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Quel sera le premier tennisman né dans les années 1990 à gagner un tournoi du Grand Chelem ?

Alors que chez les filles, Garbine Muguruza et Jelena Ostapenko ont déjà ouvert le compteur de leur génération en Grand Chelem, chez les garçons en revanche, cette même génération 1990 accuse un sérieux retard à l’allumage…

Qui sera donc le premier joueur né dans les années 1990 à remporter un trophée majeur ? Eléments de réponse via ce dossier sous forme de passage en revue des dix prétendants les plus sérieux de la génération « nineties ». 

La plupart des amateurs de tennis ont découvert ce jeune joueur originaire du Plat Pays lors de sa première participation à un tournoi du Grand Chelem, à Roland-Garros, en 2012. Bien qu’éliminé au dernier tour des qualifs par le Portugais Joao Sousa, David avait alors bénéficié du forfait de Gaël Monfils pour être repêché. Et c’est en tant que « Lucky Loser » qu’il avait ainsi crée la surprise en se débarrassant de Stepanek, Clément et Kubot, avant de buter (avec la manière) sur un certain Federer à qui il aura quand même réussi à chiper un set ! Bon tacticien, capable de prendre la balle très tôt, Goffin a ensuite confirmé cette performance initiale via des victoires de prestige (notamment face à Wawrinka et Djokovic), deux quart-de-finales en Grand Chelem (RG 2016 et AO 2017) et deux titres ATP (Kitzbühel et Metz). Ceci dit, avec son physique et son jeu similaires à Gilles Simon, le finaliste de la Coupe Davis 2015 semble malgré tout un peu léger pour pouvoir un jour soulever un trophée du GC.

Pour l’heure, il est celui qui a été le plus proche d’ouvrir le compteur de la « génération 1990 » en Grand Chelem. Vainqueur de Federer en demi-finale de Wimbledon 2016, le Canadien s’était néanmoins montrer impuissant en finale face à Andy Murray. Qu’à cela ne tienne, ce n’est certainement que partie remise pour le grand serveur originaire du Monténégro. Capable de délivrer des premières à plus de 230km/h, le natif de Titograd (Podgorica aujourd’hui) s’appuie en outre sur un coup droit extrêmement puissant qui rappellent ceux de l’Américain Andy Roddick ou encore de l’Australien Mark Philippoussis. Véritable bête de travail, Milos Raonic peut également s’enorgueillir d’un paquet de victoires face à des vainqueurs de Grand Chelem de la trempe d’Andy Murray, Roger Federer, Rafael Nadal, Stan Wawrinka ou encore Juan-Martin Del Potro. En revanche, son ratio victoires/défaites en finale (8/13) ainsi que sa relative fragilité physique (il est souvent blessé) ne plaident pas en sa faveur. 

Comparé dès son plus jeune âge à Federer, Dimitrov possède (à l’instar du Maestro) toute la panoplie du parfait tennisman : un bon service, un coup droit millimétré, un revers varié, une grosse couverture et un jeu d’attaque particulièrement incisif… Le tout, auréolé d’une technique très largement au-dessus de la moyenne ! Alors pourquoi l’ex-compagnon de Maria Sharapova n’a-t-il pas encore débloqué son compteur en Grand Chelem ? D’aucuns évoquent son appétence pour les conquêtes féminines, ainsi qu’un mental en dents de scie doublé d’une certaine inconstance dans sa capacité à reproduire encore et encore les efforts nécessaires à l’entrainement… La vérité est probablement un mix des trois. Ceci dit, jusqu’ici et comme tant d’autres, le Bulgare aura avant tout été l’une des innombrables victimes de l’hégémonie du « BIG 4 ». Par conséquent, à Wimbledon ou ailleurs, avec le déclin programmé des trentenaires, « Baby Federer » devrait tôt ou tard finir par s’imposer en GC.

Ancien pur défenseur reconverti attaquant de fond de court sous la houlette de son coach Gunther Bresnik, Dominic Thiem présente en outre la particularité (de plus en plus rare) d’avoir abandonne son revers à deux mains au profit d’un revers à une main. Spécialiste de la terre-battue, tout comme son compatriote Thomas Muster avant lui, l’alpiniste du circuit ATP (il adore aussi le ski) a déjà atteint à deux reprises le stade des demi-finales à Roland-Garros, ne s’inclinant à chaque fois que face au futur vainqueur du tournoi parisien (Djokovic en 2016 et Nadal en 2017). Doté d’un coup droit dévastateur, d’un revers très efficace en retours et d’un des services les plus rapides du circuit (pouvant atteindre les 225km/h), « Dominator » est le seul joueur de sa génération à compter des victoires face à Federer, Nadal, Djokovic, Murray et Wawrinka à la fois. Sérieux, en constante progression, l’Autrichien semble promis à triompher un jour à Paris, voire même aussi (au moins une fois) à New-York et/ou en Australie.

Cocorico ! Il fallait bien un Français dans cette liste de « rookies ». Né d’un père français et d’une mère finlandaise, Lucas Pouille, à l’instar du skieur Alexis Pinturault (dont la maman est Norvégienne), semble avoir ce petit supplément de sang-froid, propre aux Vikings, qui fait si souvent cruellement défaut aux Gaulois ! De fait, le natif de Grande-Synthe gère plutôt bien la pression comme le démontre son excellente aptitude à sortir ses meilleurs services et autres coups gagnants sur balles de break. Puncheur du fond de court, dur au mal, ce boulimique d’entrainement a accompli ces dernières saisons un travail exceptionnel aux côtés de son mentor Stéphane Planque pour se hisser aux portes du « Top 10 ». Tombeur héroïque (en cinq sets) de Rafael Nadal à l’US Open 2016 puis titré à Metz après avoir étouffé Dominic Thiem en finale, le Nordiste, vainqueur de ses trois titres ATP sur trois surfaces différentes (dur, terre-battue et gazon) est un joueur complet, mais il doit encore s’étoffer pour espérer plus.

Avec Benoît Paire et Fabio Fognini, Nick Kyrgios est l’un des bad-boys du tennis planétaire. Révélé en 2014 par le biais de sa victoire sur Rafael Nadal à Wimbledon, l’enfant terrible de l’ATP a déjà battu au moins une fois, à l’exception d’Andy Murray, la plupart des cadors du circuit (Djokovic, Nadal, Federer, Wawrinka, Berdych). Branché sur courant alternatif, ce garçon taciturne est capable du meilleur comme du pire (on se souvient notamment de son altercation minable avec Stan Wawrinka). Adepte d’un style de jeu spectaculaire et résolument offensif, l’Australien d’origine gréco-malaisienne peut ainsi faire tomber quasiment n’importe qui lorsqu’il est dans un grand jour. Hélas, au même titre que Marat Safin en son temps, son talent ne s’entrevoit malheureusement que trop souvent par intermittence. Joueur d’instinct, passionné de basket plus que de tennis, le natif de Canberra devra apprendre à canaliser sa fougue s’il veut pouvoir un jour décrocher au moins un GC.

Encore méconnu du grand public, Khachanov s’est signalé aux yeux des fans de la petite balle jaune en 2016 via son parcours victorieux lors de l’Open de Chengdu (en Chine). Alors classé 101e mondial, ce grand (1,98m) Russe d’origine arménienne avait en effet créé la surprise en déboulonnant, sans trembler, quatre têtes de séries (Joao Sousa, Feliciano Lopez, Viktor Troicki et Albert Ramos-Vinolas) pour s’offrir le premier trophée ATP de sa jeune carrière. Cette année, Karen a poursuivi sur sa lancée en s’offrant les scalps respectifs de David Goffin à Monte-Carlo, puis de Thomas Berdych et John Isner à Roland-Garros. Alors certes, par rapport aux autres espoirs cités ici, « KK » est certainement celui qui compte (pour l’heure) le moins de grosses références. Ceci dit, ses progrès notables et son mental d’acier couplé à son style de jeu agressif font du Moscovite l’une des grandes promesses des saisons à venir (à l’instar de ses compatriotes Andrey Rublev et Danil Medvedev).

Parvenir à continuer à progresser et confirmer quand les projecteurs ont été braqués très jeune sur soi, tel est le défi que doit relever Borna Coric. Révélé à seulement 17 ans par ses surprenantes victoires sur Rafael Nadal et Andy Murray en 2014-2015, le jeune Croate cherche en effet depuis ses débuts ô combien prometteurs à résoudre cette équation des plus complexes. Joueur de fond de court, aussi solide en coup-droit qu’en revers, le natif de Zagreb n’a encore jamais dépassé le stade du troisième tour en Grand Chelem, pas plus que celui des quart-de-finales en Masters 1000. Ceci étant, ses doubles succès obtenus face à Nadal et Murray ont amené de nombreux observateurs de la planète-tennis à le considérer comme un potentiel futur champion en puissance. Membre du Top 50 depuis trois ans, vainqueur de son premier titre ATP cette année (victoire face à Kohlschreiber à Marrakech), le finaliste de la Coupe Davis 2016 doit désormais gagner en régularité.

Voilà la grosse cote du moment ! Attaquant de fond de court au jeu très agressif, longiligne (1,98m) et pourvu d’un service très rapide aussi bien en première qu’en deuxième balle (son second engagement dépasse souvent les 190km/h), « Sascha » Zverev est issu d’une famille de tennismen. Bien encadré par son père (ancien professionnel soviétique) et son grand frère (Mischa), le joueur hambourgeois a déjà fait sauter un verrou cette saison, grillant ainsi la politesse à ses aînés, en devenant le premier homme né dans les années 1990 à remporter un (Rome) puis deux (Montréal) Masters 1000. Alors certes en Grand Chelem, Alex n’a pas encore franchi le cap des huitième-de-finales, mais gageons qu’il y parviendra sans doute sous peu. Travailleur, modeste et persévérant, le jeune Allemand d’origine russe a visiblement toutes les cartes en main pour devenir l’un des patrons du tennis mondial de demain.

C’est la dernière pépite issue de la génération 1990. Jusqu’ici plus connu pour avoir failli rendre borgne un arbitre (énervé, il avait involontairement balancé une balle en pleine tête du juge de chaise lors d’une rencontre de Coupe Davis) que pour ses performances sur le court, « Denis La Malice » (18 ans) est sorti du bois de façon tonitruante à l’occasion du dernier Open du Canada. Déjà invité en 2016 à Toronto où il avait éliminé Kyrgios, le gaucher blondinet au subtil revers-à-une-main a récidivé cette année au Québec en se débarrassant cette fois du Brésilien Dutra Silva (après avoir sauvé plusieurs balles de match) et de l’Argentin Del Potro, avant de créer une énorme sensation en terrassant le n°2 mondial alias Nadal ! Finalement stoppée par Zverev en demie, Shapovalov, dont l’attitude démonstrative n’est pas sans rappeler celle de Lleyton Hewitt, est un véritable vent de fraicheur. Tout comme les jeunes « US boys » Frances Tiafoe et Taylor Fritz, on a desormais hâte de le revoir.

Par le passé, de René Lacoste à Marat Safin en passant par Ken Rosewall, Jimmy Connors et Mats Wilander, les premiers titrés d’une nouvelle génération avaient toujours entre 17 et 22 ans à l’occasion de leurs sacres initiaux en Grand Chelem :

_René Lacoste, né en 1904, premier joueur de la génération 1900 à gagner un GC en 1925 (21 ans)

_Sidney Wood, né en 1911, premier joueur de la génération 1910 à gagner un GC en 1931 (20 ans)

_Ted Schroeder, né en 1921, premier joueur de la génération 1920 à gagner un GC en 1942 (21 ans)

_Ken Rosewall, né en 1934, premier joueur de la génération 1930 à gagner un GC en 1953 (19 ans)

_Chuck McKinley, né en 1941, premier joueur de la génération 1940 à gagner un GC en 1963 (22 ans)

_Jimmy Connors, né en 1952, premier joueur de la génération 1950 à gagner un GC en 1974 (22 ans)

_Mats Wilander, né en 1964, premier joueur de la génération 1960 à gagner un GC en 1982 (18 ans)

_Michael Chang, né en 1972, premier joueur de la génération 1970 à gagner un GC en 1989 (17 ans)

_Marat Safin, né en 1980, premier joueur de la génération 1980 à gagner un GC en 2000 (20 ans)

En outre, on note que les pionniers des décennies précédentes étaient toujours natifs du premier « quinquennat » de leurs générations (à savoir entre l’an 00 et l’an 04 de la décennie). La génération 1990 est donc très nettement en retard sur les temps de passage des précédentes. La faute au « BIG 4 » certes, mais pas seulement : Cilic, Del Potro et surtout Wawrinka ayant prouvé qu’on pouvait gagner des GC même en présence des quatre galactiques ! L’exemple de la lente maturation du Vaudois, qui fut longtemps privé de desserts par les quatre ogres avant de finir par triompher en Grand Chelem à l’aube de la trentaine, ferait d’ailleurs bien d’en inspirer plus d’un. Alors que les jeunes pousses de la génération 2000 auront déjà 18 ans l’année prochaine, il serait maintenant grand temps !

Lionel Ladenburger

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4 réactions à cet article    


  • Lionel Ladenburger Lionel Ladenburger 23 août 09:56

    Bien évidemment, la génération 1990 ne se résume pas aux dix joueurs précités. Parmi les autres prétendants de cette génération, on aurait ainsi pu également nommer pêle-mêle (liste non-exhaustive) : Jerzy Janowicz (POL/1990), Federico Delbonis (ARG/1990), Vasek Pospisil (CAN/1990), Dusan Lajovic (SER/1990), Jann-Lenard Struff (ALL/1990), Pierre-Hugues Herbert (FRA/1991), Pablo Carreno-Busta (ESP/1991), Diego Schwarztman (ARG/1992), Ryan Harrison (USA/1992), Jack Sock (USA/1992), Bernard Tomic (AUS/1992), Henri Laaksonen (SUI/1992), Jiri Vesely (TCH/1993), Jordan Thompson (AUS/1994), Kyle Edmund (G-B/1995), Hyeon Chung (COR/1996), Thanasi Kokkinakis (AUS/1996), Danil Medvedev (RUS/1996), Andrey Rublev (RUS/1997), Taylor Fritz (USA/1997), Frances Tiafoe (USA/1998), etc.


    • Abou Antoun Abou Antoun 23 août 12:35

      Pour ce qui concerne la modé de cet article je me suis abstenu suivant le principe qu’il ne faut bannir aucun sujet, même pas le sport. Votre article est correctement écrit et bien documenté, il a donc sa place ici.
      Maintenant, pour être honnête et pour répondre à la question que vous posez en guise de titre, je vous répondrai sincèrement : « Je m’en fous ! ». Plus le temps passe et plus je me désintéresse du sport professionnel y compris du tennis. Voilà, c’est dit !


      • Lionel Ladenburger Lionel Ladenburger 23 août 13:16

        @Abou Antoun

        Bonjour Abou,

         

        Le simple fait qu’un ancien professeur considère que mon article est « correctement écrit et bien documenté » suffit à mon bonheur. 

         

        Pour le reste, votre cri vient apparemment du cœur. Nous sommes ici sur un forum et chacun est libre d’y dire ce qu’il pense. Je n’ai donc aucun souci avec cela. 

         

        Par ailleurs, je me suis permis de regarder votre profil et tout comme vous je suis adepte de la décroissance (cause hélas perdue d’avance, il est vrai). 

         

        Bonne journée à vous ;)


      • Abou Antoun Abou Antoun 23 août 14:10

        @Lionel Ladenburger
        Bonne journée à vous aussi.

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