Les retraités dont vous parlez ont acheté leur logement à une époque où la pierre était abordable et les emplois stables. Encore ne s’agit-il pas de tous les retraités. Ceux qui n’avaient que leur salaire d’ouvriers, d’employés étaient bien forcés d’être locataires et le sont restés. Pour ceux qui ont hérité, c’était évidemment plus facile.
Aujourd’hui, il y a d’une part cette pression sociale qui veut nous pousser à devenir propriétaires au prix de la corde au cou, et d’autre part une spéculation éhontée qui rend l’accès au logement d’autant plus difficile que les emplois sont précarisés et mal payés. A moins de se replier sur des régions disons humainement plus accueillantes qui ne sont pas forcément des bassins d’emplois, mais où on peut trouver à se loger à moindre coût. Et c’est là le paradoxe : ou il y a du travail, il y a de la demande, pas assez d’offre et les prix montent. Comme les prix montent, les gens partent ailleurs et les patrons n’arrivent plus à pourvoir leurs postes vacants.
Exemple une clinique de Grasse, dans les Alpes-Maritimes, dont le directeur lui-même prospectait par téléphone, à travers toute la France, les éventuels candidats à des postes para-médicaux, faute d’en trouver sur place où la moindre studette se loue 400 €... tandis qu’à cent vingt kilomètres plus au nord, vous pouvez louer un T3 tout confort contre cette somme.
Une saine politique de plafonnement des loyers locatifs selon l’emplacement et la surface corrigée suffirait à régler le problème du logement dans ce pays, plus vite et plus efficacement en tout cas que de sempiternelles déclarations de principe autour du manque de logements sociaux. Les logements existent, ils sont seulement trop chers. Il y a des abus qui devraient être pénalisés, et qui le sont de toute façon par les situation de conflits (impayés...) qu’ils génèrent...