Quand André Pironneau prétendait expliquer le putsch de Franco par l’activité souterraine de communistes français assoiffés de sang ! (113)
Dans l’article intitulé Comment dès le mois d’avril 1936 le parti communiste français avait préparé la révolution en Espagne, qu’il a publié le 14 janvier 1937 dans L’Écho de Paris, André Pironneau mentionne la lettre envoyée le 23 juin 1936 par le général Franco au ministre de la Guerre de la République espagnole, le général Quiroga, pour se plaindre du mauvais sort fait à l’armée par le gouvernement de Frente popular… Voilà donc ce qui aurait été à l’origine du putsch qui devait finalement intervenir peu après la rédaction de cette missive – qui protestait pourtant d’une fidélité inébranlable, au régime issu des élections, des militaires placés sous les ordres du général Franco…
Or, selon le journaliste français, un document démontrait qu’en réalité c’était bien le parti communiste français qui s’était trouvé à la source des événements survenus en Espagne durant l’été de 1936. Dès avril 1936, il n’aurait, en effet, pas hésité à diffuser dans tout le pays des « Instructions données aux milices rouges pour « neutraliser » l’armée ». Cette pièce à conviction, écrit-il, « nous la reproduisons in extenso, sans y ajouter aucun commentaire ».
C’est ce qui peut être vu à partir de ce lien…
https://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k8161487/f1.item
Pour notre part, nous nous en tiendrons aux différents paragraphes que le secrétaire général de L’Écho de Paris a trouvé bon de transcrire en caractères gras ou en lettres italiques :
« 4. Les comités provisoires des casernes renouvelleront tous les deux jours leurs listes de personnes en les plaçant au moyen de signes et de couleurs qui conviennent, en : ennemis, neutres, sympathisants et adeptes. La rébellion mise en exécution, le personnel du comité intérieur, sous sa stricte responsabilité propre, éliminera rapidement et sans aucune hésitation tous ceux qui figurent sous la classification d’ennemis, en n’oubliant pas que ces éliminations sont d’égale importance, quelle que soit la catégorie de l’ennemi, c’est-à-dire : que l’élimination atteindra les chefs, officiers, sous-officiers et gradés, et même les simples soldats. »
« 9. Ceux chargés de l’attaque des premiers (les généraux avec commandement) seront constitués par dix hommes, dont deux pourvus de pistolets mitrailleurs. À noter que ces généraux ont des aides de camp et un secrétaire et que, par conséquent, il y a lieu de procéder à l’attaque au domicile même de chacun d’eux : l’élimination sera exécutée par trois hommes du groupe, spécialement chargés du général, mais ne reculant devant aucun obstacle et agissant contre toute personne s’y opposant, quel que soit son âge ou son sexe. Le reste (du groupe) agira suivant les circonstances et à l’égard des aides de camp, d’après les informations recueillies sur chacun d’eux. »
« 11. Les groupes d’attaque d’officiers rejoignant les casernes seront composés de la même façon, mais il faut prendre garde que, comme les forces militaires fascistes tiennent à la disposition de ces officiers des automobiles protégées, les groupes de nos militaires devront se porter au point stratégique armés et en automobiles pour attaquer latéralement les croisements des rues, les véhicules militaires. On n’emploiera les armes courtes que pour les courtes distances et comme défense personnelle. Le feu sera ouvert au pistolet mitrailleur. »
« 15. Dès le début de la rébellion, des groupes de militants, sous l’uniforme de la guerre civile ou d’assaut, arrêteront tous les chefs de partis politiques, sous prétexte de leur défense personnelle, mais devront opérer suivant les instructions données pour l’élimination des généraux sans commandement. Pareillement, des groupes en uniforme, et sous le prétexte de protection, procéderont à l’arrestation des grands capitalistes qui figurent sur l’appendice B de la circulaire numéro 32. »
« 16. En cas de dissimulation, on leur appliquera l’élimination intégrale, y compris celle de la famille sans aucune exception. Il conviendra que les groupes en uniformes à qui cette mission est confiée près des grands capitalistes arrivent à les connaître d’une façon très précise et à rechercher des complicités parmi leur domesticité. Les chauffeurs et femmes de chambre peuvent être, dans ce cas, d’une grande utilité. »
« 18. Les militaires qui doivent faire l’objet de la plus étroite surveillance sont ceux qui figurent comme adhérents et sympathisants. Il faut tenir compte que ces militaires, arrivés dans nos rangs, ont une attitude indésirable dans l’armée ; on doit suivre, à leur égard, la même tactique qu’en Russie ; profiter d’abord de leurs services, et leur appliquer ensuite le même traitement que nous employons avec nos ennemis puisque, pour que notre œuvre demeure, un officier neutre est préférable à tout autre qui a trahi son uniforme et qui pourrait également trahir notre cause. »
« 19. On doit activer l’instruction de mouvements de nos milices, ainsi que celle des armes et du tir, pour la bonne discipline et l’efficacité dans l’emploi de ces armes, les habituer à accomplir sans hésitation la mission confiée à chacun d’eux et leur faire voir les conséquences de la trahison. »
« 26. Par l’entremise des serviteurs des officiers, on pourra connaître le caractère intime de ces personnes, y compris le détail de leurs besoins de famille, ainsi que l’influence des enfants, ou l’effet que ces nécessités peuvent exercer sur eux. Si n’importe quelle autorité, de n’importe quelle classe, montrait une faiblesse, ou résistance, sous prétexte de rectitude, il y aura lieu de la dénoncer au comité et groupe supérieur de l’organisation, afin que les autorités qui assurent le commandement des départements ministériels prennent les mesures nécessaires pour que les hésitants puissent être accusés de complicité ou de réaction. »
« 28. On devra considérer comme grands capitalistes les grands propriétaires de dépôts de marchandises, mais avec ceux -ci on doit en outre faire le nécessaire pour que leur magasin ravitaille dans leur marche les prolétaires qui recevront la ration nécessaire par l’entremise de groupes administratifs correspondants. »
Par conséquent… Francisco Franco avait parfaitement le droit de lancer son armée à l’assaut de la République… en attendant qu’il en aille de même dans cette France d’où tout le mal était parti, du fait des activités décidément criminelles des… bolcheviks au couteau entre les dents !... Une France dont le sort ne pourrait plus dépendre que des heureuses initiatives du couple Pironneau-De Gaulle et de « leur » « corps cuirassé »…
Ainsi le journaliste revient-il à la charge dans le numéro du 19 janvier 1937 de L’Écho de Paris…
https://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k816153p/f1.image.zoom
Il s’agit tout d’abord de s’en prendre au président socialiste du Conseil, comme l’indique le titre de l’article du jour : La passivité de M. Léon Blum devant le péril communiste, et de souligner, par contraste, le bon comportement de son principal ministre puisque – et c’est André Pironneau qui le souligne…
« M. Daladier, ministre de la Défense Nationale et de la Guerre, a pris fort au sérieux le document que les services compétents de l’État-Major de l’Armée détenaient depuis plusieurs semaines, mais dont il n’a saisi, à la fin de décembre, tous les commandants de région qu’après avoir été complètement édifié sur sa valeur et sur ses origines. »
Du côté du journal socialiste de référence, on n’est pas tout à fait sur la même longueur d’onde, s’inquiète le secrétaire général de L’Écho de Paris :
« Que le Populaire, également, n’ait vu dans ledit document qu’un simple « poisson d’avril », ne nous étonne pas. En reconnaissant l’authenticité des « instructions » et la collaboration des communistes à leur rédaction, l’organe du parti socialiste mettait le président du Conseil, chef du parti, dans l’obligation d’intervenir et de sévir. Or M. Blum ne veut faire à ses soutiens, les communistes, aucune peine, même légère. »
Même quand ils appelleraient à un massacre généralisé en Espagne… en attendant d’opérer de même en France !...
Tout cela est fort joli, mais André Pironneau vient tout à coup ajouter une preuve en quelque sorte magistrale de ce qu’il s’est permis d’avancer… Il aurait atteint la source même de la vague immense de criminalité qui s’apprête à déferler sur l’Europe (et ce n’est, bien sûr, pas le fait de la gentille Allemagne nazie)…
« Au surplus, le « plan d’opérations » que constituent les « instructions aux milices rouges espagnoles » n’est qu’une application des méthodes préconisées par le Bulgare Dimitrov, chef de la IIIe Internationale, au 7e congrès du Komintern, tenu le 2 août 1935 à Moscou. Dimitrov, ce jour-là, précisa « le but principal du travail révolutionnaire à réaliser dans l’armée française : « éliminer de cette armée tous les éléments « réactionnaires » et pour cela « organiser un contrôle permanent par les soldats sur leurs officiers ». À la suite de ce congrès, un organe exécutif de combat fut créé au sein de la section antimilitariste du parti communiste, à Paris. L’arrivée au pouvoir du Front Populaire, en donnant libre cours à la propagande communiste, devait faciliter l’action de cet organe. »
… dont on ne devait plus jamais entendre parler, de même que du torchon qui en avait inventé le programme massacrant…
N’empêche : plutôt Hitler que le Front populaire, n’est-ce pas ?...
Pour en savoir plus sur le présent travail, veuillez suivre ce lien...
https://dejeanmoulinavladimirpoutin.wordpress.com/
Michel J. et Christine CUNY
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