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  • Vudenbas Vudenbas 10 octobre 15:51

    @Dudule et l’auteur

    Je partage une partie du constat. L’article a raison de pointer la concentration des médias entre quelques grandes fortunes : c’est un vrai sujet démocratique. Sur l’impôt, le tableau est plus flou qu’on ne le dit. La seule étude détaillée (Institut des politiques publiques) conclut que le taux d’imposition baisse tout en haut, mais elle porte sur des données de 2016. Depuis, la suppression de l’ISF, la flat tax et la baisse de l’impôt sur les sociétés ont allégé l’imposition des plus riches. À l’inverse, deux mesures temporaires, votées pour 2025 et reconduites pour 2026, l’ont alourdie : une surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises et un impôt minimal de 20 % sur les hauts revenus. Ce dernier ne touche guère les bénéfices conservés dans les holdings, qui sont le cœur du problème. Personne ne sait donc précisément où en est l’écart aujourd’hui, et d’autres calculs contestent l’étude elle-même. Le débat est toujours d’actualité.

    Revenons maintenant à Brandolini.

    L’article oppose un milliard confié à une seule personne à 1 000 € donnés à un million de personnes, comme s’il s’agissait d’argent qu’on pourrait réinjecter dans l’économie. Prenons l’exemple de Dudule. La fortune de Bernard Arnault, autour de 145 milliards d’euros, équivaut à peu près au déficit public d’une seule année (152 milliards en 2025), à un mois de dépenses publiques (plus de 1 700 milliards par an) ou à 4 % de la dette (près de 3 600 milliards). Immense à l’échelle d’une personne, modeste à l’échelle d’un État. Et une fois ponctionné et dépensé, on ponctionne qui ? Et qui plus est, dépensé dans quoi ? Vu que nous importons plus que nous exportons, ça partira essentiellement à l’étranger.

    Et cette fortune n’est pas un compte en banque. Ce sont pour l’essentiel les parts de la famille dans LVMH, soit la moitié du capital. Quand Dudule demande ce qu’il fait de cet argent, la réponse est là : il est dans l’entreprise. Sa valeur dépend des marchés et des taux d’intérêt, et elle s’est construite en partie sur l’endettement et les holdings : quand la fortune «  double », c’est surtout le cours de Bourse qui monte, pas un revenu perçu. L’action LVMH avait d’ailleurs perdu plus d’un tiers de sa valeur début 2026 par rapport à son sommet de 2023. Pour récupérer cette fortune, il faudrait vendre ces parts. Avec un plafond, aucun particulier français ne pourrait les racheter, et les investisseurs institutionnels français ne pourraient pas absorber de tels montants. Elles partiraient pour l’essentiel à l’étranger, avec le contrôle d’un fleuron français, et leur valeur chuterait au passage. Une fois l’argent dépensé, il ne resterait plus rien, encore une fois. Quoique, il reste Dassault, Bettencourt, on tiendra un ou deux mois de plus, suis je bête. Et il est clair que la France va envoyer un signal très fort aux investisseurs étrangers. Venez vous faire dépouiller.

    @Dudule, il y a aussi une confusion entre le propriétaire et ses entreprises. Quand vous dites qu’Arnault ne paie « presque rien », vous ne regardez que son impôt personnel. Or LVMH paie elle-même des impôts en France : selon le groupe, environ 40 % de son impôt sur les sociétés mondial, soit à peu près 4,5 % de tout l’impôt sur les sociétés perçu en France, sans compter les cotisations et la TVA. Elle emploie aussi des milliers de salariés. Même l’étude de l’IPP le relève : pour les milliardaires, l’impôt sur le revenu est très faible, mais l’impôt sur les sociétés pèse lourd. On peut juger le total insuffisant, mais « presque rien » ne tient pas. L’article, lui, ne dit rien des impôts payés par les entreprises.

    L’article illustre aussi son propos par les dirigeants de pays pauvres autoritaires qui captent les richesses de leur pays pour les placer en Occident. La comparaison ne tient pas. Un dictateur s’approprie les richesses par la force, en contrôlant l’État, l’armée et la justice, et il est au-dessus des lois. Un homme d’affaires s’enrichit parce que des clients achètent librement ses produits, et il reste soumis aux lois, aux impôts, aux tribunaux et à la concurrence (la concurrence ne s’achète pas, lois anti-trust, etc). Le dictateur fait sortir l’argent de son pays  ; une entreprise comme LVMH, qui vend l’essentiel de sa production à l’étranger, en fait entrer.

    Le plafond proposé pose aussi problème. À 1 000 ans de SMIC, il s’appliquerait dès 22 M€ environ, soit 45 fois moins qu’un milliard, et l’article n’y voit qu’« un bon début ». Il toucherait donc bien plus de monde que les milliardaires, notamment des propriétaires d’entreprises familiales. Ces entreprises ne fermeraient pas du jour au lendemain, mais leurs prochains investissements se feraient ailleurs.

    Enfin, l’article affirme que les ultra-riches financent les campagnes de leurs candidats. En France, les entreprises n’en ont pas le droit, et les dons des particuliers sont plafonnés à 4 600 € par élection. L’influence passe surtout par les médias, comme le dit Dudule, et par le lobbying. Cela appelle des réponses ciblées : règles anticoncentration, indépendance des rédactions, transparence.

    Bref, le vrai sujet me semble être le pouvoir que donne la concentration de la richesse, plus que l’argent lui-même. Il se traite par une fiscalité mieux calibrée tout en haut, appuyée sur des chiffres à jour, et par une meilleure régulation. Pas par un plafonnement qui ne rapporterait qu’une fois et fragiliserait ce qui produit la richesse à partager.



  • Vudenbas Vudenbas 10 octobre 12:21

    @Vudenbas

    OOupps jai posté un peu vite, pendant la rédaction je n’ai pas vu le passage d’Etirev.



  • Vudenbas Vudenbas 10 octobre 12:20

    Le problème du politicien, est qu’il est politicien justement.

    Je corrige, c’est un professionnel de la politique, et sa survie passe par l’obtention d’un poste et de la retraite ou pension associées, et qui une fois obtenu, le poste, peut éventuellement l’aider à passer dans le « privé ». Mais plus par pantouflage que par compétence, et revenir en politique quand l’occasion se représente.

    Autre caractéristique remarquable du politicien professionnel, il a toujours des solutions miracles une fois qu’il n’est plus aux affaires. Et si on lui demande pourquoi il ne les a pas mis en œuvre pendant son mandat, il renvoie la faute à un autre : le ministre au président, le président au contexte, le gouvernement au Parlement, etc.

    C’est le problème dans la prise de décision quand on est aux affaires, la dilution des responsabilités et la perte d’un concept devenu complètement désuet qu’on appelait fut un temps « honneur ». Sans compter la formule de Chevènement : un ministre « ferme sa gueule ou démissionne ». Et là on parle de manque de courage et de convictions.

    Je ne parle même pas des périodes électorales ou c’est la foire à la saucisse pour les promesses.

    Mais à leur décharge, les électeurs ne veulent pas entendre parler de mauvaises nouvelles, comme austérité, rigueur budgétaire, etc...

    On a peut être les politiciens qu’on mérite au final.

    Je mets de côté les rôles des médias.



  • Vudenbas Vudenbas 10 octobre 11:09

    Bonjour,

    J’ai apprécié la grille des quatre points de vue, et le fait que vous preniez au sérieux la question du financement des médias, qu’on oublie souvent dans ce débat.

    Mais je me permets un petit signalement au sujet de l’annexe. J’ai cherché les études citées dans la réponse de Grok, et je n’ai retrouvé aucun des chiffres avancés. Les organismes existent bien (CNC, Affimétrie, Ipsos, Kantar, Médiamétrie), mais les études mentionnées soit n’existent pas sous ce nom, soit portent sur autre chose. Par exemple, le baromètre publicitaire du CNC mesure les investissements des annonceurs, pas le comportement des téléspectateurs. Il s’agit très probablement de chiffres générés par l’IA, (problème que j’intègre dans la réflexion ci-dessous).

    La publicité d’aujourd’hui déborde largement le spot et l’affiche. Entre influenceurs, contenus sponsorisés et techniques de psychologie comportementale (le « nudge »), la frontière avec la communication d’influence devient de plus en plus poreuse, au point qu’on pourrait presque les regrouper sous un terme commun. Cette porosité n’est d’ailleurs pas nouvelle : Edward Bernays, neveu de Freud et père des relations publiques, employait indifféremment les deux termes dans les années 1920 et intitulait son livre de 1928 Propaganda, avant que le mot ne prenne la connotation négative qu’on lui connaît. C’est lui qui, en 1929, a fait de la cigarette un symbole d’émancipation féminine pour le compte d’un cigarettier.

    Les IA elles-mêmes sont une forme contemporaine de cette influence. Elles ont tendance à la complaisance (la « sycophancy » en anglais), en l’occurrence, dire à l’utilisateur ce qu’il souhaite entendre, ou à lui fournir ce qu’il demande même quand l’information n’existe pas. C’est probablement ce qui s’est passé avec les chiffres de Grok.

    Dans ce contexte, supprimer la publicité ne supprimerait pas l’influence, elle la déplacerait. Ne pas montrer une option oriente aussi nos choix, et celui qui décide de ce qu’on voit à la place (comparateur, média, algorithme) exerce lui aussi une forme d’influence. L’idéal serait sans doute de pouvoir choisir en connaissant toutes les alternatives, avec un regard critique et un peu de doute méthodique : ne rien tenir pour acquis avant de l’avoir vérifié, qu’il s’agisse d’une publicité, d’un article ou d’une réponse d’IA. Mais cela demande un effort considérable, difficile à maintenir face au flot d’informations auquel nous sommes exposés chaque jour, et c’est peut-être là le cœur du problème.



  • Vudenbas Vudenbas 10 octobre 10:20

    Je... comment dire... oui... mais non... la première idée qui me vient c’est : la drogue c’est mal !

    Le pire, c’est que je ne vois même pas l’intérêt de contre argumenter.

    Ça en est même effrayant.

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