Si on regarde les mécanismes institutionnels, toujours en vigueur dans la zone euro, ceux-ci ne correspondent pas à ce qui serait requis pour assurer sa viabilité. Ce n’est pas une zone monétaire optimale, la mobilité du travail y est réduite depuis toujours pour des raisons linguistiques et de portabilité des droits sociaux, aujourd’hui la mobilité du capital y est aussi réduite par l’apparition de primes de risque, la concurrence fiscale et sociale y est toujours de vigueur et contribue à enrichir les uns et appauvrir les autres, ce n’est pas un Etat Fédéral avec un budget fédéral conséquent permettant de faire des transferts entre Etats ou régions qui s’enrichissent et ceux qui s’appauvrissent. La libre concurrence européenne et mondiale retenue comme dogme contribue à appauvrir les économies peu compétitives, parmi lesquelles la France (En 25 ans, la part de l’industrie en France est tombée de 30% à 14% du PIB contre 29% en Allemagne plus compétitive, sans que nos dirigeants en réalisent le danger) :
Les Etats membres de la zone euro doivent se financer sur les marchés financiers, la banque centrale européenne n’est pas autorisée à acheter de la dette souveraine. Seul ce dernier point est en train d’évoluer timidement puisque, dans un cadre conditionnel et temporaire, la BCE et le MES pourraient acheter de la dette souveraine des pays en difficulté demandant de l’aide. La solution passerait par la création d’un Etat Fédéral mais plusieurs années d’irresponsabilité, d’aveuglement idéologique, de spéculation financière…, ont conduit à l’explosion des endettements et à une désindustrialisation prononcée de plusieurs pays de la zone euro. Si l’Allemagne veut la sauver, elle devra assumer des coûts qui ne lui permettront plus d’être compétitive au plan mondial, or plus de la moitié du commerce extérieur de l’Allemagne se fait hors zone euro. Voir ces deux études de la banque « Natixis » dont la première concerne la stratégie de l’Allemagne, la seconde portant notamment sur le danger de la désindustrialisation :
http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=65118
http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=64253
Les pays en difficulté de la zone euro qui ont besoin d’être aidés mais qui ne peuvent plus dévaluer leur monnaie, sont aidés dans un cadre temporaire et conditionnel où ils doivent appliqueront un train de mesure de compétitivité et de réduction du pouvoir d’achat connu sous le nom de « dévaluation interne » que la France va devoir appliquer aussi même si beaucoup de français ne le savent pas encore. Ce système permet à l‘Allemagne de ne pas trop mettre la main à la poche pour les pays de la zone euro qui ont besoin d’aides, mais il est probablement voué à l’échec.
Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Ubuntu, PHP, MySQL, CKEditor.
Site hébergé par la Fondation Agoravox
A propos / Contact / Mentions légales / Cookies et données personnelles / Charte de modération

