mode de fonctionnement préférentiel du directeur aventurier. Il avait envisagé un séjour d'une semaine à Pénestin pour les quatre classes de son école primaire. Le trajet aller ayant été confié à la diligence d'un transporteur routier. Pour le retour, le choix multiple s'est imposé, dans la grande tradition du brouilleur de carte, grand ordonnanceur de l'épopée.

Si les plus petits remontèrent sagement en autocar. Les niveaux CM2 – CM1 – CE2 restèrent à poste pour attendre l'équipée vélocipédique et son armada logistique. Neuf accompagnateurs, trois véhicules assistance, deux remorques à vélo se mirent en demeure de retrouver les élèves et leurs enseignants. Le retour se fera à bicyclette sans la moindre Paulette.

C'est donc assis dans une camionnette cahot ante, chargée de dix vélos, des cantines pour le pique-nique et de divers autres choses que j’entreprends la rédaction d'un journal de bord qui s'annonce palpitant. Il est presque onze heures et c'est seulement maintenant que notre caravane se met en branle pour rejoindre les élèves au centre de la Fédération Française de Football à Saint Sébastien-sur-Loire.

Rouler en convoi n'est pas mince affaire et devient rapidement une épreuve de patience. Le voyage s'étire tandis que les passagers ne sont pas en mesure de se dégourdir les jambes lors des innombrables arrêts destinés seulement à reconstituer la formation. La traversée des villages donne souvent lieu à un allongement de l'attente. Il en sera de même plus tard à vélo, c'est donc une simple phase d'adaptation qui nous permettra de remplir pleinement notre rôle ultérieur.

La pause repas démontra à l'évidence que nous avions affaire à un échantillon non représentatif de la population nomade. Aucun de nous n'alla chercher le fameux et incomparable sandwich en triangle de l’inénarrable gastronomie autoroutière. Nous étions donc entre gens de bonne compagnie, fidèles au casse-croûte qui se prépare à la maison.

Passant outre ces considérations roboratives, force est de constater que j'ai omis volontairement le point qui risque fort de devenir d’achoppement de notre migration. L'embrayage de l'une des deux automobiles tirant remorque donne des signes évidents de fatigue, voire d'épuisement. Nous plaçons désormais la suite du périple sous le haut patronage de Saint Christophe en dépit de la dimension laïque de l’entreprise.

Le saint patron a fait faux bond avant l'air du Faix accompli. L'embrayage a rendu l'âme, paix ; il fallait descendre. Le service d'assistance intervint promptement, chargeant le véhicule, ses occupants et la remorque. Nos routes allaient diverger un temps tandis que nous déléguions aux occupants de l'autre voiture, le délicat rôle d'éclaireur. Le récit s'en trouvait soudain fragmentaire, ne pouvant, sans don d'ubiquité, rendre compte des aléas des uns et des autres. Je laisse donc cette partie de l'expédition en suspens, ce qui est précisément le cas pour un tiers de l'effectif. Rendez-vous à Nantes, du moins pour les survivants.

Nous fûmes formidablement reçus en un centre parfaitement adapté pour les élèves qui de leur côté sortaient d'une semaine dans un centre des œuvres universitaires au Pénestin. Ils trouvèrent là un accueil de qualité digne de celui qui avait été le leur durant six jours dans des conditions matérielles qui n'ont rien à voir avec la vie nomade qui sera la nôtre par la suite. Le déplacement des bagages, l'installation dans les chambres, la douche, le repas du soir, la petite veillée contée, le coucher sont autant d'étapes qui prennent un temps fou et exigent des trésors de patience. Qui n'a jamais vécu un tel encadrement ne peut en appréhender la complexité, la fragilité de chaque instant et les trésors de bienveillance que cela suppose.

Habitués qu'ils sont aux règles collectives, façonnés par l'esprit coopératif, le coucher se passe sans aucune difficulté. Il est vrai que la fatigue s'accumule depuis leur départ tandis que la perspective d'enfourcher les bicyclettes inquiète le plus grand nombre. Nantes – Saint Père-sur-Loire, voilà un menu copieux, même s'il est partagé en deux et en différents tronçons.


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2 réactions à cet article    


  • juluch juluch 23 juin 12:11

    si j’ai bien compris, vous êtes resté dans la camionnette ??

    ils ont quel âges ces coureurs de la Loire ?

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