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Vudenbas 30 septembre 12:49
Vudenbas

@Fergus, @Zenzoé

Zenzoé, auriez-vous la référence de cette réforme de 2029 ? Je n’ai trouvé que la recodification du Code de procédure pénale, qui entre en vigueur à cette date mais se fait à droit constant. Les victimes peuvent déjà demander des contre-expertises depuis 1995, et depuis 2023, la Cour de cassation impose un procès dès qu’un expert conclut à une simple altération du discernement. Ce sont de vrais progrès, mais dans les cas d’abolition complète, les familles restent privées de procès.

Pour en revenir à nous Fergus, « comment faire, au-delà des paroles prononcées lors des audiences ? », je me dis que le débat porte en réalité sur la symbolique. Et à cela, la loi ne peut pas répondre à elle seule. Elle est faite par des hommes, bien sûr, mais pour tous en général et pour personne en particulier. Elle peut créer des droits, des procédures, des indemnisations ; elle ne peut pas reconnaître le tort fait à cette victime et à cette famille.« Aristote le disait déjà : la loi, parce qu’elle est générale, ne peut pas prévoir chaque cas, et il revient au juge de la compléter par l’équité, en tenant compte du cas singulier. »

Un juge peut apporter ce regard. Pas seulement en tant qu’institution, mais en tant qu’humain. C’est lui qui, face à la famille, peut nommer la victime, dire ce qui lui a été fait, reconnaître que sa mort n’était pas une fatalité mais une injustice, même si l’auteur ne peut pas en répondre pénalement. C’est lui qui peut prendre le temps d’écouter, plutôt que de traiter le dossier comme une simple question d’expertise psychiatrique.

Alors oui, ce ne sont « que » des paroles. Mais pour une famille qui vit avec une perpétuité, ces paroles-là, prononcées par celui qui incarne la justice, sont peut-être ce qu’elle peut espérer de plus précieux. La loi fixe le cadre ; c’est l’humain qui rend justice.



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