Bon article, mais quelques lacunes et imprécisions :
Ce ne sont pas les Etats-Unis qui ont organisé le soulèvement du Texas. Celui ci, qui réunissait à la fois colons anglos et « Texiens » mexicains visait l’autoritarisme du président Santa-Anna, en somme, une lutte entre « centralistes » et fédéralistes« . L’idée de l’indépendance du Texas, dans une dynamique de guerre, est venue sur le tard, tout comme le projet de rattachement aux Etats-Unis.
Les Mexicains de l’époque sont très sévères avec Santa-Anna, qu’ils rendent responsable de la guerre - et de la défaite - tout d’abord par son intransigeance, puis par les atrocités qu’il commit en cours de campagne (exécution de toute la garnison de Goliade, massacre de Fort Alamo) entraînant une surenchère de revendications en face.
La Guerre du Mexique, comme vous le soulignez en note, mais peu dans le corps du texte, ne fut pas populaire aux USA, et entraîna même des menaces de sécession brandies par.... les Etats de la Nouvelle-Angleterre. A ce titre, elle est plus à mettre sur le dos des extravagantes tentatives d’expansion des Etats esclavagistes du Sud, confinés dans leur volonté de s’étendre vers l’Ouest, et qui ont lancé de nombreuses expéditions conduites par des aventuriers qu’on appelait des »flibustiers". Il n’est pas surprenant, alors, que Grant ait eu des réticences...
Le Mexique fut visé non seulement par les Etatsuniens (certains) mais par des hommes à tout crin, venus d’Europe, comme ce Français qui établit brièvement un petit empire dans la Sonora. Sans oublier, d’ailleurs, l’expédition mexicaine de Napoléon III pour soutenir l’empereur Maximilen, à peine quinze ans après la Guerre du Mexique.
La Guerre du Mexique a récemment fait l’objet de films historiques très intéressants : One Man’s Hero, avec Tom Berenger, raconte le point de vue mexiain, à travers la tragédie des Irlandais déserteurs de l’armée US, qui rejoignèrent l’armée mexicaine par solidarité religieuse et furent pendus pour la plupart (pour la petite histoire, albert de Monaco y joue un personnage secondaire...)
SURTOUT, le remake de Fort Alamo en 2004, malheureusement jamais distribué en France. Où l’on entend Santa-Anna expliquer son point de vue (si ’lon n’écrase pas cette révolte dans le sang, nos petits-enfants auront à mendier des miettes auprès des Anglos) ; où le personnage sans doute le plus noble est le général mexicain Castrillon, et où l’on n’élude pas le rôle de l’esclavage.
Remarquablement fidèle à l’Histoire (avec Billy Bob Thornton en Davy Crockett hallucinant de vérité) il fut un des plus gros flops....Sans doute à cause de son style trop documentaire.