Il serait peut-être
temps que les français apprennent à grandir et laissent au placard
leurs illusions de grandeur et d’impérialisme. Mais bon, sans doute
cela révèle-t’il une faille beaucoup plus profonde : que la France
reste toujours un empire, fait de provinces désunies, que c’est la
volonté impérialiste qui la bâtit à chaque instant, que sans elle
elle n’est rien. Le même syndrôme explique son attachement à ce
système centralisé, tant territorialement qu’au niveau des
institutions centrales, avec son adoration d’un président
tout-puissant digne héritier de Napoléon, en même temps que son
mépris des droits et libertés et des contre-pouvoirs.
Mais avec ce refus
d’une pièce commémorative autant que d’assister aux cérémonies du
bicentenaire, sous des prétextes futiles, les français se
discréditent aux yeux de l’Europe, non seulement en se présentant
en mauvais perdants (comme si les allemands hésitaient à célébrer
le 8 mai ou protestaient contre une pièce le célébrant). Mais
surtout en laissant penser qu’ils ont toujours des ambitions
impérialistes. Comme ça, les autres pays sont prévenus.