@ Faxtronic : bien sur que le monde n’est pas uni (je ne pense pas l’avoir précisé dans le texte) et qu’il s’agit d’un jeu d’influence. Je croyais l’avoir sous-entendu en parlant des différentes stratégies diplomatiques possibles à l’égard des principaux acteurs internationaux et régionaux. Le but ne peut pas être de déclarer la guerre à la Birmanie, uniquement de forcer la junte à accepter une distribution de l’aide via des professionnels de l’humanitaire dans les zones affectées (qu’ils soient de l’ASEAN, de la Chine, et / ou internationaux), afin de réduire considérablement le taux de mortalité annoncé des prochains mois / années (pouvant, j’insiste, monter à plusieurs millions sur le moyen / long terme). Si cela ne peut s’opérer, alors oui, le R2P mène à une guerre possible - mais encore une fois, ce n’est pas le but recherché (uniquement un développement envisagé dans l’article afin de ne pas se montrer géostratégiquement naïf, en prônant une solution qui pourrait mener à une guerre, sans en envisager les conséquences potentiellement désastreuses). Pour la Chine et le Sichuan, je suis d’accord, mais cela ne change rien au problème humanitaire birman.
@ Annie : oui, le compromis en cours est de bon augure, mais très insuffisant par rapport aux besoins sur le terrain. Pour le Darfour, la guerre a été déclenchée (2003) avant que le R2P soit légal (2005). Cette guerre a justement été à l’origine d’un grand nombre de réflexions sur le R2P, notamment les réflexions sur les génocides. Depuis, l’AMIS s’est déployée au Darfour et l’EUFOR plus récemment dans les autres pays environnants. La situation globale du Soudan étant, par ailleurs, assez complexe compte tenu du référendum à venir sur une indépendance possible du sud du pays et l’impossibilité pour une force internationale de contrôler des milices locales. Sur la politisation des associations humanitaires, je suis d’accord sur le sens des propos (même s’il est difficile d’établir des règles absolues en la matière, le CICR étant le seul organisme à ma connaissance qui se permette ce genre d’absolus). Par contre, ce n’est pas le sens de l’article, il ne s’agit pas d’utiliser le droit international au sujet des associations humanitaires, mais d’utiliser ce droit en ce qui concerne les actions des organisations internationales : HCR, PAM, FAO, OMS, qui peuvent, le cas échéant faciliter le travail des associations. Il est normal que les ONG redoutent une politisation / militarisation d’une situation - mais surtout elles ne peuvent se permettre d’émettre une opinion à ce sujet, au risque de se faire expulser de Birmanie, mais aussi d’autres pays (avec des régimes autoritaires) où elles agissent. Sur ton dernier paragraphe, pour moi l’objectif premier est humanitaire, c’est à dire qu’il ne peut s’agir que d’intervenir dans les zones affectées, et d’une intervention élargie que si la junte s’attaque aux humanitaires / casques bleus / réfugiés.