Vu que vous êtes toujours là, vous pourriez peut-être nous expliquer ce que sont pour vous des peuples abatardis ?
Très volontiers, et avec plaisir. Pour moi, ce sont des peuples qui correspondent aux descriptions suivantes, qui datent de plus d’un siècle, mais qui n’ont pas pris une ride au début du troisième millénaire, comme j’ai pu le constater de visu au Pérou et en Bolivie, en Equateur et au Paraguay, au Venezuela et au Guatemala,
« Ce n’est pas seulement en politique, naturellement, que se manifeste la décadence de la race latine qui peuple le sud de l’Amérique, mais bien dans tous les éléments de la civilisation. Réduites à elles-mêmes, ces malheureuses républiques retourneraient à la pure barbarie. Toute l’industrie et tout le commerce sont dans les mains des étrangers Anglais, Américains et Allemands. Valparaiso est devenu une ville anglaise ; et il ne resterait rien au Chili, si on lui ôtait ses étrangers. C’est grâce à eux que ces contrées conservent encore ce vernis extérieur de civilisation qui trompe encore l’Europe. La République Argentine compte 4 millions de blancs d’origine espagnole ; je ne sais si on en citerait un seul, en dehors des étrangers, à la tête d’une industrie vraiment importante. »
« Cette effroyable décadence de la race latine, abandonnée à elle-même, mise en présence de la prospérité de la race anglaise, dans un pays voisin, est une des plus sombres, des plus tristes et, en même temps, des plus instructives expériences que l’on puisse citer à l’appui des lois psychologiques que j’ai exposées. »
« Il faut parcourir le remarquable et impartial ouvrage de Th. Child, sur les républiques hispano-américaines, pour apprécier la profondeur de leur décadence. Les causes en sont tout entières dans la constitution mentale d’une race n’ayant ni énergie, ni volonté, ni moralité. L’absence de moralité, surtout, dépasse tout ce que nous connaissons de pire en Europe. Citant une des villes les plus importantes, Buenos-Aires, l’auteur la déclare inhabitable pour quiconque a quelque délicatesse de conscience et quelque moralité. A propos de l’une des moins dégradées de ces républiques, la république Argentine, le même écrivain ajoute : « Que l’on examine cette république an point de vue commercial, on reste confondu par l’immoralité qui s’affiche partout. » (G. Le Bon, Les Lois psychologiques de l’évolution des peuples – Ouvrage en ligne sur le site de l’Université du Québec, Chicoutimi).
Ce qui frappe vraiment le plus aujourd’hui, c’est que la qualité des ressources humaines n’a en rien été améliorée par des taux de scolarisation et d’alphabétisation aussi élevés que dans les pays industrialisés. Maintenant, bien entendu, si votre expérience de l’Amérique du Sud se limite à quelques articles du « Monde diplomatique », cela ne vaudra pas une connaissance acquise sur le terrain, que vous pourriez éventuellement m’opposer…
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