« Dans le monde animal nous avons vu que la grande majorité des espèces vivent en société et qu’ils trouvent dans l’association
leurs meilleures armes dans la lutte pour la survie : bien entendu et
dans un sens largement darwinien, il ne s’agit pas simplement d’une
lutte pour s’assurer des moyens de subsistance, mais d’une lutte contre
les conditions naturelles défavorables aux espèces. Les espèces animales
au sein desquelles la lutte individuelle a été réduite au minimum et où
la pratique de l’aide mutuelle a atteint son plus grand développement sont invariablement plus nombreuses, plus prospères et les plus ouvertes au progrès. La protection mutuelle obtenue dans ce cas, la possibilité d’atteindre un âge d’or et d’accumuler de l’expérience,
le plus haut développement intellectuel et l’évolution positive des
habitudes sociales, assurent le maintien des espèces, leur extension et
leur évolution future. Les espèces asociales, au contraire, sont condamnées à s’éteindre. »
— Pierre Kropotkine. L’Entraide, un facteur de l’évolution (1902), Conclusion.