La roue tourne, et pour ceux qui font le tour complet, reste à vivre aussi bien que possible la dernière saison, si souvent la plus longue.
Il y a un présent pour tous. Il y a aussi les souvenirs, trésors de la vieillesse.
Quatre
saisons
Bleu fut mon rêve aux
matins du printemps
Quand les fleurs et les
fruits chatoyant de couleurs
Enivraient tous mes sens
de suaves senteurs,
De visions de l’Eden et
de mille saveurs.
D’or fut mon rêve au
soleil de l’été
Aux midis rayonnants, aux
instants alanguis,
Quand l’amour foisonnant
savait peupler mes lits
De repos enlacés, suivant
de folles nuits.
Gris fut mon rêve, ainsi
qu’un ciel d’automne,
Quand les feuilles des ans
pâlissant une à une
Distillaient en mon cœur
les larmes d’amertume
D’un passé s’enfuyant,
indicible infortune.
Noir est mon rêve en
cette nuit d’hiver.
Enfoui sous la neige il
gît en un linceul,
Tissé de souvenirs dont
je porte le deuil,
Ainsi que sont les morts
couchés en leur cercueil.