@ Sylvain reboul
Non, justement, ce qui se règle en interne ne semble pas toujours si efficace que vous le dites... (évidemment, je ne parle pas ici d’établissements relativement tranquilles, où l’insulte serait un cas isolé, voire "L’événement de l’année", car fort heureusement cela existe) Un élève qui finit par être renvoyé ira dans un autre établissement, et en échange, cet établissement pourra vous envoyer lui aussi un élève qu’il renvoie. Et tout repartira dans la plupart des cas du même pied. Et cela permet à notre ministère de ne pas engager assez de frais ou de réformes. Tout régler en interne ça signifie aussi s’habituer à faire avec les moyens du bord. Et à l’évidence ils sont parfois insuffisants, en terme de personnels notamment.
Je ne suis pas pour le "tout pénal", loin de là, mais j’ai souvent été insultée, menacée, et je me rends compte qu’en enseignant en banlieue on finit par devenir plus tolérant et perméable à des dérives qui ailleurs paraîtraient inacceptables. Ca devient le quotidien, et ça n’est pas constructif du tout, pour les élèves entre autre. Ca n’est certainement pas leur rendre service. Un bon nombre de situations violentes ne sont pas même signalées au rectorat, car la voie hiérarchique reste bloquée au niveau de l’établissement. Il faut avoir rencontré les inspecteurs du ministère pour se rendre compte à quel point ils sont ignorants de la situation. Il faudrait au moins passer outre l’administration de l’établissement concerné et faire remonter également les rapports directement aux rectorats. Ca leur permettrait peut-être de penser qu’effectivement, enseigner avec 30 élèves en classe en banlieue est impossible pour une question de pacification des rapports en classe. Au lieu de ça, ils en sont encore à nous dire que "des grands pédagogues et des grands sociologues ont démontré que l’on peut enseigner efficacement à 30 élèves par classe et au-delà", et que donc les demandes d’effectifs de surveillance, d’enseignement, etc. , sont proprement infondées.
Il me semble que l’Education nationale ne s’en sortira pas seule. Je ne fais que me demander si un refus de tolérance à l’égard de ces faits, temporairement, ne pourrait pas, par delà l’extrémisme dont il ferait preuve, créer l’impulsion d’une réelle prise en compte de ce problème.