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Mor Aucon 15 juin 2011 13:55
Mor Aucon

Touché ! Je ne suis le valet de personne et encore moins d’une marquise. Vous voyez comme vous savez faire mal quand vous voulez. En honneur à votre combativité, reprenons, si vous le voulez bien. Euh, les chiffres, je n’en ai trouvé qu’une toute petite poignée chez vous, mais bon, passons.

Vous écriviez en février 2010 :

« 1- Le mythe de l’euro protecteur et salvateur, est détruit dans l’opinion publique. Plus encore, son rejet comme monnaie apporteuse de malheurs croissants pourrait s’accentuer fortement dans l’opinion publique des 16 Etats concernés -notamment en Allemagne- si une orientation « fédéraliste » sur le plan financier était mise en œuvre, transformant contre son gré ce pays en « banquier de la zone euro ».

Allons-y morceaux à morceaux, comme disait the ripper :

« Le mythe de l’euro » : est la conclusion d’un raisonnement circulaire puisque il part de votre propre opposition à l’euro pour le qualifier de mythe, alors qu’il a propulsé une croissance économique sans précédent. Avant la crise de la dette, bien entendu.

Vous y ajoutez : « protecteur et salvateur » sous votre plume, cela parait signifier que les états « fainéants » (PIGS) étaient induits à la paresse par ce mythe. C’est le même genre de polémique que montent beaucoup de politicards au sujet des plans sociaux, en prétendant que ce sont des incitations à la fainéantise. C’est manipulateur et fallacieux. L’Union a des problèmes structurels évidents, je suis d’accord, mais on ne peut les réduire à cette caricature. Il y a eu tricherie de la part de la Grèce, par exemple, mais cela ne vous permet pas cette affirmation. Je sais, le soleil ça rend paresseux, et tout ça... Il va falloir que l’on se mette à l’anthropologie sociale. Il n’y a pas trop de place, ici, mais si vous voulez, on s’y met.

« est détruit dans l’opinion publique » : non, il y a chute, je vous concède que très grave, de la confiance de l’opinion publique, mais pas destruction. Vous exagérez.

« Allemagne  banquier de la zone euro » Vous exprimez un mythe ( oui, il y en a quand-même quelques-uns ). Elle ne travaille pas pour payer les erreurs des autres, comme vous le laissez entendre constamment. Au contraire, elle est favorisée par la structure européenne, lui permettant de compenser sa perte de compétitivité face aux nouveaux acteurs (BRICS, personne n’y échappe, d’ailleurs ) sur le dos de ses partenaires européens principalement le PIGS, la France et l’Italie en moindre mesure quoique significativement. D’où la cruelle ironie de la situation et des discours des politiques allemands ressassant ce mythe, qui en est vraiment un, à leurs électeurs.

« 2- La zone euro et l’Union européenne telles que bâties jusqu’à ce jour sont condamnées : il est possible de retarder encore quelques mois, voire même un an la sentence, mais elle est déjà inscrite dans les faits inévitables qui découlent des processus actuels en cours sous nos yeux. »

Vous avez voulu faire un pronostic et vous vous êtes planté. Nous sommes un an et demi plus tard et l’euro est mal en point mais vivant. L’union aussi. Mais, je vous concède que le coup de pied au derrière va provoquer une mutation. Mais pas obligatoirement dans le sens où vous la prévoyiez si catastrophiquement. On peut en reparler si vous voulez, sans mélanger les choses.

« 3- Cette crise de l’euro est bien l’expression particulière de la crise mondiale qui continue son cours : de ce point de vue aussi, toute décision interne à la zone euro aura des conséquences lourdes sur la marche générale de la crise internationale, avec effet boomerang prévisible ».

Disons que la crise de la dette est l’expression locale d’une crise qui n’est pas si internationale que ça, puisque d’autres, comme le BRICS, y trouvent leur compte ( pas tous au même niveau, je suis d’accord ).

Alors si vous voulez, commençons à parler du point de départ de cette crise internationale : celle des subprimes de 2008. Je parle du point d’où est parti le raz-de-marée, et non pas des causes de son avancée, ni du terrain favorable qu’il a pu trouver en Europe. C’est un autre point.

Si vous ne contestez pas que la crise de 2008 fut le déclencheur, alors parlons du pourquoi elle s’est propagée si facilement, de la réaction de la zone euro, les erreurs, etc... Ensuite nous pourrons parler de la situation actuelle, si vous le voulez bien.

PS : ne me chipotez pas avec la syntaxe. Je suis mauvais en français et j’écris tel quel, presque sans relire. Si vous trouvez du confus, demandez-moi des précisions. Il n’y a pas le feu. On peut décortiquer le problème.



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