@Fergus,
@Zenzoé
Zenzoé, auriez-vous la référence de cette réforme de 2029 ? Je
n’ai trouvé que la recodification du Code de procédure pénale, qui
entre en vigueur à cette date mais se fait à droit constant. Les
victimes peuvent déjà demander des contre-expertises depuis 1995,
et depuis 2023, la Cour de cassation impose un procès dès qu’un
expert conclut à une simple altération du discernement. Ce sont de
vrais progrès, mais dans les cas d’abolition complète, les familles
restent privées de procès.
Pour en revenir à nous Fergus, « comment faire, au-delà des
paroles prononcées lors des audiences ? », je me dis que le débat
porte en réalité sur la symbolique. Et à cela, la loi ne peut pas
répondre à elle seule. Elle est faite par des hommes, bien sûr,
mais pour tous en général et pour personne en particulier. Elle
peut créer des droits, des procédures, des indemnisations ; elle ne
peut pas reconnaître le tort fait à cette victime et à cette
famille.« Aristote le disait déjà : la loi, parce qu’elle est générale, ne peut pas prévoir chaque cas, et il revient au juge de la compléter par l’équité, en tenant compte du cas singulier. »
Un juge peut apporter ce regard. Pas seulement en tant
qu’institution, mais en tant qu’humain. C’est lui qui, face à la
famille, peut nommer la victime, dire ce qui lui a été fait,
reconnaître que sa mort n’était pas une fatalité mais une
injustice, même si l’auteur ne peut pas en répondre pénalement.
C’est lui qui peut prendre le temps d’écouter, plutôt que de
traiter le dossier comme une simple question d’expertise
psychiatrique.
Alors oui, ce ne sont « que » des paroles. Mais pour une famille
qui vit avec une perpétuité, ces paroles-là, prononcées par celui
qui incarne la justice, sont peut-être ce qu’elle peut espérer de
plus précieux. La loi fixe le cadre ; c’est l’humain qui rend
justice.