• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Signaler un abus

Trelawney 24 décembre 2014 10:36

Avec l’apport du pétrole de schiste, les États-Unis ont produit, en aout 2014, 8,6 millions de barils par jour et prévoit d’atteindre 9,5 millions de baril par jour en 2015. Un record depuis le « peak oil » de 1970, année à partir de laquelle la production avait commencé à reculer. Le taux de dépendance américain au pétrole importé est tombé de 60 % en 2005 à 30 % aujourd’hui et va continuer de descendre dans les prochaines années. Le brut que les Américains n’importent plus, notamment des pays d’Afrique de l’Ouest (Nigeria, Angola), est réorienté vers l’Europe.

Le ralentissement économique en Europe et en Asie a réduit considérablement les besoins en pétrole. Pourtant, fin novembre à Vienne, l’organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) avait décidé de maintenir à 30 millions de barils par jour (mbj) le plafond de production malgré les appels à une réduction de l’offre pour inverser la courbe baissière des prix. Faute d’un accord avec les pays producteurs hors OPEP comme la Russie et le Mexique pour réduire la production, les Saoudiens ont donc décidé de laisser plonger le prix du pétrole pour mettre en difficulté les pétroliers du Texas et du Dakota du Nord. Ils pensent descendre les prix du baril à un niveau de prix où ces derniers ne pourront plus continuer à extraire leur pétrole de schiste sans faire faillite, ou, au minimum, réduire leurs investissements et donc, ralentir la croissance de la production

Pour certains experts, en raison notamment des progrès de la technologie, l’extraction de pétrole de schiste continue à être rentable, à un prix du pétrole aussi bas que 40 dollars le baril. D’autres experts situent ce seuil de rentabilité à 65/70 dollars le baril. Il ne faut pas oublier que le pétrole de schiste est issu d’une bulle financière avec notamment un système d’emprunt in fine pour (si je puis dire) amorcer la pompe. Même si un crash financier est toujours possible, les innovations attendues dans la technique d’extraction susciteront un rebond avec une nouvelle vague d’investisseurs. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter sur les prévisions d’extraction de ce pétrole qui vont aller croissant.

Le bras de fer entre les monarchies pétrolières du Golfe et les pétroliers américains continue. Un pétrole à 40 dollars le baril n’est donc pas à exclure pour l’année 2015.



Palmarès