Merci pour cette analyse toute en finesse.
Peut-être trop en finesse, d’ailleurs, car il faut accepter
de regarder la réalité américaine en retirant ses lunettes européennes
déformantes.
Il ne s’agit pas en l’occurrence du remplacement d’une
aristocratie héréditaire et féodale par une aristocratie marchande alliée à une
aristocratie intellectuelle comme vous l’évoquez pour décrire la révolution
bourgeoise de 1989 en France.
Il s’agit de l’affrontement de deux mafias de gangsters
hyper-dangereux qui rivalisent pour avoir accès aux manettes les plus juteuses
en faisant croire à la population que c’est elle qui choisit, alors que d’une
part c’est faux (le matraquage médiatique est un abrutissement, pas une aide
aux choix), qu’il s’agirait tout au plus d’une alternance et non d’une
alternative, mais encore mieux, les victimes ne sont ni dans un camp ni dans l’autre,
mais sont l’ensemble de la population, comme dans les histoires d’Al Capone.
Les guignols déguisés du Capitole et cette pantalonnade n’ont
rien à voir avec les sans-culottes (qui étaient effectivement manipulés).
Il s’agit bien par contre d’une guerre entre gangsters qui
utilisent toutes les techniques de la mafia : lien.
Et bien sûr, l’omerta est de règle. Celui qui bave se retrouve dans une
poubelle de Palerme avec ses « pelotas » entre les dents.