Avoir une arme n’aboutit pas fatalement à tuer des gens. Les
chasseurs, en France, ont des armes, et ils ne tuent que du gibier (ou très
rarement un autre chasseur quand ils sont pétés). Ce sont bien les armes qui
provoquent la mort, mais ce sont les tireurs qui tuent. La société américaine
produit des modèles de super-héros qui ne se soucient pas du nombre de morts qu’ils
font puisqu’ils se battent pour le bien. Joker, il est méchant, Batman il est
gentil. Mais Batman tue. Les shérifs aussi, tuent. Les films hollywoodiens,
quand ils ne sont pas mièvres comme le sont une bonne partie, sont hyper
violents et, sous prétexte de mettre en garde le public, mettent en scène des
hécatombes qui ont le succès commercial attendu, véritable objectif de la
production. Les ados ont un accès illimité, en ligne ou sur leurs consoles, à
des jeux où la mort de celui qui est en face n’est pas un drame, mais un
objectif.
La NRA est responsable, oui, coupable, oui. Mais pas la
seule. Elle s’épanouit dans un terreau idéologique tournant autour de la loi du plus fort, de
trafics, de règlements de comptes et de corruption. Par lequel de ces fléaux
faudrait-il commencer. C’est comme l’hydre de l’Erne : quand on coupe une
tête, il en repousse dix.