Article d’un nombrilisme n’ayant d’égal que celui de la plupart des commentaires auxquels il donne lieu. Chacun en effet néglige que tout individu est, en tout, le pauvre ou le riche de plus riche ou de plus pauvre que lui et que par ailleurs le veau d’or n’a pas pour adorateur les seuls riches. Chacun lui voue un culte à la hauteur de ses moyens.
Le constat qui s’impose, avant de gloser sur le bien et le mal, n’est-il pas que la condition de chacun d’entre nous est avant tout héréditaire – les pauvres enfantent des pauvres comme les riches enfantent des riches – et que si quelques uns parviennent à améliorer cette condition, il en est du contraire pour d’autres ?
C’est cette fatalité et la hiérarchie fondamentale qu’elle instaure, qui caractérisent avant tout la condition humaine, dans le surnombre des plus démunis, et dont il serait intéressant de savoir si elle est un cadeau de Dieu, du Diable, ou des deux, se confondant pour s’annihiler.
Mais comme s’interrogeait Jean Fourastié, qui se préoccupe de la condition humaine ? Chacun a trop à faire avec son ego pour s’en soucier.