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Éric Guéguen 16 septembre 2012 12:53
Éric Guéguen

Disons qu’un véritable pays libéral refuserait de légiférer à ce sujet, tablant sur la responsabilité et la discipline intellectuelle de chacun (chaque loi n’est-elle pas, en définitive, une défaite de l’intelligence commune ?). Mais vous et moi savons pertinemment à quoi nous en tenir vis-à-vis de ces choses primordiales à notre époque...

Je suis en train de lire le dernier numéro de Philo Mag : très intéressant. Il y est expliqué notamment pourquoi nous ne lisons plus, n’écrivons plus, ne mémorisons plus et n’apprenons plus comme avant. Et il y a de grandes chances pour que ce qui a été perdu en cours de route le soit définitivement chez la plupart d’entre nous. D’ici 50 ans, le métier de rédacteur sera un métier d’avenir. Seule une poignée de résistants aura encore plus de 1000 mots à son vocabulaire et - à moins que des machines s’en chargent - il faudra faire appel à eux pour la communication d’un savoir qui deviendra, paradoxalement, inaccessible à la plupart lors même que nous vivrons à l’âge de l’Internet et du tout-numérique. C’est affolant.
Tout ceci pour dire que je ne crois pas au Progrès. Je crois au progrès individuel, pas davantage. Et pour un individu qui s’évertue à bien vivre, à être honnête et rigoureux intellectuellement, combien - utilitaristes au possible - s’en moquent comme de l’an 40 ? Et comme la seule légitimité encore tolérée de nos jours est celle qui fédère, qui fait « nombre », qui offre une majorité, quelle qu’elle soit, notre pente civilisationnelle est la paresse, la facilité, la perte de sens généralisée. C’est une manne immense pour l’empire du commerce.

J’ai un autre texte en ligne, je ne sais pas si vous l’avez lu. Par ailleurs, j’ai un petit article historique en attente de validation.
Bien à vous.



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