@Ramdane ISSAAD
Je m’intéresse aux problèmes énergétiques de l’IA parce qu’il est bien réel, mais je ne crois pas vraiment que ce soit le problème fondamental. On parle de LLMs, d’IA généralistes (AGI), mais tout ça n’est même pas utile pour faire progresser l’IA. Les LLM peuvent être un écueil, mais on voit aussi que les chinois font aussi bien avec moins de paramètres et sans accès aux composants les plus avancés. Donc si les américains sont des dinosaures et ne voient que les choses en grands, ils vont s’effacer devant ceux qui seront plus malins et capables de faire mieux ou aussi bien avec moins.
Je crois que le problème numéro 1 de l’IA est un problème existentiel, pas un problème technique. Si on arrive à un mur rapidement (énergétique, limite d’échelle, explosion d’une bulle), j’en serai ravi. Non pas parce que je suis contre la technique, mais parce que la technique devrait servir à faciliter la vie de tout le monde (ou au moins ne pas la rendre plus difficile : chômage de masse, perte complète de sens...). Et même là, la technique arrive à sa limite : je ne suis pas sûr qu’avoir une vie sans faire d’effort soit le but ultime qu’on devrait chercher à atteindre. L’IA pose le problème même de l’utilité de la technique et de la décadence complète qui peut l’accompagner. J’essaie de ne pas être décadent à mon niveau, de continuer à faire des efforts sans m’exploser la cervelle. Les autres font les choix qu’ils veulent. Et ceux qui pensent qu’ils pourront être encore plus performants et « rentables » avec l’IA atteindront rapidement la limite que leur cerveau peut supporter, la perte de contrôle sera inévitable. Pour empêcher un choc cognitif, ils pourront bientôt se greffer des implants (et devenir des cyborgs...). Tout ceci est pur délire, ou pas : on a déjà des surmenages, des alcooliques de l’IA qui ne se reposent pas assez tellement leurs capacités ont été démultipliées,...
Il y a tellement à dire sur les futurs possibles (et qu’on ne cherchera certainement pas à faire cohabiter) que le problème énergétique en devient secondaire. Même avec une IA qui resterait figée au stade où elle en est.