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jakem 10 octobre 08:38
jakem

@jakem
4— Ce mouvement s’inscrit-il dans la lignée de Mai 68 ou est-il d’un type radicalement nouveau ? Quelle différence avec le folklore étudiant traditionnel ?

En Mai 68, beaucoup de bêtises ont été dites ou écrites, mais il y a eu aussi quelques perles : « Assez d’actes, des mots. » Et il ne nous serait pas venu à l’idée de brûler ou de dévaster des établissements scolaires. Nous étions, selon la géniale expression de Philippe Muray, des « mutins de Panurge », nous n’étions pas des vandales. À cette époque, j’étais jeune, c’est-à-dire conformiste. Je suivais le mouvement, je faisais comme tout le monde, je m’indignais comme on s’indignait, je me révoltais comme on se révoltait. Et puis, grâce aux livres, j’ai précocement vieilli. Je me suis arraché à la glu générationnelle, j’ai appris à penser par moi-même et j’ai savouré, bien avant d’atteindre le troisième âge, cette réflexion de Fellini : « Je me demande ce qui est arrivé à un moment donné, quelle espèce de maléfice a pu frapper notre génération pour que soudain, on ait commencé à regarder les jeunes comme les messagers d’on ne sait quelle vérité absolue. Les jeunes… Les jeunes… Les jeunes. On eût dit qu’ils venaient d’arriver dans des navires spatiaux. »

La comparaison avec les émeutes de 2005 et 2009 vous semble-t-elle légitime ?

Ce qui me semble légitime, c’est de pointer le rôle croissant des nouvelles technologies dans les manifestations et les émeutes. On voit en temps réel ce qui se passe ailleurs et on fait la même chose. On ne veut pas être en reste, on ne veut pas se laisser décrocher. La violence se répand et se répandra de plus en plus par contagion mimétique.



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