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Accueil du site > Culture & Loisirs > Sports > Histoire géopolitique de la Coupe du Monde : Episode IV - 1950, le drame (...)

Histoire géopolitique de la Coupe du Monde : Episode IV - 1950, le drame national du Maracanazo

Après deux éditions du fait de la Seconde Guerre Mondiale en 1942 et 1946, la Coupe du Monde reprend ses droits en 1950. La nombriliste Angleterre consent enfin à gratifier de sa présence la compétition mondiale du football, et repartira en Perfide Albion avec une humilation historique ... Double tenante du titre, l'Italie, après le drame de Superga, est orpheline de ses meilleurs joueurs. L'Inde qui désire jouer pieds nus est interdite de tournoi par la FIFA. Quant à la France, elle trouve des prétextes pour ne pas se couvrir de ridicule à Porto Alegre et Recife contre Uruguayens et Boliviens, déclarant forfait pour un tournoi où rien ni personne ne semble pouvoir arrêter le Brésil ...

En 1950 et non 1949 (date initiale du tournoi), le Brésil accueille donc le tournoi. L’Europe exsangue est suspendue à la perfusion financière du plan Marshall américain. Pour s’en convaincre, il suffit de se replacer en 1948 dans le contexte morose des Jeux Olympiques d’été à Londres. La capitale britannique n’avait pu fournir aux athlètes du monde entier la nourriture adéquate, se contentant des mêmes rations standards que les habitants de cette ville martyrisée par la Luftwaffe. Comme le raconte Micheline Ostermeyer, médaille d’or en disque et en poids durant ces Jeux Olympiques 1948, le comité olympique français avait contracté un emprunt bancaire afin d’affréter un train de victuailles. Par la faute d’une grève, le retard du train avait brisé la chaîne du froid ... L’Amérique, elle, s’engage dans la guerre froide et la chasse aux sorcières anti-communiste dont le climax sera atteint avec le procès des époux Rosenberg. Prônée par le mouvement sioniste fondé par Theodore Herzl né en 1860 à Budapest, la création de l’Etat d’Israël est effective en 1948 suite à la Shoah. L’Angleterre nombriliste vient enfin disputer une Coupe du Monde où la France déclare forfait, de peur du ridicule. Inutile de se déplacer aussi loin qu’au sud du tropique du Capricorne. Les Anglais, eux, n’ont pas pris ombrage de l’erreur faite par le concepteur de l’affiche de cette Coupe du Monde 1950. On y voit, sur la chaussette qui recouvre le protège-tibia d’un joueur, une myriade de drapeaux de nations, dont l’Union Jack, qui n’est pas une nation mais le Royaume-Uni avec le croisement des croix rouges de Saint-Georges (Angleterre) et Saint-Patrick (Irlande) ainsi que de la croix blanche de Saint-André (Ecosse), sur le fond bleu du drapeau écossais ... Depuis le premier Congrès de la FIFA d’après-guerre, le 25 juillet 1946 à Luxembourg, les quatre nations britanniques (Angleterre, Ecosse, Irlande du Nord et Pays de Galles), absentes de la FIFA depuis 1929, font leur retour dans le concert mondial du football des nations, sortant de leur nombrilisme et de leur splendide isolement ... L’Italie, double tenante du titre, fait le déplacement bien que décimée depuis le crash aérien de Superga. Le 4 mai 1949 au retour du jubilé du capitaine du Benfica, le vol Lisbonne / Turin s’écrase contre la colline qui surplombe la capitale du Piémont. L’équipe du Grande Torino et son maître à jouer Valentino Mazzola succombent. L’Inde, elle, qualifiée refuse finalement de se rendre au Brésil, la FIFA refusant que les Indiens jouent pieds nus tels Leonidas en 1938 à Strasbourg. Le pays est indépendant de l’Angleterre depuis 1947, année de l’assassinat du Mahatma Gandhi. La Perfide Albion, elle, tombe de haut dès son premier match à Belo Horizonte : défaite 1-0 face aux Etats-Unis, sur un but d’un joueur naturalisé américain, Joseph Gaetjens, d’origine haïtienne. Ce dernier sera assassiné le 8 juillet 1964 dans Port-au-Prince par les Tontons Macoutes du dictateur François Duvalier. Battue 1-0 par les Etats-Unis, la nombriliste Angleterre tombe de très haut en ce 29 juin 1950. Une équipe anglaise bis envoyée en tournée en Amérique du Nord avait vaincu la sélection américaine à New York à quelques jours de l’ouverture de la Coupe du Monde. Dans les salons du prestigieux palace new-yorkais du Waldorf Astoria, Stanley Rous, alors secrétaire général de la FA et futur président de la FIFA, s’adresse en ces termes à la délégation américaine : Au Brésil, face à l’équipe nationale d’Angleterre, vous allez découvrir ce qu’est vraiment le football … Les Three Lions et l’opinion publique anglaise se fourrent le doigt dans l’œil, tout comme les journaux brésiliens qui proclament les Anglais les rois du football. La nombriliste Angleterre pense écraser les autres nations, ces colonies du football ... En 30 matches disputés depuis la guerre, les Anglais en ont gagné 23, pour 4 matches nuls et seulement 3 défaites. Avant le tournoi, les Three Lions ont passé quatre buts à l’Italie et un 10-0 au Portugal à Lisbonne en match de préparation … Après un premier succès contre le Chili 2-0 à Rio de Janeiro, la Perfide Albion débarque à Belo Horizonte, ville dotée d’une importante communauté anglaise. Les mines d’or locales sont la propriété de la Couronne britannique. Dans le Daily Mirror, John Thompson écrit que la seule question qui se pose est de savoir combien vont en prendre les Américains. Ces derniers ne se font pas d’illusions, arrivant en ville la veille du match et ne s’entraînant même pas … La plupart de leurs joueurs rentreront même d’une escapade nocturne au petit matin, quelques heures avant le coup d’envoi ! La composition de l’équipe américaine est pour le moins pittoresque : aucun professionnel, mais un professeur, un facteur, un chauffeur de corbillard et le buteur Joe Gaetjens. La FIFA reconnaîtra a posteriori que trois joueurs américains n’étaient pas éligibles ! Chez les bookmakers, la cote des Yankees est de 500 contre 1 … Malgré cela, les Etats-Unis l’emportent donc 1-0 en ce 29 juin 1950, alors que l’Angleterre voyait ce match comme un galop d’essai avant le choc face à l’Espagne prévu le 2 juillet ! Les envoyés spéciaux de la presse anglaise au Brésil sont consternés par le camouflet de Belo Horizonte. C’est le black-out du sport anglais, écrit Roy Peskett dans le Daily Mail. Pour Charles Buchan, du News Chronicle, les Etats-Unis ont battu l’Angleterre en football. Incroyable mais vrai ! Mais la Perfide Albion vit également un deuxième traumatisme. Berceau du football, l’Angleterre est aussi celui du cricket. Or le même jour, les Anglais voient les Indes Occidentales l’emporter contre eux en cricket, sur le prestigieux terrain londonien du Lord’s. Sur quatre matches, les Anglais en perdent trois à domicile (1-3 sur la série). Les footballeurs anglais, de nouveau battus par l’Espagne le 2 juillet (0-1), quittent le Mondial brésilien par la petite porte … Personne ne semble capable d’enrayer la marche triomphale du Brésil vers un premier sacre à domicile, dans cette enceinte gigantesque qu’est le Maracaña de Rio de Janeiro : près de 200 000 places, un véritable Colisée moderne du football. La passion du public brésilien est viscérale, tels ces spectateurs de la Rome Antique qui avaient le pouce baissé pour le gladiateur. L’avatar moderne du combattant vaincu est le gardien de la Seleçao Moacir Barbosa, qui encaisse le but maudit d’Alcides Ghiggia lors de l’ultime match de poule contre l’Uruguay. Gamin pauvre de Campinas, dans l’Etat de Sao Paulo, Barbosa travaille dans une usine d’emballage, puis dans un atelier d’ébénisterie, et enfin comme laveur de carreaux dans un laboratoire de biologie, afin de se payer des études de chimie. Ailier gauche de formation, il remplace un jour au pied levé le gardien blessé dans son club du CA Iparanga. Barbosa ne quittera plus la cage du club, avant de se voir transféré au Vasco da Gama en 1945. Avant le match fatidique du 16 juillet 1950, le maire de Rio de Janeiro, le général Angelo Mendes de Morais, met une pression d’enfer sur le onze auriverde, les qualifiant de vainqueurs sûrs et de champions sans égaux sur la terre. L’édile carioca enfonce le clou avec cette phrase : J’ai rempli ma part du contrat en construisant le Maracaña, le plus grande stade sur terre, à vous de vous acquitter de la vôtre en gagnant la Coupe du Monde ! Dans l’esprit de tous, ce n’est qu’une formalité : des limousines sont déjà prêtes pour le défilé, une par joueur de la Seleçao ... Les Brésiliens ont oublié la fièvre jaune, le vaccin obligatoire, l’assassinat de Pinheiro Machado (président de la République tué en 1915), mais ils n’ont pas oublié la boulette de Barbosa, écrira plus tard le journaliste Nelson Rodrigues à propos du Macaranazo¸ sorte de traumatisme national. La France a Alésia (52 avant J.C.), Crécy (1346), Azincourt (1415), Waterloo (1815) ou Dien Ben Phu (1954), les Etats-Unis ont l’assassinat de Lincoln en 1865, celui de Kennedy et le 11 septembre 2001. Le Brésil a le Macaranazo, ensuite rejoint dans la nécrologie du football local par le Minheirazo de juillet 2014. En 1970, Barbosa vit l’épisode le plus cruel de son existence, point d’orgue de son long châtiment de cinq décennies de souffrance, ce qu’il avouera en 2000 à quelques semaines de son décès … Dans un supermarché, une femme retient son enfant et désigne l’ancien gardien de but du doigt avant de porter l’estocade verbale à Moacir Barbosa … Regarde, mon petit, c’est l’homme qui a fait pleurer le Brésil. En 1994, avant la World Cup aux Etats-Unis où le Brésil mettra fin à une interminable disette de 24 ans, Barbosa se voit refuser l’accès du camp d’entrainement de la Seleçao à Teresopolis, alors qu’il est accompagné d’une équipe de la BBC. Un vigile l’avait reconnu et, de peur qu’il ne porte la poisse, ne l’avait pas autorisé à entrer. Version officielle. La version officieuse dit que Carlos Alberto Parreira, le sélectionneur brésilien d’alors, ne voulait pas du chat noir national Barbosa près de ses joueurs. Le président de la confédération brésilienne Ricardo Teixeira refuse qu’il commente un match du Brésil à cause de cette finale perdue. Moacir Barbosa déclare : Au Brésil, la peine maximale pour un crime est de 30 ans. Moi, je paie depuis plus de 43 ans pour un crime que je n’ai pas commis. Employé de la Mairie de Rio chargé de l’entretien de la piscine du Maracaña, Barbosa apprend que les poteaux en bois des buts vont être changés … Il les récupère et les brûle lors d’un barbecue à son domicile. Un exorcisme vain : J’ai pensé un million de fois à ce but. Et, parfois, je me dis qu’il aurait été préférable que la terre s’ouvre sous mes pieds et que je disparaisse sur le-champ. Apprenant la détresse du gardien brésilien, le buteur uruguayen Ghiggia viendra publiquement à sa rescousse : Bigode, leur défenseur, n’est pas parvenu à m’empêcher de tirer. Il avait bien plus de responsabilités que lui. Mais, que voulez-vous, Barbosa était le bouc émissaire idéal. Printemps 2000. Alors qu’il se rend au Brésil, Alcides Ghiggia présente son passeport à l’aéroport de Rio de Janeiro. Face à lui, une jeune femme d’une vingtaine d’années. Elle regarde le document, dévisage son interlocuteur. Il y a un problème, demande-t-il ? Etes-vous LE Ghiggia ?, l’interroge la fille. Oui, c’est moi, dit-il, surpris. Mais 1950, c’était il y a très longtemps. Alors, la main sur la poitrine, elle lui lance : Au Brésil, nous le sentons dans nos cœurs tous les jours. Toute sa vie, Barbosa va payer ce maudit but qui priva le Brésil d’un sacre prévu à l’avance, et tel Sisyphe poussant son rocher, va payer son châtiment jusqu’à sa mort, le 7 avril 2000. Souvent, Moacir pleurait sur mon épaule, témoigne Teresa Borba, une amie proche. Et il me soufflait toujours les mêmes paroles : « Je ne suis pas coupable. Nous étions onze ». Mort veuf dans l’indifférence générale au printemps 2000, Barbosa se verra octroyer une pension par son ancien club pour lui assurer un minimum de dignité durant les trois dernières années de sa vie. Idole du Vasco de Gama des années 40, meilleur gardien du tournoi mondial de 1950 avant la terrible erreur contre l’Uruguay, Barbosa ne cessera de tomber de Charybde en Scylla par la suite. Ghiggia, héros involontaire du jour, avouera plus tard qu’il fut un des trois seuls hommes à faire taire le Maracaña, avec Frank Sinatra et le pape Jean-Paul II. Son coéquipier Juan Alberto Schaffino, futur star de l’AC Milan, rappelle, lui l’ambiance glaciale du stade carioca : Un silence sidérant a régné dans le stade pendant de longues minutes. A tel point qu’on aurait entendu une mouche voler. Rio de Janeiro est une ville morte de chagrin en ce 16 juillet 1950, et ce chagrin va se transformer en courroux. Le destin va donc s’abattre sur le pauvre gardien martyr Barbosa, ainsi que sur le deuxième coupable, l’arrière Bigode. Le racisme n’était pas nouveau au Brésil envers les joueurs noirs … Dans les années 20, un joueur noir de l’aristocratique club carioca de Fluminense avait dû se recouvrir le visage de poudre de riz pour entrer sur le terrain, étant moqué par le public adverse. Les journaux européens, dont L’Equipe, décrivant le désarroi d’un certain Joas da Silva, qui meurt à 58 ans après une ultime phrase avant son dernier souffle : Le Brésil est mort. Et sur ces mots, il mourut …. Après cela, plus rien n'a été comme avant. Le Brésil a fait table rase, allant même jusqu'à changer de couleurs. Parce que la télé n'existait pas ou peu, et parce que les rares images des premières Coupes du monde étaient en noir et blanc, on oublie parfois que la célébrissime tenue auriverde, probablement la tenue de sport la plus célèbre du monde, est née sur les ruines du Maracanazo. A l'époque, le Brésil jouait en effet en blanc. Des pieds à la tête. La défaite contre l'Uruguay a tout changé. Le blanc, devenu synonyme de porte-malheur, a été banni. C'est la dernière fois que la Seleçao a joué dans cette tenue en Coupe du monde. Dès 1954, en Suisse, le bleu et l'or avaient pris le pouvoir ... Car le Brésil avait vécu ce 13 juillet 1950 ce que le dramaturge Nelson Rodrigues qualifia d'Hiroshima, de catastrophe nationale. Prise au pied de la lettre, la comparaison est évidemment hors de propos. Il évoquait simplement la puissance fédératrice d'un évènement ressenti douloureusement par l'ensemble d'un peuple. Le Brésil n'a jamais connu de conflit armé de grande ampleur sur son sol. Son Waterloo, son Pearl Harbor, ce fut le Maracanazo. Il n'y a probablement qu'au Brésil qu'un match de football puisse prendre une telle proportion et faire office de tragédie nationale. Parler ici d'ambiance lourde serait un euphémisme. Certaines personnes pensent que le football est une question de vie ou de mort. Je trouve ça choquant. Je peux vous assurer que c'est bien plus important que ça, disait le légendaire coach écossais de Liverpool, Bill Shankly. Cette finale Brésil-Uruguay est l'application la plus fidèle de cette phrase culte. Avant le début de la compétition, les bookmakers cotaient le Brésil à 2 contre 1 et l’Uruguay à 25 contre 1. Comme l’édition suivante de 1954, cette Coupe du Monde 1950 montra qu’en sport, il n’existe pas de certitude absolue, et que tout favori sur le papier doit le confirmer sur le terrain …


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9 réactions à cet article    


  • troletbuse troletbuse 29 novembre 14:34

    Vous avez attendu que Micron sème sa merde pour divertir le bas peuple. Comme c’est bizarre.


    • Axel_Borg Axel_Borg 30 novembre 07:39

      @troletbuse,

      Jupiter Macron n’était pas encore à l’ENA que j’écrivais déjà, et il sortait à peine de son rôle de secrétaire de luxe d’Attali que j’écrivais sur feu Sport Vox avant d’atterrir sur Your Zone puis enfin d’arriver ici ...

      Quelqu’un m’a déjà fait cette remarque ... Mais la plèbe a déjà ce qu’il faut en la matière : TF1 et M6 ...

      Et je ne pense pas que mes articles soient « accessibles » au blaireau de base qui lit L’Equipe et regarde Téléfoot comme un évangile du dimanche matin ...


    • Bernie 2 Bernie 2 29 novembre 20:37

      Vous allez toutes nous les faire ?

      J’ai compté sur mes doigts, il y en a encore 17... On est pas rendu.

      Même morice n’avait pas ce rendement, pourtant même profusion, à la limite, trop. A boire, à manger, c’est tellement riche que ça part dans tous les sens. Et souvent, vous rajoutez un commentaire de précision.

      C’est plus qu’indigeste indigeste, c’est juste, un doliprane 1000 après, une claque sur les c... et au lit.

      Mais je salue l’acharné du sport ( pas ma tasse de thé, désolé ). On voit plus votre pote Guga, il a compris lui qu’ Ago n’était vraiment pas la plateforme pour les fans de sport ?

       smiley



      • troletbuse troletbuse 30 novembre 01:08

        @Bernie 2
        Ben oui, 2 réactions dont la mienne +1 et la votre. On est tous des vieux qui n’avaient pas de télé et pour les fanas de sport -devant la télé même une guerre les laisseraient indifférents. Qui a dit il y a très longtemps : du pain et des jeux. De la prémonition. Certains pourront vous réciter les noms de tous les goals de l’équipe de France et les scores sans connaître le nom du président ou du premier ministre. De vrais citoyens. C’est bien ce que le pouvoir recherche.


      • troletbuse troletbuse 30 novembre 01:09

        @troletbuse
        C’était pour l’auteur.


      • Axel_Borg Axel_Borg 30 novembre 07:52

        @troletbuse, discutons politique alors puisque tu tombes dans le cliché bien français de considérer qu’aimer le sport c’est être un beauf, un jacky, ou tout autre terme de mépris de classe qui ne va pas beaucoup plus loin que le bout de son nez.

        J’ai chez moi énormément de bouquins de sport... mais autant sur le cinéma, la politique, l’Histoire, l’économie, les voyages, la musique et j’en passe ... ce n’est pas incompatible !

        On peut aimer l’Histoire du sport sans être un pauvre type qui ne vit que pour le PSG ou l’OM, crois moi ... Un normalien qui avait écrit un excellent livre sur le football dans les nations avait été snobé par feu la librairie la Hune de Saint-Germain. Pourquoi tant de mépris ? Le sport a été élevé au rang d’art noble par les Grecs, et globalement repris par les Britanniques dans l’ère moderne.

        C’est bien français que de poser des étiquettes en 2 minutes sur quelqu’un. Il est temps, comme le PS sur l’économie de marché, de faire son Bad Godesberg et de comprendre qu’on peut aimer le football sans être un beauf ... Tu pourras lire l’excellent livre d’Arnaud Teyssier sur Philippe Seguin, grand amateur de ballon rond et accessoirement énarque ... « Philippe Seguin, le remords de la droite »

        Allez je te pose l’article politique qu’on m’a refusé (censuré ?) récemment, « Le Monde n’attendra pas la France »

        Kafka, Pavlov, Freud ... Tous devraient se pencher sur le cas de la France, ce pays qui refuse de se soigner, ce grand malade qui s’ignore avec des médecins qui rappellent plus Diafoirus et les saignées des médecins de Molière que des sommités digne du caducée, le serment d’hypocrites que le serment d’Hippocrate ... Mais que les Français retiennent une chose : les réformes, c’est comme le retrait des dents de sagesse : plus on attend, plus cela fait mal ! Au lieu de ça, notre administration pléthorique ne cesse de croître, allant à rebours de la célèbre phrase de Georges Pompidou sur les normes face au jeune bulldozer Chirac : Arrêtez d’emmerder les Français ! Jacques Chirac était venu lui apporter une pile de décrets à signer : Il y a trop de lois, il y a trop de textes, trop de règlements dans ce pays ! On en crève ! Laissez-les vivre un peu et vous verrez que tout ira mieux ! Foutez-leur la paix ! Il faut libérer ce pays

        Jean Monnet avait bien résumé la situation en 1976 dans ses mémoires : Le choix est simple : modernisation ou décadence. Le dernier budget à l’équilibre dans notre cher Hexagone date de 1974. Personne ne semble s’en émouvoir, et la dette explose ...

        Les rares politiques disant la vérité (Bayrou en 2007, Fillon en 2017) n’ont pas su convaincre le peuple, car les Français préfèrent les hommes politiques aux hommes d’Etat, ceux qui privilégient les prochaines élections aux prochaines générations. Chacun, de l’électeur à l’élu national en passant par syndicats, lobbies, partis politiques et élus locaux, privilégie son petit pré carré, son intérêt particulier, et les réformettes se diluent dans le formol.

        L’urgence est de réformer les Institutions, de supprimer le poste de Premier ministre et d’aller vers un régime présidentiel à l’américaine où le Président sera responsable et comptable de sa politique devant un Parlement fort, non pas divisé mais uni avec une seule Chambre, ce qui signifierait la disparition du Sénat. Sans oublier une vraie représentativité, non par de la proportionnelle qui bloquera toute initiative gouvernementale mais par le fait que l’on se puisse se mettre en disponibilité pour un mandat électif auprès de son entreprise, afin d’éviter d’avoir toujours le même échantillon au Palais Bourbon (médecins, avocats, hauts fonctionnaires et énarques ... )

        Ensuite il faudra s’attaquer à l’économie à la hache, quitte à se faire traiter de Thatcher des années 2020 : relèvement des seuils sociaux, suppression de l’IFI, refonte totale du code du travail et du code des impôts (suppression de 90 % des niches, des tranches de l’IR décourageant tout mérite ...), des retraites avec un système unique et non ce capharnaüm où chacun suspecte (à raison) le voisin de gagner plus en pension pour une cotisation moindre, combattre l’assistanat par une véritable incitation au retour à l’emploi et au fait de pouvoir tant d’offres non pourvues ....

        En fiscalité, le seul principe qui vaille est d’avoir des taux bas et une assiette large, puisque nous sommes en économie ouverte. Le monde a changé depuis les années 40 et les réformes instaurées par Vichy puis par le gouvernement gaulliste-communiste à la Libération, il faut l’admettre au lieu de gémir. Avec ses symboles contre-productifs comme l’ISF, la taxe à 75 % ou la retraite à 60 ans, la France a fait fuire les investissements, et le train du Brexit passera par Dublin ou Francfort plus que par Paris. Arrêtons ce vieux complexe d’Oedipe sur l’argent et la réussite, arrêtons de décourager ceux qui ont réussi en les faisant fuire par un enfer de normes et de contraintes, sans parler de la jalousie maladive de la plèbe.

        Le sacro-modèle social français ne marche plus depuis belle lurette, et certains doivent l’admettre, se regarder dans le miroir. A quoi sert de remettre plus d’argent dans une machine cassée ? Toujours plus d’impôts car toujours plus de dépenses pour toujours plus de déficits et dette, à l’inverse de pays qui ont su se redresser comme la Suède ou le Canada, voire l’Allemagne qui a cependant de graves problèmes di’nvestissement et de démographgie. Engageons donc de vrais coupes par des réformes structurelles et pas juste des réformes paramétriques sur l’âge de la retraite, et qu’on ne vienne nous pas parler d’austérité dans un pays qui n’a jamais réduit ses dépenses publiques, de Mitterrand le Sphinx florentin à Flamby Hollande en passant par le roi fainéant Chirac ou Sarkozy l’énervé. Arrêtons aussi les usines à gaz permanentes comme les 35 heures où l’on paie une première fois les RTT puis une deuxième fois les heures supplémentaires défiscalisées ... Arrêtons aussi l’hypocrisie sur l’Etat qui ne peut pas tout régenter, et surtout pas les entreprises en difficulté, avec le climax de l’épisode d’achat de rames de TGV pour Alstom Belfort par une SNCF qui n’en avait pas besoin. Le respect du contribuable est-il un tabou dans cette société ? Le mot « contribuable » est-il quelque chose qui a un sens autre que celui de vache à lait ? Solidarité, oui, assistanat et redistribution façon Chavez ou Castro, non. Le communisme mou (car on y est à presque 60 % de depenses publiques ramenées à notre PIB) a vécu, ne parlons pas de libéralisme dans un pays qui est aux antipodes de vrais bastions libéraux comme Hong Kong ou Singapour : Cuba sans le soleil ...

        Supprimons toutes ces couches de mille-feuille administratif entre Etat, régions, départements, cantons, communautés de communes et communes afin d’investir réellement dans la France de demain : infrastructures (le drame de Gênes montre que jouer avec les probabilités a sa limite) de transports, construction de logements en masse au lieu de subventionner la demande par une APL contre-productive (aidons plutôt l’offre puisque problème d’offre !) et investissements dans l’économie verte (pas le paravent des éoliennes ni de la voiture électrique aux batteries hyper polluantes).

        Le reste des coupes budgétaires ira dans la poche des Français pour la consommation des ménages. Jacques Marseille l’écrivait en 2002-2003 dans le grand gaspillage, et chaucn doit être persuadé : on peut gagner 20 ou 30 % sur les coûts de fonctionnement de l’Etat sans renier, vu les doublons (voire triplons) innombrables entre les différents découpages du territoire, sur la qualité de service. Incroyable France qui possède les dépenses publiques les plus élevées de l’OCDE et le 2e taux des prélèvements obligatoires, mais où l’argent manque pourtant cruellement façon Tonneau des Danaïdes : pas de moyens à l’hôpital, à l’école ou dans la police ainsi que la gendarmerie. Certains fonctionnaires achètent leur propre matériel de bureau voire informatique, on se croit chez Ubu mais c’est la triste réalité de cet Etat gabegie ... Mettons fin à ce gaspillage dont la note sera payée par nos enfants, car tout se paie un jour ou l’autre, demandez aux Grecs, aux Islandais ou aux Argentins, dans trois des pays les plus violemment touchés par des récessions depuis 30 ans.

        Il faudra aussi mettre un terme au laxisme sécuritaire et que l’autorité de l’Etat soit restaurée. En d’autres termes, que l’Etat arrête son interventionnisme économique souvent catastrophique (en témoignent ses participations dans de grandes entreprises nationales) et retrouve son vrai rôle de gouvernant sur le régalien, en aidant policiers, gendarmes, juges et militaires. Que les zones de non droit qui pullulent, du 93 francilien aux banlieues nord de Marseille en passant par NDDL ou la Corse, voient leur superficie réduite à zéro et que la peur enfin change de camp, avec une prison qui n’enseigne pas la délinquance aux voleurs d’autoradios, mais la réinsertion sociale par un métier, de la rédemption et des compétences ...


      • Axel_Borg Axel_Borg 30 novembre 07:53

        Quant à l’Education Nationale, remettons nos familles au coeur du système, que chacun soit responsabilité sur la réussite de son enfant. La gratuité ne signifie pas qu’on doive se laver les mains sur l’instruction de son enfant. Le meilleur professeur du monde ne peut rien fair si la famille ne montre pas l’exemple à son enfant, et le sens des mots respect, travail, effort et autorité. Le mammouth (comme le reste de la fonction publique) doit aussi se réformer en se régionalisant et en passant à un système vraiment motivant avec une véritable gestion de carrière.

        C’est en mettant fin à ce chômage de masse et cette inertie que la France pourra retrouver sa crédibilité en Europe et dans le monde, peser face à l’Allemagne dans l’UE et face au reste du G20 (Etats-Unis, Chine) sur l’environnement et l’urgence climatique. Car plus personne n’écoute ce vieux pays nombriliste aux atouts pourtant nombreux (TGV, parc nucléaire, démographie bien plus vive que nos voisins, grandes entreprises reconnues mondialement, littoral méditerranéen sans oublier nos DOM TOM ...) qui n’existe que par son lien colonial persistant avec l’Afrique via le franc CFA, par son porte-avions nucléaire Charles de Gaulle et par son droit de veto au Conseil de Sécurité de l’ONU.

        Sans cela, notre douce France, cher pays de notre enfance, ne serait qu’un figurant, même plus un second rôle au casting du grand feuilleton géopolitique d’un monde qui évolue et avance, pendant que nous faisons du surplace. En vertu de la relativité, nous reculons donc d’année en année, approchons du moment critique du film Titanic où la proue et la poupe se séparent (oui, nous avons déjà frappé l’iceberg depuis 1981 et l’élection de Tonton !)

        Puisqu’on parle de la relativité au pays qui vit au-dessus de ses moyens depuis quatre décennies, rappelons nous que le temps sera bien plus long si notre souveraineté (pas celle défendue par la PME familiale Le Pen, Mélenchon Bolivar, Ducon Aignan ou Philippot) est mise sous tutelle par le FMI et Bruxelles un jour ... Placez votre main sur un poêle une minute et ça vous semble durer une heure. Asseyez vous auprès d’une jolie fille une heure et ça vous semble durer une minute.

        A force de mater la jolie fille en sirotant un bon verre de Bordeaux, les Français n’ont pas vu qu’ils étaient assis sur un poêle qui se réchauffe d’année en année, comme notre bonne vieille Terre !

        Sans prise de conscience, la France fera comme notre bonne vieille compagnie Air France, symbole de notre inertie par la faute de ses capricieux pilotes, elle ne cessera de perdre de l’altitude jusqu’au défaut de paiement ...


      • Axel_Borg Axel_Borg 30 novembre 07:56

        @Bernie 2,

        Le principe d’une série est en effet d’aller à son terme. Mais pourquoi venir poster sur un article de sport si tu n’aimes pas ça ? J’ai du mal à comprendre là aussi ...

        Mais bon discutons politique, l’article mis en complément te fera sans doute plus réagir que le football de 1950 et le contexte géopolitique allant autour ...


      • Balkanicus 30 novembre 08:00

        @Axel_Borg

        N oublier pas sont atout principal, envier par toutes les nations ....

        Le poil dans la main !!!!

        Un peu d humour......... d espieglerie....... c est la vie de........bibi..........

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