• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Sports > Histoire géopolitique de la Coupe du Monde : Episode XVIII - 2006, Zidane (...)

Histoire géopolitique de la Coupe du Monde : Episode XVIII - 2006, Zidane rate sa sortie

En 2006, l’Allemagne de la nouvelle chancelière Angela Merkel reçoit la Coupe du Monde, arrachée en juillet 2000 face à l’Afrique du Sud et face à l’Angleterre. Le pays se prend à rêver d’une quatrième Coupe du Monde, dans la foulée des succès individuels de Michael Schumacher en F1 ou de Steffi Graf en tennis. Franz Beckenbauer, comme Michel Platini en 1998 pour la France, préside le comité d’organisation dans un pays qui a enfin digéré la réunification avec la RDA, racontée avec humour dans Good Bye Lenin en 2003. Le chancelier Schröder avait lancé en 2003 d’ambitieuses réformes qui feront de l’Allemagne l’économie la plus puissante de l’Union Européenne. Le tirage au sort, à Leipzig, en ex RDA, est grandiose … Les organisateurs ont rameuté à Leipzig des personnalités on ne peut plus prestigieuses (Pelé, Lothar Matthäus, Roger Milla, Johan Cruyff...), autour de la maîtresse de cérémonie, le mannequin Heidi Klum. L'audience télévisuelle est sans précédent, avec quelque 300 millions de personnes assistant au tirage dans près de 150 pays. On reprochera à l’Allemagne d’organiser la finale dans le stade olympique de Berlin, celui des Jeux Olympiques de 1936, ceux du nazisme. Ce point Godwin et raccourci facile fait oublier combien la ville a changé en 70 ans, ayant vécu tant de mutations, inspirant des artistes comme David Bowie (trilogie berlinoise Low, Heroes et Lodger) ou U2 (Achtung Baby). Une autre polémique concerne la prostitution. En effet, la maison close Artemis est créée en 2005 sur 3 000 m2 non loin du stade olympique de Berlin, et des locaux dédiés à la prostitution, équipés de douches et de distributeurs de préservatifs, sont installés à Cologne. C’est donc près de la Porte de Brandebourg, à Berlin, que se termine le dimanche 9 juillet 2006 la Coupe d’un monde où la paix reste encore un miroir aux alouettes, un vœu pieux. George Debeuliou Bush a déclaré unilatéralement la guerre à l’Irak en 2003. Comme son père, le locataire texan de la Maison-Blanche s’en prend donc à Saddam Hussein, ou plutôt à son pétrole … La France de Jacques Chirac, elle, a refusé de suivre les trois pays qui se sont illustrés comme autant de moutons de Panurge européens : le Royaume-Uni de Tony Blair, l’Italie de Silvio Berlusconi, l’Espagne de Jose Maria Aznar. Si le Cavaliere a vu son Milan AC retrouver le sommet européen en 2003 à Old Trafford, Aznar et son héritier désigné Mariano Rajoy prennent en pleine face le boomerang du mensonge en 2004 après les attentats de Madrid. Faisant croire au peuple espagnol que l’ETA est responsable du carnage d’Atocha, Aznar et Rajoy manipulent une opinion qui propulse, par le célèbre effet underdog, l’outsider socialiste Jose Luis Zapatero au pouvoir lors des élections législatives. En France, on retiendra la scène d’anthologie entre Colin Powell et Dominique de Villepin à New York, au Conseil de Sécurité, scène reprise par Bertrand Blier dans Quai d’Orsay avec Thierry Lhermitte … Deux ans plus tard, en 2005, le mandat de Jacques Chirac prend une tournure d’eau de boudin avec le veto des Français au raffarindum européen proposé par l’ennemi historique de J.C. : Valéry Giscard d’Estaing. Quelques mois plus tard, Jacques Chirac est victime d’un A.V.C. dont profite l’imitateur Gérald Dahan pour piéger Raymond Domenech et Zinédine Zidane par téléphone. Car Domenech a dû rappeler Zizou, ce jeune retraité du coq, au bercail ainsi que les tauliers Makélélé et Thuram. Grâce à Gérald Chirac alias Jacques Dahan, la France portera la main sur le cœur en Irlande. Une praline de Thierry Henry à Dublin propulse les Bleus, avant d’expédier les affaires courantes contre Chypre. ZZ alias McGyver sera le grand bonhomme de la Coupe du Monde 2006, malgré un premier tour moribond façon Baggio en 1994. Le prodige du Real Madrid, qui prend sa retraite sportive après le Mondial, se fait chambrer par les médias espagnols avant un huitième de finale où la France fait figure d’outsider : Vamos a jubilar Zidane. Le grand fauve est vexé dans son orgueil, il va sortir les griffes. La réponse du maestro a lieu sur le terrain, à Hanovre : 3-1 et une santé insolente ! Le taureau espagnol s’est vu porter l’estocade par Zizou, qui enchaîne ensuite par un récital digne de son flamboyant Euro 2000. Face au Brésil, la technique de velours de l’alchimiste originaire de Kabylie fait merveille. Sa passe décisive pour Thierry Henry envoie la France en demi-finale. Pour la première fois depuis 1982, l’Europe fait le Grand Chelem dans le dernier carré ! L’Argentine de Riquelme et le Brésil de Ronaldinho sont donc au tapis … Le Portugal de Figo cède sur un penalty de Zidane, tandis que l’Italie met fin à l’odyssée allemande à domicile. La France retrouve donc son voisin transalpin six ans après la fameuse finale de Rotterdam à l’Euro 2000, celle où Dino Zoff ont appris à reboucher une bouteille de champagne par la faute Sylvain Wiltord. La finale démarre sur les chapeaux de roue. Dès la troisième minute, la France ouvre le score sur un penalty de Zidane, qui s’offre une panenka face à Gianluigi Buffon ! Marco Materazzi égalise avant de provoquer Zidane par le biais de sa sœur. Comme en 1998 face à l’Arabie Saoudite, ZZ craque, assorti d’un coup de boule à la façon d’un Juventus – Hambourg en l’an 2000. Carton rouge. La France est à dix, orpheline de son maître à jouer. La pression française retombe jusqu’à la séance de tirs aux buts. Comme en 1994 à Los Angeles, la Coupe du Monde se joue sur un coup de dés. C’est l’Italie qui l’emporte, mettant fin à sa scoumoune dans l’exercice dans la compétition mondiale (face à l’Argentine en 1990, au Brésil en 1994 et à la France en 1998). La baraka italienne, notamment en défense, permet à Fabio Cannavaro de soulever le trophée. Malgré le scandale du Calciopoli touchant la Juventus de Luciano Moggi, malgré la tentative de suicide de Gianluca Pessotto le 27 juin au siège de la Juventus (jeune retraité, Pessotto était alors dépressif, sautant un rosaire à la main avant de s’écraser sur l’Alfa 147 du dirigeant bianconero Roberto Bettega) plus de onze ans après la mort d’une leucémie d’Andrea Fortunato en avril 1995, le sélectionneur Marcello Lippi a su souder son vestiaire autour de l’objectif suprême : une quatrième étoile sur le maillot de la Squadra Azzurra. A Berlin en 2006, Zidane, lui, perd, comme Maradona en 1990 Rome l’occasion d’un deuxième titre mondial. ZZ, héros du musée Grévin et de tant publicités, icône nationale ayant détrôné l’abbé Pierre, Yannick Noah ou Jean-Jacques Goldman en terme de popularité, perd un deuxième Ballon d’Or après celui de 2000. De son côté, Marco Materazzi sortira un livre intitulé Ce que j'ai vraiment dit à Zidane, livre qui recense 249 phrases humoristiques qu'il aurait pu prononcer à l'égard de Zidane. Le bénéfice des ventes est destiné à l'Unicef. Le geste du footballeur français a donné lieu à une sculpture de bronze d'Adel Abdessemed intitulée Coup de tête. Cette statue de plus de cinq mètres de hauteur a été exposée en 2012 place Georges-Pompidou, devant le centre national d'art et de culture Georges-Pompidou, à Paris. Deux coups de boule de Zizou, deux Ballons d’Or perdus, un pour Luis Figo en 2000 et l’autre pour Fabio Cannavaro en 2006, premier défenseur de métier à être élu par le jury de France Football … Car Franz Beckenbauer et Matthias Sammer étaient des milieux de terrain reconvertis en liberos libérés. Comme pour mieux clouer le bec à ceux qui lui cherchent des poux dans la tête, Fabio Cannavaro fera même le doublé avec le trophée du meilleur joueur FIFA de l’année. Le Napolitain gagne un surnom outre-Rhin : Il nuovo muro di Berlino. Science du placement, interventions tranchantes et charisme énorme : Cannavaro entraîne avec lui le onze italien au sommet du foot mondial, pour un quatrième titre derrière le Brésil (5) mais devant l’Allemagne (3). Comme en 1986 avec Michel Platini, la France du football, elle, va perdre son plus ambassadeur, Zinédine Yazid Zidane, qui lui, se consolera avec le titre de meilleur joueur de la Coupe du Monde, devant Fabio Cannavaro et un autre uomo squadra : Andrea Pirlo. Sur sa route, Totti et leurs coéquipiers auront éliminé les Socceroos australiens, qualifiés pour la première fois depuis 1974. Il faut dire qu’en 2003, un certain avait entrepris de conjurer la malédiction d’un sorcier de Maputo, au Mozambique, en 1969 ... Sur la route du Mondial 1970, l’Australie éliminé la Rhodésie (ancêtre du Zimbabwe) avant de se casser les dents sur Israël. Fin novembre 1969, un journaliste conseille aux Australiens d’aller consulter un docteur en magie noire. Ce dernier les reçoit dans l’arrière-cour d’un bordel de Lourenço Marques. Le match d’appui est gagné 3-1 par l’Australie sur la Rhodésie, le 27 novembre 1969. Mais le sorcier vaudou, convaincu d'avoir enterré à lui seul les espoirs rhodésiens, vient demander une récompense. Il réclame 1000 livres en cash. Refus catégorique. Même si nous avions voulu le payer, nous n'avions pas cet argent et je me demande bien où nous aurions pu le trouver, avoue Warren. Il s'est senti trahi. Il nous a poursuivis partout jusqu'à ce que nous partions. Il criait que s'il n'était pas payé, c'est sur nous qu'il allait jeter un sort et que nous serions touchés par une malédiction. Plus que la malédiction, c'est la complexité de l'acheminement des passagers entre l'Afrique subéquatoriale et le Proche Orient qui allait ruiner les espoirs des Socceroos dans un premier temps. Trois jours après leur victoire contre la Rhodésie, ils doivent disputer le match aller du duel décisif contre Israël, à Tel-Aviv. Ils vont mettre 36 heures pour arriver après un périple éreintant. Maputo-Johannesburg. Johannesburg-Luanda. Luanda-Lisbonne. Lisbonne-Athènes. Athènes-Tel Aviv. Johnny Warren n'en a rien oublié : Quiconque a voyagé à l'international peut imaginer dans quel état nous sommes arrivés. En plus, il restait moins de 24 heures avant le match. Deux de nos joueurs, Ray Baartz et Alan Marnoch, étaient si épuisés qu'ils n'ont même pas pu jouer. Dans l'ambiance intimidante de Ramat-Gan, l'Australie s'incline 1-0. Au retour, à Sydney, pour leur première et unique rencontre à domicile de ces éliminatoires, elle concède le nul (1-1). Adios Mexico. Nous étions dévastés. C'était la meilleure équipe de l'histoire de l'Australie et je pense qu'elle méritait de se qualifier. Neuf matches, huit à l'extérieur, une seule défaite... Nous avions donné quatre mois de notre vie pour rien. Ce fut très dur à encaisser. Si elle se qualifie pour l’édition 1974 en RFA, l’Australie devra ensuite attendre 2006, toujours en Allemagne, après des échecs contre l’Ecosse en 1986 sur la route du Mexique ou encore contre l’Iran en 1998 pour le Mondial français. Le journaliste anglais Declan Hill, lui, révélera en 2009 que quatre matches de cette Coupe du Monde 2006 auraient été truqués par les paris asiatiques : Italie / Ghana (2-0) au premier tour, Brésil / Ghana (3-0) et Angleterre / Equateur (2-0) en huitième de finale, Italie / Ukraine (3-0) en quart de finale … Dans un article traitant de la Coupe du Monde 2002, le London Evening Standard écrivait que la FIFA n’avait pas établi de règles particulières pour limiter le contact entre les footballeurs, les responsables et les bookmakers, durant la Coupe du Monde. La réponse de l’instance de Zurich était la suivante : la FIFA rejette l’idée que les footballeurs ou les responsables puissent être soumis à une quelconque tentation et disent que les joueurs veulent tous faire de leur mieux pendant la Coupe du Monde … La FIFA dit que les mesures de sécurité seront tellement sévères, qu’il sera impossible de contacter les footballeurs, les directeurs et autres responsables. Or Declan Hill avait pu entrer comme dans un moulin à l’hôtel des Black Stars ghanéens, camp de base situés à Würtzbourg, en Bavière ... Loin d’une citadelle gardée par un haut de niveau sécurité avec des accès contrôlés, le journaliste avait pu rentrer dans l’hôtel Maritim de la cité bavaroise comme un paparazzo, un tifoso ou … un truqueur …


Moyenne des avis sur cet article :  2.33/5   (6 votes)




Réagissez à l'article

2 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 2 mars 17:17

    Bonsoir, Axel

    Bof ! rien de surprenant : Zidane a été un grand footballeur sujet de temps à autre à des actes de voyou !


    • Axel_Borg Axel_Borg 3 mars 08:42

      @Fergus,

      Pour le voyou, tu fais référence à l’attitude de la famille Zidane contre Claude Droussent (rédacteur en chef de L’Equipe) dans la journée du lundi 10 juillet 2006 ?

      Ou à son essuyage de crampon sur un Saoudien dont j’ai oublié le nom à Saint-Denis en juin 1998, sans parler de ses deux coups de boule légendaires face à Kientz, un cerbère bien dépassé par la virtuosité du numéro 21 bianconero, et à Materazzi, provocateur né par contre (pas étonnant qu’il s’entendait comme le pouce et l’index avec José Mourinho du côté de l’Inter) ...

      Quant au génie, de la volée de Glasgow en 2002 au doublé de Lisbonne en 2004 en passant par tant d’autres gestes incroyables (lob de Séville en 1995, praline contre l’Inter en 1996, but contre l’Ajax en 1997, ce contrôle extérieur pied droit contre la Norvège à Marseille en 1998, but contre La Corogne en 2002 ...), tout a déjà été dit là dessus.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès