@ l’auteur
Mais je vous assure qu’il n’y a aucune coexistence pacifique des religions au Maroc. C’est une totale utopie et une belle arabesque sur une carte de visite. L’actuel roi du Maroc est président du comité Al Qods, chargé par la communauté des pays musulmans de garantir le statut de Jérusalem. A-t-il fait une seul efois, (lui ou son père) une déclaration tendant à souligner le caractère tripartite de cette ville ? Non, bien sûr... Alors, vous parlez de quelle coexistence ? Un intervenant l’a souligné. La coexistence entre l’extrêmement-faible par rapport à l’extrêmement fort est illusoire. Modifiez les rapports de force et vous verrez alors sur quelles bases elle repose.
Si j’avais le temps, j’essaierai de retrouver un numéro spécial d’une revue marocaine qui traite du sujet. Il y a tout un florilège des insultes que les Marocains ont toujours réservées aux Juifs (et qu’ils utilisent encore).
Méfiez-vous de « ce qui est dit partout ». Ma pratique du Maroc ne m’a fait rencontrer que bien peu de gens s’aventurant sur le terrain de la réalité, soyez-en sûr. J’ai par contre côtoyé un grand reporter au Monde qui ne disposait que d’une matinée pour faire un papier sur Smara et le conflit qui déchire le Sahara depuis plus de trente ans. Durant toute cette matinée, elle est restée coincée, dans une bureau. J’ai aussi rencontré une une journaliste réputée de "La Croix qui, elle, n’est restée que vingt minutes montre en main dans un bistrot de la ville pour se faire une idée de du pays avant d’être happée par un colonel de la MINURSO (force des nations Unies dans la région) qui évidemment avait un message officiel à faire passer.
Ainsi, quand je vous dis qu’il faut un peu plus de temps pour tenter d’approcher un aspect de la société des plus complexe comme la coexistence de deux communautés, faites-moi confiance. Sans être un trop vieux routard, j’ai un peu l’habitude. Je pourrais aussi vous parler de la « coexistence » entre Arabes et Berbères... il y a beaucoup à dire sur le sujet.
Bien à vous. Patrick Adam