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Accueil du site > Culture & Loisirs > Voyages > L’Irlande : du crachin, des pubs et un ring

L’Irlande : du crachin, des pubs et un ring

Pour quelqu’un qui souhaite fuir la réalité grise et morose de sa vie quotidienne, rien de tel que de s’envoler pour l’Irlande, le pays du trèfle à trois feuilles, afin de se refaire une santé lors d’une cure verte inoubliable de jouvence. Toute attitude négative est sabotée à l’instant même ou le premier pied est posé sur le sol de l’île, cette action freinant ainsi toute tentative intellectuelle de retour au pays d’origine, aussi minuscule soit-elle, et ce, pour faire un pas de géant vers un inconnu d’emblée attractif.

Une des régions privilégiées dans ce sens se trouve autour de Cork, dans le sud du pays. C’est ici le cœur de l’Irlande véritable, de celle qui aime à garder vivaces les traditions ô combien exceptionnelles d’accueil du peuple celtique, dans l’un de ses nombreux pubs où se mélangent Irlandais de tous âges et jeunesse européenne à la recherche d'une aventure dorée le temps d’une expérience professionnelle qui peut finalement s’étendre sur plusieurs années, voire des décades.


Je vous invite a la découverte "A Contre Touristique" de Cork et de ses alentours, mais aussi de la péninsule du Kerry a l’Ouest, en dépeignant l’arrière-fond rencontré ici lors d’une première visite et dont on ne peut sortir indifférent mais différent.

Le crachin, le crachin, le crachin :

Ici, tout est affaire de protection vestimentaire qui reste aléatoire face a un phénomène météorologique caractérisant au plus haut point l’Irlande : la répétition régulière et incessante d une succession de phases climatiques qui empêche à jamais de qualifier précisément la saison au cours de laquelle on évolue. C’est qu’au même moment où une pointe d’éclaircie se fait jour a l’horizon, une giclée de crachin se déverse sur les têtes, sans que l’on sache véritablement s’il est préférable de se vêtir légèrement ou non. Il est ainsi possible de subir la pluie sur le côté d’une route, et voir simultanément les badauds déambuler chemise a manches courtes sur le trottoir d’en face.

Tout se passe comme si le ciel, menaçant de ses nuages extrêmement bas, ne délivrait jamais son dernier mot et imposait à tout à chacun de toujours garder sous le coude avec soi un imperméable. Il n’alerte pas de ses changements d’humeur et déboussole, très subtilement ou plus selon les humeurs, tout visiteur premier du pays de la grisaille.

Si le touriste est venu chercher du soleil, c’est ailleurs que dans le temps qu’il le trouvera.


Les pubs, les pubs, les pubs :

Les pubs sont à l’Irlande ce que les boulangeries sont à la France. A Cork, on en trouve à chaque coin de rue, sous toutes les fenêtres, et des deux côtés des rives du fleuve de la ville, la Lee. Cork ayant une réputation de ville rebelle depuis qu’elle fut le lieu de déclenchement de la Guerre d’Indépendance contre l’Anglais, on peut deviner que les coups les plus audacieux y furent pensés et décidés afin de bouter le British hors de l’Eire, dénotant sans doute l’importance cruciale de ces établissements.

C’est ici que se réunissent chaque soir, du lundi au lundi, les Irlandais de toute classe social qui aiment y passer du temps à discuter et à danser autour d’une des grandes bières nationales, la Murphy’s. Ils sont rejoints par les cohortes de travailleurs étrangers, de France, d’Espagne ou d’Italie pour la plupart, qui, installées ici, ont rapidement pris leurs marques en adoptant les mêmes habitudes que les autochtones.


Toute localité en Irlande, à l’image de Cork, se doit de posséder ses pubs et ne pas les fréquenter manquerait à l’appel dans une volonté d’immersion au sein d’une population celtique avide de ces lieux ou tout simplement pour un ensoleillement du cœur.


The Ring of Kerry

En Irlande, île façonnée sur ses rives maritimes par une série de péninsules aux côtes escarpées et fracturées à l’extrême, des circuits touristiques, appelés les rings, permettent de découvrir ces bouts de terres du bout du monde dans une route panoramique décrivant grosso modo un cercle en longeant le plus possible l’océan.

Celui du Kerry, péninsule du Sud-ouest de l'île celtique, permet d’aborder, d’observer, de contempler des paysages grandioses, avec des collines et des plaines, des criques et des plages, des pâturages et des champs cultivés, sous un ciel nuageux extrêmement bas, donnant l’impression que l’on se trouve à la fois à la lisière des Highlands écossais, dans le bocage normand, avec une pointe sud-américaine grâce aux quelques cultures aménagées légèrement en terrasse, le tout dans un ton de couleurs vertes différencié unique au monde. Une vision harmonieuse, en fait, de la nature sauvage et de l’aménagement respectueux qu’en a fait l’homme à certains endroits.

Si la respiration de l’oxygène de la vie est à rechercher, c’est ici, dans le royaume du Kerry, qu’il faut la trouver.

Entendre le vent souffler sur les arbres des collines, kidnapper ou ne garder que le son rocailleux du rire des Irlandais, entrer sagement en harmonie avec un temps mitigé, voilà ce à quoi vous invite fidèlement la République d’Irlande.


Adel TAAMALLI

Tiré d’un séjour de 9 jours du 5 au 13 Juillet


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8 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 23 juillet 2011 11:37

    Bonjour, Touunsiiyyy.

    Formidable pays en effet dans lequel je retourne à chaque fois avec un très grand plaisir. Un pays qui véhicule des vérités intemporelles comme celle de ses pubs accueillants, festifs et conviviaux, mais aussi pas mal de clichés, et notamment celui des quatre saisons en une journée.

    Du mauvais temps, j’en ai connu en Irlande, et notamment lors de mon premier voyage avec 9 jours de pluie d’affilée en mai dans les péninsules du sud-ouest, mais aussi des couleurs extraordinaires à chaque éclaircie. Et finalement, le temps magnifique dont j’ai bénéficié lors d’un voyage dans les comtés du nord-ouest et notamment dans le Donegal (15 jours de beau temps consécutifs, en mai là encore) s’est révélé plus décevant, malgré des paysages à couper le souffle, en raison d’une lumière dégradée par la... chaleur persistante.

    Cela dit, l’âme de l’Irlande, on ne la trouve pas seulement dans les pubs de Cork, mais aussi dans ceux de Dingle, de Galway et de bien d’autres localités plus à l’écart des migrations touristiques, là où l’odeur âcre de la tourbe brûlée dans les foyers prend à la gorge.

    Quant aux paysages, ils sont formidables partout, et si le Ring of Kerry est superbe, particulièrement entre Waterville et Portmagee, je lui préfère la péninsule de Dingle et surtout l’extraordinaire péninsule de Beara avec, outre ses paysages sauvages, de superbes maisons peintes et quelques spectaculaires vestiges miniers.
    Sans oublier évidemment l’impressionnant Connemara et ses innombrables lacs et bras de mer sur fond de montagne (les Twelve Bens), et bien sûr l’austère Burren et son prolongement maritime : les fabuleuses îles d’Aran, avec leurs milliers de kilomètres de murets en pierre sèche. Nulle part ailleurs, et pas même en Asie, je n’ai ressenti une telle impression de dépaysement.

    A noter pour finir, et peu de gens le savent, que l’on mange souvent très bien et pour un prix très raisonnable dans les pubs, qu’il s’agisse de petits pubs de village ou d’établissements géants comme ce pub de Galway dont j’ai oublié le nom qui possède pas moins de 4 bars sur 2 niveaux accessibles par 2 rues différentes. Le tout, of course, avec de fréquents bœufs musicaux.

    A toutes fins utiles, voici les liens sur 2 de mes articles concernant l’Irlande : Extraordinaires îles d’Aran et, de manière incidente, Justice pour Alcock et Brown !

    Allez, une Guiness pour arroser ça. Slainte !

    Cordialement.


    • Radix Radix 23 juillet 2011 13:01

      Bonjour Fergus

      Le pub à étage de Galway s’appelle « The Quays ».

      J’y ai passé des soirée mémorables lors d’une escale.

      Un autre pub est très intéressant, il est situé au nord de la ville et j’en ai oublié le nom. Entre-nous nous l’appelions le pub des golfeurs car c’était leur lieu de réunion.
      Il avait une particularité passionnante (pour les soiffards que nous étions) au son de la cloche de fermeture, le patron donnait un tour de clé à la porte d’entrée et tout ce qui avait été commandé avant pouvait être bu sans limite d’heure !

      Jamais vu autant de pintes sur les tables de ma vie !

      Radix


    • Fergus Fergus 23 juillet 2011 13:22

      Bonjour, Radix.

      The Quays, of course. Merci pour ce rappel.

      A propos de pubs, il faut également avoir vu, au moins une fois, celui de Gus O’Connors à Doolin, à deux pas des fabuleuses falaises de Moher et de l’embarcadère pour les îles d’Aran. Musique tous les soirs, excepté le jour de Noël. Le plus intéressant n’est toutefois pas dans les reels et les jigs, pourtant de qualité, mais dans la fréquentation. Car le pub est parfois plein à craquer, en particulier d’anglophones venus de fort loin, et notamment d’américains enthousiastes. Américains, mais aussi Canadiens, Néo-Zélandais et Australiens. J’y ai même amené un Aussie pris en stop sur le Burren. Depuis les antipodes, il avait pointé Doolin et le pub de Gus comme destination prioritaire !


    • Radix Radix 23 juillet 2011 13:34

      Dans la presqu’ile de Dingle, tout au bout, sur une lande désertique, se trouve le pub « le plus à l’ouest de l’Europe » (c’est inscrit au-dessus du bar).
      Il s’appelle « chez Kruger » sic !

      Bizarrement, même en pleine journée, il y a toujours du monde, le parking est vide et il n’y a pas une habitation à proximité... Visiblement de la génération spontanée !

      Le pub de Doolins est célèbre pour son violon laissé en dépôt par un violoniste irlandais avec pour consigne de le prêter à toute personne désirant en jouer.

      Radix


    • Fergus Fergus 23 juillet 2011 11:40

      Une précision qui a son importance : le crachin irlandais existe toujours, évidemment. Mais comme le crachin breton, en nette voie de disparition (foi d’Auvergnat installé en Bretagne depuis 14 ans), il est de moins en moins fréquent.


      • Robin des Voix 23 juillet 2011 12:03

        Haaaa ! Bien voilà Fergus.
        Je comprend mieux vos positions politiques loin des réalités.

        Vous vivez loin du tumulte.

        Vous êtes un candide Fergus !


      • Fergus Fergus 23 juillet 2011 13:28

        Bonjour, RobindesVoix.

        Candide, sans doute un peu. Mais c’est sans doute mieux que d’être aigri, non ?

        Pour ce qui est d’être loin du tumulte, ce n’est pas tout à fait vrai. Car si, après l’agitation de Paris et quelques années au calme dans le Finistère, c’est désormais au coeur de la ville de Rennes, au contact avec une population universitaire dynamique et dans une agglomération plutôt vivante sur le plan politique.


      • Isis-Bastet Isis-Bastet 23 juillet 2011 18:07

        L’Irlande, ses paysages enchanteurs et son peuple si chaleureux...

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