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Le Onze de Légende de la Hollande

Seule nation à avoir disputé trois finales sans jamais réussir à se hisser sur le toit du monde, la Hollande dispose pourtant d’un onze historique qui n’aurait pas grand-chose à envier à l’Allemagne, l’Argentine ou l’Italie, voire même au Brésil.

Autrefois flamboyante (championne d’Europe 1988, triple vice-championne du monde en 1974, 1978 et 2010, puis encore médaillée de bronze lors du Mondial 2014), l’équipe des Pays-Bas traverse néanmoins actuellement une crise sans précédent depuis le début des années 1980. Grande absente de l’Euro 2016, la sélection nationale batave, opposée cette année à la France à l’occasion de la phase de qualifications, pourrait hélas bien connaître pareille mésaventure dans la perspective de la Coupe du Monde 2018… Une inconfortable situation, synonyme de véritable aberration au regard des innombrables artistes, pépites et autres talents qu’elle a pu si souvent compter dans ses rangs ! Best-of.

Pouvant parfois paraître maladroit, ce portier à la silhouette longiligne a pourtant fait déchanter la plupart des meilleurs attaquants du monde pendant plus de vingt ans (1990-2011). Révélé à l’Ajax, puis poussé vers la sortie par un certain Gigi Buffon du côté de Turin, avant de connaître le purgatoire à Fulham, Van der Sar s’est ensuite brillamment imposé aux yeux des supporters des Red Devils comme le digne successeur de l’immense Peter Schmeichel dans la cage mancunienne. Garçon calme et intelligent, élu meilleur gardien d’Europe à quatre reprises, il excellait dans les interventions aériennes ainsi que par d’incroyables réflexes sur sa ligne. Double vainqueur de la Champions League (une victoire avec l’Ajax, une autre avec Manchester United), Edwin a aussi promené sa grande carcasse aux quatre coins du globe pour le compte de la sélection néerlandaise dont il est toujours, à l’heure actuelle, le recordman de capes avec quelques 130 apparitions au compteur. Son remplaçant : Hans Van Breukelen.

Assurément pas le nom le plus clinquant de ce nectar d’Oranjes… Et pourtant, si vous vous amusiez à taper son patronyme sur la toile, vous seriez surpris de constater que Wim Suurbier est souvent cité parmi les meilleurs défenseurs droits de l’histoire du jeu aux côtés des Cafu, Thuram et autre Zambrotta. Oui monsieur ! Septuple champion des Pays-Bas avec Amsterdam, le natif d’Eindhoven ne délaissa son club de cœur qu’à 32 ans passés. D’abord parti à Schalke, il fréquenta même par la suite les vestiaires de notre chère Ligue 1 via une pige « mi-figue mi-raisin » au FC Metz. Sans transition, il quitta alors la grisaille lorraine pour le soleil californien en rejoignant les Aztecs de Los Angeles à l’été 1979. Arrière latéral à l’ancienne, physique et rugueux, Suurbier était avant tout (avec ses trois Champions Leagues et ses deux finales mondiales au compteur) l’un des éléments clefs du « football total » pratiqué par les grandes équipes de l’Ajax et de la Hollande des années 1970. Son remplaçant : Michael Reiziger.

Légende de l’arrière-garde batave, Ruud Krol s’impose comme la référence dans le couloir gauche. A l’instar de Suurbier, le ballon de bronze 1979 s’est lui aussi forgé un palmarès conséquent au sein du grand Ajax des seventies : trois Coupes (1971, 1972, 1973) et deux Supercoupes (1972, 1973) d’Europe, une Intercontinentale (1972), six titres de champion et quatre Coupes des Pays-Bas ! Après avoir tout gagné à la maison, il fit un bref crochet par le Canada (aux Whitecaps de Vancouver), puis s’imposa à Naples comme l’un des meilleurs défenseurs du Calcio, où il fut même élu meilleur joueur étranger en 1981, avant de terminer sa carrière sous les palmiers de la Croisette, à l’AS Cannes, au milieu des années 1980. Principalement latéral ou libéro, Krol savait également se muer au besoin en un redoutable milieu récupérateur. Charismatique et influent, lui aussi finaliste des mondiaux 1974 et 1978, « Captain Rudi » était le leader défensif de son équipe. Son remplaçant : Giovanni Van Bronckhorst.

Ancien recordman de sélections et ancien joueur de champs le plus capé en équipe nationale avec 112 apparitions au compteur (records depuis battus par Van der Saar et Sneijder), ce solide défenseur détient toujours, avec 71 brassards à son actif, le record de capitanats à la tête des Oranjes. Issu de la génération dorée de l’Ajax, club avec lequel il remporta la Coupe UEFA 1992, puis le triplé « Champions League + Supercoupe d’Europe + Coupe Intercontinentale » en 1995, ce libéro/stoppeur, précis à la relance et doté d’une frappe de mule, a longtemps été considéré comme le digne successeur de Ronald Koeman au sein de la ligne défensive batave. Membre de l’importante colonie néerlandaise du FC Barcelone de Louis Van Gaal au début des années 2000, De Boer ne s’est hélas jamais vraiment imposé en Catalogne. Enfin, pour le compte de la KNVB, Frank a notamment été demi-finaliste du Mondial 1998 avant de se retirer sur une médaille de bronze obtenue à l’Euro 2004. Son remplaçant : Jaap Stam.

Joueur emblématique, double champion d’Europe 1988 aussi bien en club (PSV) qu’en sélection, ce robuste arrière central est connu de tous pour la puissance phénoménale de ses tirs. A ce sujet, le Barça lui doit d’ailleurs une Ligue des Champions, et non des moindres : la toute première remportée par le club catalan ! Petit flash-back : le 20 mai 1992 à Wembley, on jouait la 112e minute d’une finale fermée et pauvre en occasions entre le FCB et la Sampdoria, lorsque « Tintin » Koeman catapulta un missile (sur coup-franc) dans les filets du malheureux Gianluca Pagliuca ! Pouvant également évoluer dans l’entrejeu (milieu de terrain), Ronald a également été meilleur buteur de la C1 (! !!) en 1994 et peut, en outre, s’enorgueillir d’avoir marqué près de 250 buts officiels en carrière. Un chiffre absolument hallucinant pour un joueur à vocation défensive ! Autre particularité, il est l’un des rares à avoir évolué au sein des trois grands clubs de son pays (Ajax, Feyenoord et PSV). Son remplaçant : Danny Blind.

Formé à l’Ajax, puis passé par le Sporting Portugal et le Real Saragosse, c’est en 1988, alors tout juste auréolé de son titre de champion d’Europe, que Frank rejoignit les rangs du grand Milan. Le Surinamien d’origine se fondit alors directement dans le système de jeu du club lombard où il forma, cinq ans durant, l’un des milieux de terrain les plus solides et les plus redoutables du Vieux Continent aux côtés de Carlo Ancelotti et de Roberto Donadoni. Troisième membre du formidable trio milano-hollandais « Rijkaard-Gullit-Van Basten », le double ballon de bronze (1988 et 1989) était un élément puissant, précieux dans le jeu aérien et pourvu d’un bon bagage technique, qui imposait une grosse présence physique dans l’entrejeu pour grappiller une énorme quantité de ballons. De retour à l’Ajax en 1993, Rijkaard y conclut sa carrière en beauté, glanant une troisième C1 en 1995, qui plus est aux dépens du Milan, et ce, après avoir offert le but de la victoire à Kluivert. Son remplaçant : Edgard Davids.

Bien que natif d’Amsterdam, « Rudi » n’a jamais porté les couleurs de l’Ajax… Repéré dans la rue, puis au DWS, avant de passer professionnel à Haarlem, ce libéro de formation s’était reconverti en un brillant milieu de terrain offensif au Feyenoord Rotterdam, puis au PSV Eindhoven. Lauréat du ballon d’or au lendemain de son transfert à l’AC Milan en 1987, celui qu’on surnommait « La Tulipe Noire » était un footballeur aussi fort physiquement que techniquement. Demeuré polyvalent, il pouvait aussi bien évoluer en positions offensives que défensives. Lui aussi sacré champion d’Europe avec les Pays-Bas en 1988, Gullit fut également, en Lombardie, l’un des fers de lance de la formation d’Arrigo Sacchi avec laquelle il s’adjugea à peu près tous les titres possibles avant de filer à la Sampdoria, puis à Chelsea. Reconnaissable d’entre tous via ses longues dreadlocks, cet athlète, puissant et rapide à la fois, affectionnait les longues chevauchées et les frappes lointaines. Son remplaçant : Arjen Robben. 

« Johan » est visiblement un prénom béni des dieux chez nos amis bataves ! Surnommé « Johan II » par analogie avec le grand Johan Cruyff, dont il fut le meilleur et le plus fidèle équipier, Neeskens est l’autre mythe indissociable des plus grandes saisons de l’Ajax et de la Hollande des seventies. Infatigable travailleur de l’ombre, doté d’une lourde frappe de balle, ce relayeur de devoir et de savoir sortait du lot de par son activité débordante et son exceptionnelle capacité à cavaler un peu partout sur le terrain. Buteur (sur penalty) en finale du Mondial 1974, il ne put malheureusement empêcher la défaite des siens face à l’Allemagne de Beckenbauer, tout comme en 1978 face à l’Argentine de Mario Kempes. Parti rejoindre Cruyff et son coach Rinus Michels au FC Barcelone, le triple champion d’Europe et double vice-champion du monde évolua cinq saisons en Catalogne avant d’être l’un des pionniers à tenter, au Cosmos de New-York, l’aventure du soccer outre-Atlantique. Son remplaçant : Clarence Seedorf.

Van Basten, Van Nistelrooy, Van Persie… Avec autant de buteurs prolifiques, la particule est visiblement synonyme de fines gâchettes aux Pays-Bas. Ceci étant, parmi les trois énormes « sérial-scoreurs » précités, Marco Van Basten demeure la référence absolue. Soulier d’or européen suite à ses 37 pions plantés avec l’Ajax d’Amsterdam en 1986, MVB fut engagé par Berlusconi dès 1987. Auteur du but le plus important de l’histoire de la formation batave d’une reprise de volée carrément magique en finale de l’Euro 1988, « San Marco » était un avant-centre tout simplement excellent ! Deux fois sacré « capocannoniere » de la Série A, loué par la planète entière tant pour sa finesse technique que pour son remarquable sens du but, « Le Cygne d’Utrecht » a remporté (à l’instar de Johan Cruyff) la bagatelle de trois ballons d’or sous les couleurs milanaises. Hélas, une vilaine blessure brisa définitivement sa cheville et, par là même, sa carrière… à seulement 29 ans ! Son remplaçant : Patrick Kluivert.

Lancé par Cruyff à l’Ajax en 1986, Dennis Bergkamp s’y affirma (avec une moyenne supérieure à 0,5 but/match) comme un « neuf-et-demi » particulièrement efficace. Triple meilleur buteur d’Eredivisie (la L1 néerlandaise), le co-meilleur marqueur de l’Euro 1992 quitta son club formateur en 1993 après avoir remporté la Coupe des Coupes (1987) et la Coupe UEFA (1992). Technicien hors-pair, ballon de bronze en 1992, puis d’argent en 1993, il ponctua son passage à l’Inter par un second sacre en C3 en 1994. Quart-de-finaliste, puis demi-finaliste des Coupes du Monde 1994 et 1998, ce magicien fit ensuite le bonheur des Gunners d’Arsenal (on se souvient notamment de son chef d’œuvre signé face à Newcastle après avoir contourné le dernier défenseur sur une sorte de grand pont à l’envers). Meneur, créateur et finisseur à la fois, « l’homme qui ne prenait pas l’avion » est intrinsèquement (avec Cruyff et Van Basten) l’un des trois plus grands footballeurs hollandais de tous les temps. Son remplaçant : Wesley Sneijder.

Pour compléter cette équipe mythique, le Hollandais volant s’impose ! Considéré comme le meilleur footballeur néerlandais et comme l’un des cinq plus grands talents du football d’antan (aux côtés des Beckenbauer, Maradona, Pelé et autre Platini), Johan Cruyff, de par son aura et son charisme XXL, est le symbole absolu du foot-champagne que pratiquaient les Pays-Bas dans les années 1970. Archi-titré avec l’Ajax, « Le Prince d’Amsterdam » partit relancer un Barça jusque là moribond depuis une dizaine d’années… Finaliste malheureux du Mondial 1974, malgré des prestations pourtant époustouflantes, celui qui savait tout faire avec le cuir fut le premier joueur de l’histoire du jeu à remporter le ballon d’or à trois reprises. Passeur, buteur et dribbleur de génie, « JC » était un artiste balle au pied. Capitaine de caractère, devenu dans la foulée coach à succès à l’Ajax et au FCB, son décès (en 2016) a laissé un immense vide dans le cœur des supporters catalans et hollandais. Son remplaçant : Rob Rensenbrink.

Après avoir effectué l’intégralité de sa carrière à Amsterdam, cet ex-attaquant (121 buts en 269 matchs) prit les rênes de son club de toujours en 1965. Inventeur du « football total » (dont le principe est « tout le monde attaque, tout le monde défend »), Rinus Michels mena l’Ajax à la victoire en Coupe des Champions 1971, avant d’échouer à une petite marche du bonheur lors de la Coupe du Monde 1974. Passé par Barcelone, Los Angeles et Cologne, « Le Général » reprit en main les Oranjes en 1986, les menant même sur le toit de l’Europe en 1988, après avoir dompté l’Angleterre, l’Allemagne et l’URSS. Pince-sans-rire, autoritaire et adepte d’une condition physique irréprochable ainsi que d’un jeu tout en mouvement, cet ancien professeur de gymnastique fut à l’origine des centres de formation de l’Ajax et du Barça (La Masia). Reconnu comme étant l’un des plus grands précurseurs du football moderne, Michels a été élu « meilleur entraineur du XXe siècle » par la FIFA. Son remplaçant : Louis Van Gaal.

Lionel Ladenburger

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4 réactions à cet article    


  • Yvance77 Yvance77 31 août 12:52

    Bonjour,


    Equipe jolie mais uniquement sur le papier car déséquilibrée au milieu et en attaque. Et la défense du n’importe quoi. Rudy Krol est un libéro à l’ancienne, 

    Un Johnny Rep à l’aile (on vire Denis Berkamp) aurait eu mes faveurs en attaque et Overars pour une période plus récente. Au milieu, comment ne pas mettre E. Davis ou a défaut Resenbrink.



    • Lionel Ladenburger Lionel Ladenburger 31 août 14:41

      @Yvance77

      Bonjour Yvance et merci pour votre commentaire. 

       

      Je conçois volontiers que ce genre d’exercice (subjectif par excellence) soit sujet à débat.

       

      Ceci dit, pour le coup, je trouve quand même que cette équipe présente un bel équilibre entre attaque et défense.

       

      Vous mettriez Bergkamp sur le banc alors qu’il est certainement l’un des plus fins techniciens de l’histoire du jeu ? 

       

      Avec tout le respect (et l’admiration) que j’ai pour Johnny Rep, je trouve quand même que Bergkamp lui était nettement supérieur.

       

      Pour Krol, effectivement, son poste de prédilection était celui de libéro, mais avec De Boer, Koeman voire même Jaap Stam, il y avait déjà embouteillage dans l’axe.

       

      Edgar Davids était un milieu monstreux, tout comme Clarence Seedorf, mais il fallait choisir et j’ai opté pour le tandem Rijkaard-Neeskens. 

       

      Je ne suis d’ailleurs visiblement pas le seul à préférer cette option : http://www.oldschoolpanini.com/2010/12/la-meilleure-equipe-de-hollande-de-tous.html

       

      Enfin pour Rensenbrink, super joueur certes… Ceci dit, il n’était pas milieu de terrain mais attaquant (ailier gauche ou avant-centre).

       

      http://www.national-football-teams.com/player/17100/Rob_Rensenbrink.html


    • OMAR 1er septembre 11:39

      Omar9

      Bonjour @Lionel

      J’aurai préféré la Hollande de Cruyff, Haan, Neeskens, Rep et autre Krol.
      La seule équipe à donner le torticolis aux caméras et spectateurs, tellement le jeu se déroulait essentiellement dans la surface adverse.
      Mais bon, celle que vous présenter est aussi bonne, le jeu étant moins total et beaucoup plus plaisant.
      Alors, merci pour votre article, il me ramène de très bons souvenirs..,


      • Saka20 Saka20 1er septembre 15:04

        A mon humble et personnel avis, Seedorf manque dans cette liste.

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