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Étirév 18 septembre 06:18

LA LANGUE MATERNELLE LANGUE SACRÉE
Parmi les objections des partisans de la Révélation masculine se trouve celle qu’ils tirent de l’origine du langage.
Les théologiens, suivant la tradition, mettent toutes les perfections au commencement (qui fut le régime féminin), tandis qu’ils ne voient maintenant, et avec juste raison, que décadence et corruption. Ils soutiennent que l’homme primitif était en possession d’une langue parfaite qui lui avait été enseignée par Dieu lui-même. Et pour soutenir cette assertion, ils affirment qu’il eût été impossible à l’homme d’arriver à trouver le langage par ses propres forces et sans une intervention divine.
Nous admettons tout cela, mais nous affirmons que ce n’est pas un Dieu surnaturel qui a appris à l’homme à parler, c’est une Divinité naturelle, la Déesse-Mère, c’est-à-dire la Femme, plus avancée que l’homme dans l’évolution psychique et mentale, ce que tout le monde peut constater chez nos adolescents. Déjà la petite fille parle plus tôt que le petit garçon, mais, à l’âge de la maternité, c’est bien elle qui enseigne à ses enfants la première langue.
Ceux qui ne comprennent plus les origines et qui nient l’action maternelle dans la formation des sociétés primitives, ont expliqué l’origine du langage par une évolution lente, faite de tâtonnements.
Cette opinion a rencontré beaucoup d’adversaires, notamment de Humboldt, qui refuse d’admettre la marche informe et mécanique des langues.
Mais si le Dieu surnaturel des Théologiens avait été le révélateur du langage, il n’existerait qu’une seule langue comme il n’existe qu’un seul Dieu. Si les langues sont multiples, c’est parce que les Mères furent multiples et partout remplirent le même rôle éducateur, mais avec des différences de races, donc de prononciation, puis de langues.
Ces langues primitives sont partout la langue sacrée ; quoiqu’elles ne soient plus, nulle part, la langue vulgaire, elles sont cependant conservées comme langues-mères, langues-racines des idiomes que les hommes ont greffés sur ces formes primitives.
La langue est intimement liée à la pensée. La parole ne se conçoit pas sans le secours de la pensée préexistante, tandis qu’au contraire, la pensée se conçoit existant avant la parole. M. de Bonald disait : « Il faut penser sa parole, avant de parler sa pensée ».
Si Platon a dit que la pensée est le discours que l’esprit se tient à lui-même, cela vient de l’habitude que nous acquérons en naissant de parler notre pensée, habitude devenue tellement forte en nous que nous ne pouvons pas concevoir la pensée imparlée et, dès qu’une pensée se forme dans notre cerveau, elle se présente tout de suite à notre entendement sous la forme de mots. Si intérieurement nous parlons notre pensée, c’est tout simplement parce que nous avons appris à parler en même temps qu’à penser.
Lorsque Descartes voulut faire table rase dans son entendement, la première phrase qu’il aurait dû dire, pour reconstruire l’édifice de ses croyances, au lieu d’être son fameux : « Je pense, donc je suis », aurait dû être : « Je parle, donc je pense », car cette phrase qu’il prononçait mentalement, il la prenait dans sa connaissance qu’il avait du langage dont il avait oublié de se défaire comme de ses autres connaissances.
À toutes fins utiles, rappelons que, en réalité, le hasard n’existe pas. Ce que les hommes appellent le hasard est simplement leur ignorance des causes (le mot « hasard » provient de l’arabe « az-zahr » qui signifie « chance, dé »).
NB : LE « TÉLÉPHONE ARABE » ?

Nous avons tendance à nous étonner des prouesses du téléphone, nous laissant imaginer que nos ancêtres ne communiquaient pas entre eux, ou mal. Quel progrès incontestable, disons-nous ! N’est-ce pas ? Pourtant, à y regarder de plus près, cela n’est pas du tout évident. Car ce que l’on n’imagine pas c’est que cette capacité, sinon ce moyen spécifique, de communication a toujours existé entre les hommes, et que notre pouvoir de communication en réalité n’a fait que s’obscurcir et se matérialiser au cours des âges. Ainsi nous appelons « progrès » ce qui n’est qu’amplification des moyens (matériels) nécessaires à compenser la dégradation de notre situation ontologique. Autrefois, la simple venue dans la ville d’un étranger, le simple retour du fils prodigue ou du mari d’un long périple, se répandait comme une traînée de poudre, avant même qu’il y soit rendu. De nos jours, nous appelons ce phénomène communément (et souvent de manière péjorative) le « téléphone arabe », parce que nous rattachons ce moyen moderne à une civilisation encore susceptible d’accéder en son Cœur, à cette autre dimension, qui en vérité consiste en une plus grande simultanéité, due à sa plus grande proximité du Principe divin. Cependant, la tentation exercée sur les musulmans par la science et les prouesses technologiques d’un « Occident mentalitaire » s’exerce même là où l’on s’y attendrait le moins. Tout se passe comme si la société Islamique s’était engagée sur la voie qui progressivement la mènera à une situation comparable à celle qui caractérisa hier la société chrétienne lorsque la « chrétienté » abjura de fait sa propre tradition pour le « plat de lentilles » de l’humanisme, de l’individualisme, entraînant un changement radical dans ses préoccupations et ses finalités.
Faits et temps oubliés



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