Ajoutons, en effet, que les élites (religieuses) occidentales ont étudié le monde arabe et islamique depuis toujours... alors que l’inverse n’est pas vrai... Stéphane Azhiari montre très bien que l’Occident est curieux intellectuellement, au contraire du monde musulman qui est fermé. Mais que, être curieux ne signifie nullement adopter une culture externe néfaste (l’Occident a précisément refusé l’islam en toute connaissance de cause !).
Précisons quelques points encore :
— la doctrine religieuse catholique était solidement établie depuis plusieurs siècles quand l’islam a émergé. C’est donc plutôt le christianisme qui a influencé l’islam que le contraire.
— au moyen-âge, l’Orient est encore massivement juif et chrétien. Les musulmans occupent surtout les fonctions d’exploitation et de répression. Une bonne partie de « l’érudition arabe » médiévale provient d’Arabes juifs et chrétiens ! Cette érudition ne provenait pas de l’islam, mais du substrat pagano-chrétien qui subsistait encore.
— car, quand l’Orient a fini par être islamisé en profondeur (XVIIème, XVIIIème siècle), il a achevé sa complète décadence, dont il n’est pas sorti (l’argent du pétrole ne pouvant faire illusion).
— l’aristotélisme médiéval (qui vient du substrat païen et non musulman) a été transmis aussi bien par des sources arabes (musulmanes, juives et chrétiennes) que par ligne occidentale directe (via les monastères). En Occident, cette « révolution rationnelle » a triomphé (Thomas d’Aquin) alors qu’elle a été anathématisée en Orient (Averroès est hérétique en islam).