@jakem
( suite 1 ) : « Dans la gauche, aujourd’hui, on dit que l’on veut radicaliser la démocratie pour essayer de faire qu’elle soit plus progressiste et plus proche des aspirations du peuple, qu’on présuppose toujours progressiste, explique-t-il. Mais les sondages contemporains montrent que les aspirations du peuple sont plutôt conservatrices, voire franchement réactionnaires. Moi, je propose à la gauche une autre voix, une autre pensée possible… » Pour se substituer au peuple, Lagasnerie entend s’appuyer sur un aréopage de chercheurs proches de la gauche radicale. « Je suis très sensible à la pensée et à la science », affirme-t-il.
Le sociologue, soutien revendiqué de LFI, voit juste au moins sur un point : la majorité du peuple rejette les délires de la gauche radicale, qui, à court terme, n’a aucune chance de l’emporter par la voie démocratique. Il faut aussi lui reconnaître le mérite de l’honnêteté : Lagasnerie ne cache son mépris ni pour le peuple ni pour les urnes. On pourrait donc sourire de ses élucubrations si elles n’étaient pas prises au sérieux par une partie du monde universitaire et médiatique. Et surtout, si ses propos ne faisaient pas écho à un antidémocratisme qui dépasse de très loin le camp de la gauche radicale.