Sans vouloir faire de pub (si un peu quand même), Amin Maalouf un auteur que j’apprécie beaucoup a écris (entre autre) un très bon livre sur ce sujet :
” Depuis que j’ai quitté le Liban Pour m’installer en France, que de
fois m’a-t-on demandé, avec les meilleures intentions du monde, si je
me sentais ” plutôt français ” ou ” plutôt libanais “. Je réponds
invariablement : ” L’un et l’autre ! ” Non par quelque souci
d’équilibre ou d’équité, mais parce qu’en répondant différemment, je
mentirais. Ce qui fait que je suis moi-même et pas un autre, c’est que
je suis ainsi à la lisière de deux pays, de deux ou trois langues, de
plusieurs traditions culturelles. C’est cela mon identité… ”
Partant d’une question anodine qu’on lui a souvent posée, Amin
Maalouf s’interroge sur la notion d’identité, sur les passions qu’elle
suscite, sur ses dérives meurtrières. Pourquoi est-il si difficile
d’assumer en toute liberté ses diverses appartenances ? Pourquoi
faut-il, en cette fin de siècle, que l’affirmation de soi s’accompagne
si souvent de la négation d’autrui ? Nos sociétés seront-elles
indéfiniment soumises aux tensions, aux déchaînements de violence, pour
la seule raison que les êtres qui s’y côtoient n’ont pas tous la même
religion, la même couleur de peau, la même culture d’origine ? Y
aurait-il une loi de la nature ou une loi de l’Histoire qui condamne
les hommes à s’entre-tuer au nom de leur identité ? C’est parce qu’il
refuse cette fatalité que l’auteur a choisi d’écrire les Identités
meurtrières, un livre de sagesse et de lucidité, d’inquiétude mais
aussi d’espoir.
Si on arrêtait un peu de se définir uniquement par opposition aux autres, on aurait peut être un peu moins tendance à se trucider allègrement.