La
technique est vraiment « l’enjeu du siècle ». Ce n’est
même plus un phénomène extérieur à l’homme, mais, comme le
définissait Ellul, un « milieu », un système global
dans lequel on baigne, dont on ne s’aperçoit même plus, en
fonction de quoi tout le reste s’articule. La technique nous
possède véritablement, nos émotions, nos buts, notre mode de
fonctionnement, notre rapport au temps, etc. Et vous-même, vous êtes
inséré totalement dans ce système : votre roman parle de
conflits, de buts matériels à atteindre, d’un rapport somme toute
extérieur et technique à l’existence (des quantités, des forces,
des luttes, etc.) (le sous-titre : « le crépuscule des
humanistes » est à cet égard tout à fait éloquent). Il
nous est aujourd’hui très difficile de concevoir un autre rapport
au monde. Il ne s’agit pas que de gadgets, de couper son
ordinateur. C’est un rapport au monde.