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Le Vendée Graal

 

Le Vendée Globe de Damien Seguin. Un bel anniversaire. Le skipper en situation de handicap, a fait des « pieds et des mains  » pour faire le tour du monde. Sacré défi. Son Graal ? Le Vendée Globe dont il a triomphé il y a un an, fin janvier 2021 ! 

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Damien Seguin, champion paralympique, participant du Vendée Globe. © Robin Christol Auteur du portrait : PLuton, journaliste

 

Skipper

Il y a près d’un an, Damien Seguin a réussi l’exploit de terminer son premier Vendée Globe à une bonne place. Il est devenu le premier skipper en situation de handicap à réaliser cette performance, salue le site officiel du comité paralympique français. Son bateau, Groupe Apicil, a franchi le jeudi 28 janvier 2021, à 11h18, très précisément, la ligne d’arrivée aux Sables d’Olonne. Il aura passé 80 jours, 21 heures, 58 minutes et 20 secondes en course. Un exploit pour une Première ! Il est classé 7e, à environ 18 heures du premier, Yannick Bestaven.

Des pieds et des mains

A 41 ans, il a réalisé un rêve. Le 8 novembre 2020, avant de se lancer dans la course, il proclamait : « Je vais laisser tous les miens sur le quai. Partir sur cette course, ça peut paraître égoïste, pas simplement par rapport à la famille mais aussi toute l’équipe. Il faut garder à l’esprit que ça reste une course, un jeu et qu’on a beaucoup de chance. Pour eux aussi, je me dois de revenir. Chaque jour, je me lève et je vais sur mon bateau, et je me dis que je fais le plus beau métier du monde », relate Eric Cintas*, son biographe. Avant de rappeler sa citation favorite : « il ne faut jamais remettre à deux mains ce que l’on peut faire avec une seule.  »

Vendée Globe

L’auteur raconte les débuts de Damien qui naît prématuré à Briançon le 3 septembre 1979 avec une agénésie (sans la main gauche). Son père s’absente le temps de tester, avec une seule main, voiture, VTT et escalade. Il revient triomphant : « on peut conduire et pédaler avec une seule main… il pourra tout faire !  » Cette vision de la vie, on la retrouvera, bien des années plus tard, « dans la carrière de son marin de fils et dans sa manière de naviguer.  »

Tour du monde

Cintas revient dans le détail sur cette vie hors norme. De ses débuts sur l’eau en Guadeloupe, et notamment ses déboires face aux organisateurs de la Solitaire du Figaro en 2005. Ils ne veulent pas qu’il concoure. Une déception qui l’amène à créer une association. Il la baptise d’une expression qui le définit tant il s’accroche pour obtenir ce qu’il désire : « Des pieds et des mains ». Son but ? Développer l’accès des personnes en situation de handicap aux sports nautiques. On lui interdisait de participer à une course alors qu’il avait gagné les Jeux olympiques !

Graal

« Je n’ai jamais mis de limite à ce que je faisais. Depuis que je suis tout petit, j’ai toujours pris
le parti de faire ce que je voulais malgré mon handicap.
 » De fait, il a été tout à la fois champion du monde en 2,4 mR (4,20 m) en 2005, en 2007, 2012, 2015 et 2019. Il a fini par participer 3 fois à la Solitaire du Figaro, 4 à la Route du Rhum et 3 à la Transat Jacques-Vabre dont la dernière en 2019. Il a été médaillé aux Jeux paralympiques avec l’or à Athènes (2004), l’argent à Pékin (2008) et encore l’or à Rio (2016).

Damien Seguin, marin passionné

En 2017, il rencontre le groupe Apicil qui décidera de sponsoriser son bateau pour le Vendée Globe. Il le choisit dans les chantiers de Jean Le Cam. Un Imoca à la barre duquel François Cluzet a tourné En solitaire. Le monocoque est remis à l’eau le 12 juin 2020 juste après le 1er confinement. « Marin passionné, talentueux, d’une volonté de fer », dira un de ses collaborateurs. Pour lui, le Vendée Globe, c’est le Graal, de longue date.

Sacré défi

Deux ans après les Jeux de Rio, sa décision est déjà prise « il fera cette course, il sera le premier marin handicapé à faire le tour de la planète en solitaire », souligne son biographe. Le champion témoigne que le handicap n’est pas un frein, il veut montrer aux parents qui ont des enfants handicapés que le sport permet de s’en sortir. Eric Cintas offre cette conclusion imagée à Philippe Croizon : « qu’il prenne le départ du Vendée est un truc de fou, la cerise sur le gâteau. S’il y arrive, la cerise se transformera en pastèque et fera éclater le gâteau, et on va se
régaler.
 » Il y est arrivé !

PLuton

Découvrir ce portrait de Damien Seguin sur A part entière

© Robin Christol

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5 réactions à cet article    


  • Sergio Sergio 1er février 18:41

    Bonsoir

    Je suis très intéressé par la voile, j’ai suivi Damien Seguin pendant le Vendée Globe ainsi qu’Armel Tripon. Tous les deux m’ont impressionné, l’un par son abnégation à la souffrance et sans plainte, l’autre par son discours éternellement positif, nous mettant en phase avec la beauté de la nature et la chance de pouvoir participer.

    Malheureusement je constate que les médias et sponsors font que cette course soit une démonstration in situ de la plus grande souffrance en direct, de l’addition des plus gros ennuis, des plus hautes escalades de mât, enfin le drame.

    Cela n’enlève en rien à la performance de ces marins, qui sont à la fois hommes de mer et investisseurs, qui doivent vendre aux quatre coins de la France leur projet de navigation, et souvent en s’endettant.

    J’ai vu dernièrement Eugène Riguidel, quel engagement ! je me souviens d’avoir côtoyé aux Saintes Florence Artaud, j’y ai travaillé comme moniteur de plongée, elle sermonnait une personne qui laissait couler l’eau d’un robinet ; cela me surprit à l’époque mais après réflexion, cela révélait toute la difficulté à appréhender la valeur de l’eau sur une île qui dépendait du continent pour boire, et de la précieuse quantité d’eau potable sur un bateau probablement sans désalinisateur. Ces gens là nous apprennent à regarder simplement la mer, et y découvrir des aventures à l’horizon de nos rêves.

    Cordialement


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 1er février 19:36

      Bravo !!!


      • Sergio Sergio 1er février 19:59

        @Aita Pea Pea

        Toi tu traines partout où il y a la mer, pour moi tu as cette valeur. Tu me fais penser aux martiniquais, entiers et pas de portes d’entrée sur le côté. Tu n’es pas complaisant quand tu parles des passes et de la mer de chez toi, tu sais parler aussi des hélices, j’en ai vu beaucoup en méditerranée et aussi des poubelles au fond des calanques, quoiqu’en disent certains.
        Je reviens du Crotoy, il faisait très froid, je pensais aux pêcheurs, il faut un sacré mental pour bosser sur la mer, je ne pourrais plus, plus assez de mental, je vieillis quand même. 


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 1er février 20:11

        @Sergio
        Salut. Toujours vécu proche de l’eau salée , m’en eloigner et suis malheureux...Au Crotoy tu as vu le coup de vent d’hier ? Serais bien allé sur Wimereux pour prendre un coup de petitesse face à mère nature .


      • J’ai moi-même fait de la voile en Yougoslavie. C’est un homme amputé d’un bras qui nous a mené à bon port... Un des mes proche a traversé l’ATLANTIQUE, de Calais à New-YORK seul en voilier...

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