Autre chose, Morice...
Le cas Seselj montre bien la difficulté actuelle à procéder avec discernement, dans un monde où les échanges politiques ne sont que des postures guerrières. Combien de Français de tout bord, y compris à gauche, ne laissent pas de soutenir les Serbes, y compris les plus nationalistes d’entre eux, soit par opposition systématique au musulman, soit par antiaméricanisme ? Voir l’énormé crédit dont dispose Poutine, le grand ordonnateur du nationalisme panslave et défenseur des Serbes dans les sphères multilatéralistes, et même auprès des musulmans, alors qu’il en fut un des plus implacables massacreurs.
Voyez les compromissions de grands intellectuels, de maisons d’édtion (comme l’Age d’Homme, par exemple, qui fait pourtant un remarquable travail d’éditeur) avec le nationalisme serbe pour toutes sortes de raisons, qui vont de la serbophilie traditionnelle de la France jusqu’à l’antiaméricanisme en passant par la défense, honorable en soi, des droits historiques des Serbes au Kosovo.