Avec l’apport du pétrole de schiste,
les États-Unis ont produit, en aout 2014, 8,6 millions de barils par jour et prévoit
d’atteindre 9,5 millions de baril par jour en 2015. Un record depuis le « peak
oil » de 1970, année à partir de laquelle la production avait commencé à
reculer. Le taux de dépendance américain au pétrole importé est tombé de 60 %
en 2005 à 30 % aujourd’hui et va continuer de descendre dans les prochaines
années. Le brut que les Américains n’importent plus, notamment des pays
d’Afrique de l’Ouest (Nigeria, Angola), est réorienté vers l’Europe.
Le ralentissement économique en
Europe et en Asie a réduit considérablement les besoins en pétrole. Pourtant, fin
novembre à Vienne, l’organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) avait
décidé de maintenir à 30 millions de barils par jour (mbj) le plafond de
production malgré les appels à une réduction de l’offre pour inverser la courbe
baissière des prix. Faute d’un accord avec les pays producteurs hors OPEP comme
la Russie et le Mexique pour réduire la production, les Saoudiens ont donc
décidé de laisser plonger le prix du pétrole pour mettre en difficulté les
pétroliers du Texas et du Dakota du Nord. Ils pensent descendre les prix du
baril à un niveau de prix où ces derniers ne pourront plus continuer à extraire
leur pétrole de schiste sans faire faillite, ou, au minimum, réduire leurs
investissements et donc, ralentir la croissance de la production
Pour certains experts, en raison
notamment des progrès de la technologie, l’extraction de pétrole de schiste
continue à être rentable, à un prix du
pétrole aussi bas que 40 dollars le baril. D’autres experts situent ce seuil de
rentabilité à 65/70 dollars le baril. Il ne faut pas oublier que le pétrole de
schiste est issu d’une bulle financière avec notamment un système d’emprunt in fine
pour (si je puis dire) amorcer la pompe. Même si un crash financier est
toujours possible, les innovations attendues dans la technique d’extraction susciteront
un rebond avec une nouvelle vague d’investisseurs. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter
sur les prévisions d’extraction de ce pétrole qui vont aller croissant.
Le bras de fer entre les monarchies
pétrolières du Golfe et les pétroliers américains continue. Un pétrole à 40
dollars le baril n’est donc pas à exclure pour l’année 2015.