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Accueil du site > Culture & Loisirs > Parodie > Cornichon - Episode 1 : Brouillons Insolubles

Cornichon - Episode 1 : Brouillons Insolubles

Je ne sais pas pourquoi, quand je parle de mon métier de publicitaire à des gens, ils s’imaginent tout de suite que je suis un grand schizophrène cocaïnomane, sur de lui qui passe son temps dans des palaces à se taper des bombes qui n’ont pas atteint le seuil fatidique des 25 ans. Et pourtant, la réalité est toute autre. Mon bureau est à Levallois dans le 92 (vous savez c’est la ville qui reçoit tout les bulletins jeux concours de magazine télé), je n’ai pas de bureau, je travaille dans un open-space que je partage avec mon ami, Mario (et deux stagiaires qui sont là pour remplir le tableau quand le grand patron vient jeter un coup d’oeil).

Mario et moi, on est tous les deux de la même ville, Clermont-Ferrand, où on a fait la SBMCF (la School of managment and Buisness of Clermont Ferrand) avec Mathis, Cléo (je n » y peux rien, c’est les parents qui sont cruels) et Marie-Charlotte. C’est une école privé qui nous formait en 9 mois, et nous donnait une équivalence Bac+3. Le diplôme n’était pas reconnu par l’état. Mais qu’importe, ça rassurait les parents d’autant plus que que ça nous permettait d’éviter de suivre la carte scolaire qui était d’un cosmopolitisme presque obscène (oui à Clermont, il y a eu des invasion, il s’y passe des choses). Les cours étaient assurés par des intervenants de renommée. Nous avons eu par exemple, le monsieur qui avait fait le montage logo sur la photo de Mitterrand sous la direction de Jacques Séguela, un type formidable.

Toujours est-il qu’on est loin des paillettes, et que parfois je dois faire jusqu’à deux changements dans le métro (mais j’utilise pas deux tickets, c’est mon côté rebelle). Il y a deux mois de ça, on a eu une commande pour une célèbre entreprise qui fait des condiments du côté de Dijon (ouais Amora). Il fallait faire une pub pour des cornichons qui était destinée à la radio. Alors branle-bas de combat (j’ignore totalement ce que veux réellement dire cette expression), c’est le brainstorming total ( la tempête de cerveau) dans notre open-space qui donne presque sur la défense (je vois un reflet fugace dans l’immeuble d’en face).

 

Encore une fois, si vous croyez qu’on est libre de faire ce que l’on veut, vous vous trompez lourdement. Il y a toujours un type, on le reconnait souvent tout de suite, qui vient vous voir, vous donne des mots clefs et vous oblige à passer dessus parce que c’est l’image-marque-produit qui est en jeu. La pub, il l’a déjà en tête pour lui, il l’a même dit à son supérieur hiérarchique dans l’espoir (minable) de monter la division marketing au sein même de la chaine de production de la boîte. Vous vous demandez pourquoi parfois il y a une publicité comme ça qui passe et qui est incroyablement stupide, genre la pub pour coca-cola zéro (gout caramel sans sucre, promis) où un jeune s’extirpe du lit de sa conquête grâce à l’armée ?


Pub Coca-Cola zero C’est Possible
envoyé par CocaColaFrance. – Court métrage, documentaire et bande annonce.

Et bien c’est tout simplement qu’un directeur marketing a voulu se passer de service d’un concepteur publicitaire, et s’est pris tout d’un coup pour Ron Howard.

Peu importe, le thème donné était : la crise. Le rapport ? Vous remarquerez que quand vous êtes un peu borderline (en ligne du bord) au niveau argent, il ne vous reste que des condiments dans votre frigidaire. C’est bien que vous en consommez moins non ? sinon vous n’en auriez plus. Et puis, nous les publicitaires, on aurait pu dénicher un sondage SOFRES qui affirme que sur les 20% de la population active entre 20 et 25 ans qui habite en métropole qui se font 2 à 3 fois par mois des hamburgers maison pendant les fêtes de noël, 28% freinent leurs consommation de cornichons en faisant des lamelles plus courtes (si vous pensez que les chiffres ne concordent pas parce que le deuxième est supérieur au premier, je vous invite à repasser votre bac).

Pourtant les cornichons c’est cool, c’est frais (c’est une expression provinciale parisienne). Cela ne coute pas bien cher, ça égaye vos petites salades, ça met du croquant dans les hamburgers, et mieux, c’est pas chiant, ça n’a pas de gout. C’était notre idée avec Mario, faire du cornichon ton copain imaginaire, une sorte de Cyril Lignac tamagotchi pour toi dans ta cuisine, qui te fait oublier la vilaine crise.

Qui te fait oublier notamment l’idée que, contrairement à la propagande médiatique dans les très arrogants journaux gratuits, comme quoi Amora kiffe trop la ville de Dijon pour la quitter, on se dit quand même que vu le train de la vie, il y a beaucoup de chance pour que la mise en boite des cornichons finisse dans les mains des nouveaux esclaves de l’Europe (je précise pas de pays, on me traiterait de raciste). Au pire, il y aura un vilain patron a qui ont sucrera les stock-options (ou il les refusera dès le début, c’est bien mieux pour son image-marque), sans juger de ses actions qui lui vaudraient très probablement une condamnation à la dégradation nationale – sachant que son pognon, il finira de toute façon par l’avoir via des miroirs fiscaux.

Illustration de la Russie dans votre imaginaire socio-discursif d'occidental

Illustration de la Russie dans votre imaginaire socio-discursif d’occidental

Digression, va. L’idée est venue de Mario, la dernière fois qu’il avait mangé un cornichon, c’était dans une soirée à « L’étoile » (la boite de nuit, pas le rond point suicidaire) après un verre de Vodka. Les jeunes sans causes ont besoin de se lancer de nouveau défis. Vodka égal Russie, évidement, on cherche de ce coté là. Les actualités ne sont pas mirobolantes, depuis décembre 2008 , la Russie connait une bonne dizaine de dévaluations du rouble, faisant flotter le spectre de la grande dévaluation de 98. Mais nous, ça nous fait marrer, on se rappelle tout penaud de notre voyage à Moscou de cette époque là, des valises de billets, des magasins vides, la bonne époque des films gravés sur CD avant leur sortie au cinéma, vendus dans la rue. Le russe n’a pas une bonne image dans votre imagination, il faut donc se moquer. La Russie c’est le froid, c’est Tchernobyl (même si c’était en Ukraine), c’est le communisme. La dévaluation c’était un truc qui nous bottait, voir une autre monnaie c’est exotique. Devoir payer son cornichon avec une mallette de billet, c’est drôle, bon disons que ça nous faisait rire.

Projet #001 – « Le cornichon brise la glace » 

Linda vient enfin manger chez Roger. Mais roger, pris de court, n’a rien préparé, il est précaire, il travaille comme vigile à quart temps dans un FrancPrix à Rueil Malmaison, et le soir nettoie la Gare RER voisine pour faire ses fins de mois. Les deux pré-amants ne savent pas quoi dire, il sont assis tout deux face à une table vide. Quand Roger à une idée, il sort un bocal de cornichon ( PACK SHOT MARQUE ) et un pot de moutarde à l’ancienne ( RE PACK SHOT MARQUE), il trempe un cornichon dans la moutarde et le tend à Linda. Celle ci qui voit dans le condiment dégoulinant une allusion sexuelle sans équivoque, s’amuse de l’initiative. Il se mettent alors à parler de légitimité de la supériorité législative du parlement Européen sur les lois nationale. PACK SHOT POT DE CORNICHON (sans oublier une fine lamelle de moutarde qui coule) : CORNICHON (MARQUE) , en cas de crise, brise la glace » 

Je ne vous cacherai pas que ça n’a pas fait rire notre patron. Il nous a demandé où était le rapport avec la Russie dont on lui avait tant parlé, et nous a accusé d’avoir griffonné cette idée grotesque dans le métro avant de venir. Il m’a semblé qu’il était un peu méprisant. En effet, j’avais écris cette idée sur le reste d’une serviette d’un Quick, mais mes meilleures idées sont nées dans le métro, particulièrement entre la station Lourmeil et Creteil de la ligne 8, dont celle de devenir publicitaire. Mais là où le bât blesse ( mais qui a inventé cette expression ?), et que vous n’avez vous aussi, tout comme moi, pas suivi, c’est que nous avions oublié que cette publicité était destinée à la radio.


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12 réactions à cet article    


  • jps jps 31 octobre 2009 09:45

    @ auteur
    ce n’est pas « là ou le bas blesse » mais « là où le bât blesse ». Le bât étant un fardeau.
    cordialement


    • JL JL 31 octobre 2009 10:12

      @ JPS, c’est temment vrai qu’on ne dit pas âne bassé mais âne bâté.

      Désolé FWD, je n’ai pas pu finir cet article, qui aurait pus être instructif.

      Je lis : « parfois je dois faire jusqu’à deux changements dans le métro (mais j’utilise pas deux tickets, c’est mon coté rebelle). »

       ??? Il faut un ticket neuf quand on change de ligne maintenant ? C’est nouveau ça ?


      • Fred William Dewitt Fred William Dewitt 31 octobre 2009 10:25

        Les deux pieds dedans.


      • JL JL 31 octobre 2009 11:23

        Ah, si ce texte est miné d’étrons, j’ai effectivement mis les pieds où il ne fallait pas.  smiley


      • rocla (haddock) rocla (haddock) 31 octobre 2009 10:40

        D’ après la photo je croyais que c ’était une pub pour un nouveau tourne-broche .... smiley


        • Jojo 31 octobre 2009 18:40

          Flagrant délit de vilénie Chantecler.
          Laissez Monsieur avec ses pubs, relancer la consommation…


        • sisyphe sisyphe 31 octobre 2009 13:26

          Article un peu cornichon...


          • Radix Radix 31 octobre 2009 13:47

            Bonjour

            « Alors branle-bas de combat (j’ignore totalement ce que veux réellement dire cette expression), »

            Bon, je vais essayer d’enrichir un peu la culture d’un publicitaire (n’y voyez aucune critique, il faut bien bouffer comme disait le commandant du camp d’Auschwitz à Nuremberg) ; donc le branle (ou bransle, en vieux français) est un roulement de tambour destiné à mettre en branle (mouvement) l’équipage d’un navire de guerre au moment du combat.

            Pour les cornichons, je n’ai pour, l’instant, jamais essayé de les branler, pensant qu’ils arrivaient très bien à faire cela eux-mêmes !

            Radix


            • rocla (haddock) rocla (haddock) 31 octobre 2009 13:57

              Parlez-moi d’ amora , redites moi des choses tendres ,

              Votre beau discours mon coeur n’ est pas las de l’ entendre , 

              Pourvu que toujours vous répétiez ces mots suprêmes  :

              Je vous aiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiimeu .

              Jean-Paul Gray-Poupon .


              Moutardie- vinaigrettiste-cornichoneur 

               à Dijon .

              Rue de la liberté

              28.


              • anwe 31 octobre 2009 17:29

                Dommage, ça aurait pu être un article drôle.


                • Charles Martel Charles Martel 31 octobre 2009 21:35

                  excellent article très drôle. vous n’auriez pas du préciser que la pub était pour la radio à la fin, seuls les lecteurs attentifs auraient pu apprécier ;)


                  • morice morice 1er novembre 2009 01:18

                    Ce n’est pas le premier article d’un fat qui s’amuse à un genre détestable, celui de se foutre de la gueule du patron qui le paie. Ça se résume à un nombrilisme sans pareil, et une vacuité totale : en gros, à part lui, tous les autres sont des cons : ces copains de boulot comme son patron. Avec des gus pareils, qui « s’écoutent écrire » (ça se lit !) la pub méprisante et hautaine a encore de beaux jours devant elle : « comment vous n’avez pas encore acheté ce cornichon ? mais vous en êtes un, alors ! »


                    Si au moins il y avait de l’humour, mais il ne peut y en avoir : l’auteur est tellement imbu de lui-même qu’il ne peut rire... que des autres.

                    En fait, je vous plains. Vivre dans un tel mépris de l’être humain, ça doit être difficile à tenir tous les jours.

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