Il en faudra plus ! (pour me rendre anti-sémite) Mais d’accord avec toi Ariane, il me paraît peu pertinent de rester dans la schizophrénie à propos du génial et à juste titre controversé Destouches. Il
n’y a pas d’un côté le Céline abject des pamphlets qui ne mérite pas
que son nom soit évoqué sous les ors de la république et de l’autre le
Céline génial des romans qui eux méritent la Pléiade. La vraie question,
l’énigme, c’est comment l‘auteur
du Voyage, roman de l’errance, de la fragilité humaine et de toutes les
victimes, ou de Mort à Crédit (1936), bildungsroman et portait au
vitriol de l’antisémitisme des parents du héros, peut-être aussi celui
de Bagatelles (1937) et des Beaux Draps. À ce titre la volte-face
frederico-mitterrandienne relève d’un calcul à courte vue, d’une forme
de dénégation et passe tout simplement à côté d’un véritable devoir de
mémoire, apte à s’interroger en profondeur sur les objets qu’il se donne