Un simple constat : un État n’a ni amis ni ennemis, seulement des
intérêts. Et encore moins de morale.
L’Allemagne recule sur tout ce qui
faisait sa force, c’est-à-dire le cœur historique de son industrie
: automobile, chimie, acier, machines-outils. L’énergie est trop
chère et la concurrence chinoise écrase tout. L’armement ne
remplacera pas l’automobile, mais il compense en partie, et c’est
l’un des rares secteurs qui embauchent. Un obus de 155 mm
Rheinmetall, c’est grosso modo entre 3 000 et 8 000 euros selon les
contrats. Alors, action !
Le contexte s’y prête : deux conflits
qui consomment énormément d’armement. Pourquoi s’en priver ?
Bien sûr, Berlin invoque la «
Staatsräson » pour Israël et la menace russe pour l’Ukraine. Ce ne
sont pas de faux arguments. Mais la « Staatsräson » a bon dos
quand elle fait tourner les usines, et l’embargo de 2025 qui n’a duré
que trois mois en dit long sur l’ordre des priorités. Au fond, la «
Staatsräson » doit-elle être éternelle ? (C’est juste une question sans aucune arrière pensée qui peut prêter à débat) La responsabilité
historique de l’Allemagne l’est, mais doit-elle forcément passer par
des livraisons d’armes sans condition ?
Si on pousse le raisonnement jusqu’au
bout, quel intérêt aurait l’Allemagne à pousser ces pays vers un
règlement pacifique ?
Choisir entre une victime d’un obus à
3 000 euros dans un pays étranger et un chômeur de plus qui vote
AfD ou Die Linke, je suis à peu près sûr que les gouvernants
allemands ne se posent même pas la question.
Et l’humanitaire, on le laisse aux ONG
et aux agences de communication. La morale est sauve.