• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Signaler un abus

Olaf 1er février 2015 19:35
Olaf

Cher Averoes,

Trouverons nous un jour un vestige manifeste, une référence historiographique absolument explicite et confondante indiquant indubitablement l’endoctrinement judéonazaréen de Mahomet et des Qoréchites ? Peut-être, malgré le soin méticuleux qu’ont mis les califes à les détruire.

Mais nous avons déjà le Coran, qui même dans son état actuel, rend compte de cet endoctrinement. J’estime en montrer déjà suffisamment dans les quelques passages que j’explicite en 3eme partie. Et nous avons encore plus pour ce qui est de fonder l’hypothèse de cet endoctrinement. Rappelons qu’en histoire, il n’existe pas de vérité, mais un degré de certitude, de probabilité que l’on atteint par la convergence d’éléments probants. Nous connaissons désormais les éléments suivants à propos d’un possible endoctrinement judéonazaréen de certains Arabes :

– Le terme de « nasara » dans le Coran, le sens de son emploi.

– La rémanence de figures nazaréennes dans l’islam comme ayant instruit Mahomet (Waraqa, dans une moindre mesure Bahira).

– La concordance de l’eschatologie juive (du moins certains scénarios) avec l’eschatologie musulmane, et au delà, le rapport de filiation de très nombreuses traditions musulmanes avec certaines traditions juives, comme la reprise dans le Coran et dans le discours islamique d’éléments juifs (textes, histoire de Mahomet, …) ; la concordance de la vision nazaréenne du monde et celle de l’islam.

– Les origines syriennes du Coran et de l’islam : la toponymie judéonazaréenne (noms de lieux, de collines, de temples, que l’on retrouve dans le Coran, comme Abil Bet Ma’ka, Abou Ka’aba, Abou Qobels …), la toponymie qoréchite que l’on ne retrouve nulle part ailleurs (le caravansérail des Qoréchite, la rivière des Qoréchites), l’archéologie, avec les fouilles qui ont montré que les judéonazaréens habitaient la Syrie et qu’ils ont cohabité dans les mêmes lieux avec des Arabes à partir de la fin du 6e siècle, la philologie qui a montré que la langue utilisée dans le Coran n’est pas sud arabique mais nord arabique, en Arabie syrienne (cf. les travaux de Robert Kerr), et le Coran lui-même, qui décrit les pseudo-Mecquois comme habitant les régions méditerranéennes (agriculteurs, éleveurs, pêcheurs) et qui décrit leur habitat (végétation) comme méditerranéen.

– La coïncidence de l’histoire de la conquête arabe de Jérusalem (redécouverte notamment par Prémare) avec le projet judéonazaréen de reconstruction du temple : témoignages sourcés de la présence de Juifs avec les Arabes, témoignages de la reconstruction du temple sous Omar

– La chronique du pseudo Sébéos que je cite dans Le Grand Secret de l’Islam

– Les travaux d’étude informatique du Coran (publication en 2014 de la thèse de JJ Walter), qui ont un caractère probant (là où les hypothèses historiques ne restent in fine que des hypothèses plus ou moins probables).

Etc, etc. Pour fouiller vraiment la question je vous recommande la lecture de la thèse du Père Edouard-Marie Gallez, dont je n’ai pas caché qu’elle était indispensable à la compréhension fine de ce que je décris dans Le Grand Secret de l’Islam.

Au final, ce que je peux affirmer à propos de l’hypothèse de l’endoctrinement judéonazaréen pour expliquer l’origine de l’islam, c’est qu’elle est bien plus probable que les explications avancées par le discours musulman. Ces dernières (si l’on met de côté l’intervention divine sur laquelle les scientifiques ne spéculent pas) reposent sur des sources et documents largement postérieurs aux événements décrits (150 ans a minima pour la sîra), et contredisent certains témoignages matériels de manière troublante : par exemple, le statut de La Mecque, la reconstruction occultée du temple de Jérusalem, les inscriptions du Dôme du Rocher, les témoignages discordants des sources non-musulmanes contemporaines des débuts de ce qui est devenu l’islam.

Enfin, pour ce qui est de la recension de Brague, elle est des plus intéressantes. Datant de 2003, il ne disposait cependant pas encore des derniers éléments dont rend compte Le Grand Secret de l’Islam (d’où sa remarque concernant la « grosse difficulté : nous n’avons pas de traces d’un lien direct entre le groupe judéo-chrétien expulsé de Jérusalem vers 66 et les événements situés six siècles plus tard« ). A ce sujet, je vous recommande d’éplucher le site d’Edouard-Marie Gallezà propos du travail de Luxenberg.

Cordialement.



Palmarès