Texte brillant, mais trompeur. Et je suis en phase avec des interventions comme celles de Sylvain Reboul, Forest Ent, Le Furtif … pour ne citer qu’eux.
Cette phrase de Jaurès citée par l’auteur "« Quand les hommes ne peuvent pas changer les choses, ils changent les mots »,
Me paraît fort à propos quand il écrit : « »Et ne parlons pas de ce crime contre les valeurs et le sens, donc contre l’intelligence, commis en transformant le mot « libéral » en un gros mot« »
Monsieur Riot, ce n’est pas la gauche qui a transformé ce mot en gros mot, c’est la droite qui l’a volé pour qualifier son idéologie amorale (bel oxymore) qu’est le libéralisme économique et son dernier avatar, le capitalisme financier. Je dirai même, son dogme, tant l’on touche au sacré : le marché tout puissant !
Sous couvert de pragmatisme, les libéraux pratiquent impunément l’opportunisme le plus méprisable et condamnable. Puis-je rappeler que le pragmatisme est relatif à la règle (en sciences cela se dit : lois de la nature), l’idéologie aux valeurs (domaine de la morale), et l’opportunisme aux rapports interpersonnels c’est-à-dire les événements inter subjectifs (domaine de la loi ).
En conséquence, la droite est en passe de dénaturer dans la foulée ce beau mot de pragmatisme (cf. les commentaires et l’excellent article au demeurant, de Mr Dugué : Radicalisme révolutionnaire)
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=24580&id_forum=1410427&var_mode=recalcul#commentaire1410427
Si demain le mot pragmatisme devient un gros mot, l’on pourra dire que l’héritage des lumières est définitivement liquidé ! Déjà en Australie, le gouvernement a demandé à la population de prier pour faire venir la pluie.
Ce n’est pas par hasard si l’on a tant parlé des valeurs dans cette campagne présidentielle. Dans cette guerre des mots la gauche en effet a perdu, et vous en témoignez involontairement.