@jakem
3— La reproduction sociale est assurée au moyen des dispositions prises pour y mettre fin. Et pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Afin de supprimer définitivement l’avantage des héritiers, on a déshérité tout le monde. On a donné la parole aux élèves avant de leur donner la langue, on a supprimé les humanités, les nouvelles élites pratiquent allègrement le redoublement du sujet (« la France, elle a des atouts ») et qui imaginerait aujourd’hui un président de la République citant quelques vers de Paul Éluard comme Georges Pompidou dans une conférence de presse au lendemain du suicide de Gabrielle Russier ?
Quand des ministres de l’Éducation nationale cherchent à réintroduire un semblant d’exigence et de sélection, ils sont désavoués par leurs successeurs. On l’a vu avec les groupes de niveau et le choc d’autorité de Gabriel Attal. Ce que les lycéens devraient exiger, c’est le retour des humanités et de l’histoire chronologique, c’est le renforcement de l’étude de la langue française, c’est du temps pour lire. Au lieu de quoi, ils passent toujours plus d’heures les yeux rivés sur leur portable, et ils veulent un emploi du temps allégé. L’autre jour, à la télévision, l’un d’entre eux, tout en réprouvant la violence, se plaignait d’avoir cours le samedi matin, ce qui empiétait sur ses week-ends. Et le Conseil constitutionnel, à la grande joie de la jeune génération, annule une loi interdisant l’usage des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Les Sages de la rue Montpensier accélèrent la progression de l’illettrisme dans notre pays.