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easy 4 novembre 2010 14:28
easy


Bonjour Henri François


«  »«  »«  »«  »«  » Distiller la vraie peur, celle de la Mort, ne suffit plus aux maîtres du monde et leurs vils courtisans, ils distribuent ainsi la peur de VIVRE. «  »«  »«  »

Le reste de votre texte ne l’ayant pas fait, je pense que vous avez cherché, par cette phrase, à faire ressortir qu’il se passe quelque chose de nouveau.
Qu’il y ait une nouvelle version de la Peur, pourquoi pas, mais vous ne l’avez pas démontré.

Vous aviez à nous démontrer en quoi la peur d’autrefois n’était pas une peur de la vie (vous deviez alors démonter que la peur de vivre dans le péché n’en relevait pas) et démontrer que la peur d’aujourd’hui n’est pas une peur de la mort. (et nous expliquer alors que la fortune qu’on dépense en santé n’a rien à voir avec la peur de mourir)
Faute de démonstration, vous aurez seulement manipulé des mots.

Sur le fond, nouvelle peur ou pas, je ne vois rien de flagrant.
Je pourrais dire que de nos jours, passages piétons, vaccinisme et ceinture de sécurité obligent, il y a peut-être plus de préoccupation constante à faire attention à ne pas mourir. Mais je ne parviens pas à croire que les compagnons de Jeanne d’Arc n’aient pas eu, eux aussi, une préoccupation constante de ne pas se blesser, se foutre un truc dans l’oeil, se casser une côte, perdre la vue ou une dent, choper la crève...

Quand on part faire de l’escalade sur les rochers de Bleau, on fait gaffe mais on sait qu’on prend ces risques inutiles. Ca indiquerait qu’on n’a pas tellement peur parce qu’on considère que les secours ne sont pas loin.
Mais quand un archéologue de Paris débarque en Amazonie, il ne fait plus le moindre geste inutile et il fait très attention à soigner le moindre blessure. Il sait que la moindre invalidité lui sera fatale et il a très peur de l’accident. Mais sa passion étant la plus forte, il s’enfonce dans la jungle.

Un Inuit, un Guarani, se casser une jambe pour avoir tenté des saltos ? Ca n’existe pas. Des Parisiens qui se sont cassé des os pour avoir fait des acrobaties, il y en a des centaines. Les traceurs de parkour prouvent qu’ils n’ont pas de peur plus paralysante qu’autrefois. 

Ce qu’il y a de nouveau c’est que nous sommes devenus bien plus un seul Cerveau qu’autrefois.
Prenons les 7 milliards d’Humains et faisons leur vivre par la télé et simultanément une série de 100 évènements de type WTC étalés sur 10 ans. A la fin on aura 7 milliards de Bogdanov.

Nous allons vers le Cerveau unique, chacun répétant en boucle ce que les autres disent. en utilisant les mêmes formules, les mêmes bons mots, les mêmes ficelles. Alors nous ressentirions des joies et des peurs synchrones, comme dans une hystérie collective, probablement plus souvent qu’autrefois en raison de notre interconnexion. 

Je crois que la nouveauté est dans la plus grande synchronisation de nos émotions mais que la peur a toujours été et restera toujours la peur de mourir, de vieillir, d’être invalide, malade, misérable, rejeté, abandonné. A peine commence-t-on à gratter la cosmétique des gens qu’on trouve ces peurs là.

Quant aux conséquences de la synchronisation des peurs, il y aurait à dire. La synchronisation des émotions forme la communauté et aboutit à de grandes ola, à de grandes oeuvres (grandes en taille, je ne porte pas de jugement de valeur) : lynchages, cathédrales, Croisades, muraille de Chine, Saint Barthélémy, Croix Rouge, Révolutions, MSF, Hiroshima, Débarquement, manifestations...

Sans ces synchronisations ou hystéries collectives, rien de collectif n’aurait jamais été fait.




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