• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > 3e plan autisme : ABA la psychanalyse !

3e plan autisme : ABA la psychanalyse !

Remords ! Mélange de soulagement et d'enragé désespoir, c'est ce qu'éprouvent les parents d'autistes sortis de l'enfance, à l'annonce d'une mesure qu'ont adoptée depuis un quart de siècle les (autres) pays civilisés : le droit à l'éducation des petits.

 

Remords de ne pas s'être expatrié, quand il en était encore temps ; d'avoir gobé le somnifère, pontifiant et culpabilisant discours de ceux qui auront tenu la place près d'un demi-siècle en France, quand nos voisins n'en étaient depuis longtemps plus dupes.

Le plan annoncé hier par Mme Carlotti ne fait d'ailleurs pas table rase de l'escroquerie. Ce n'est qu'en 2014 que diminueront les crédits de la psychanalyse, au profit de son ennemi "comportementaliste", afin que soit donné aux parents le choix (sic) entre ce vide entretenu et les ignobles nazis décidés coûte que coûte à enseigner des gamins qui n'en ont même pas formulé la demande.*

 De "nouvelles méthodes" pratiquées ailleurs avec succès depuis quarante ans 

Timide, insuffisant en termes de crédits et d'enseignants, ce plan s'inspire de vingt-cinq ans de revendications d'associations*. Il prévoit, à l'issue d'un diagnostic précoce (à 18 mois), de tirer les enfants atteints du syndrome de l' "hôpital de jour", morne antichambre de la psychiatrie, fourre-tout débilitant de tout ce qui apparaît peu ou prou décalé (du beau mutique intelligent, sans handicap ajouté, au multidéficient dépourvu de toute autonomie), pour enfin et peu à peu les intégrer en milieu normal, à l'aide d'éducateurs spécialisés dans ce que nous nommons en France "les nouvelles méthodes" d'apprentissage et de communication...

...Tellement nouvelles, ces méthodes, qu'à chaque conférence organisée chez nous d'ex-autistes canadiens, américains ou nordiques, tirés d'affaire grâce à elles, en témoignent régulièrement, ainsi que des "petites différences", séquelles de débuts traumatiques, n'ayant guère entravé leur carrière et leur valant juste, en milieu professionnel et amical, au pis une réputation d'originaux. (Quand, à diagnostic de départ identique, voire plus optimiste, les Français de leur génération restent voués à la camisole chimique.)

L'urgence de changer les crédits de mains

Ce troisième plan (à réaliser sur trois ans à partir de 2014) aura-t-il raison du lobby psychanalytique, fléau dénoncé par la quasi-totalité des familles, et captateur depuis près d'un demi-siècle des crédits dévolus au syndrome ? La ministre, qui dit avoir entendu ces familles, et "découvert une situation conflictuelle", promet de désormais réserver lesdits crédits aux seuls établissements dont les "méthodes** marchent (...) et sont recommandées par la Haute Autorité de la Santé".

Tout bénéfice pour l'entière société

Cette évidence, qui, s'y elle s'était imposée plus tôt, eût épargné des centaines de milliers de malheureux - enfants et, par ricochet, parents -, passe par des mises de fonds rentables à moyen terme. Car, autant n'auront profité de l'ancien système que les opulents bavards encore en place, autant la société tout entière gagnera à l'insertion de ces garçons et filles souvent doués, éducables, et voués à l'indépendance pour peu que leur en soient tôt donnés les moyens.

Voir, en ces temps de nécessaires restrictions, un sacrifice de plus pour le contribuable serait un mauvais calcul. L'autiste non éduqué, non autonome, devient fardeau à vie de la société, et plus coûteux que ces éducateurs qui le sauveront, comme le langage des signes a sauvé les sourds-muets.

Premiers fruits de trente ans de lutte contre un lobby

Plus informés, ne serait-ce que par le Web et les réseaux sociaux, moins impressionnables que nous, les parents d'aujourd'hui se détournent de ces beaux parleurs nantis, qui entre deux longues réunions entre collègues, deux récits culpabilisants de votre vie de famille, de couple ou de baby blues, vous assurent en termes choisis qu' enseigner "manu militari un enfant qui n'est pas en demande serait une brutalité inacceptable". Si la mère de Thomas (ci-dessous) n'avait été forcée d'apprendre sa table de multiplications, elle l'ignorerait sans doute encore. Les "brutalités" qui ouvrent, et libèrent leurs victimes en leur donnant les moyens d'un avenir plus heureux, on fera avec.

JPEG - 70.3 ko
Thomas
jeune autiste

Moyenne des avis sur cet article :  3.8/5   (20 votes)




Réagissez à l'article

14 réactions à cet article    


  • asterix asterix 4 mai 2013 10:30

    La société gagnera à l’insertion de ces garçons et filles souvent doués, éducables et voués à l’indépendance pourvu que leur en soient tôt donnés les moyens.

    C’est ce que vous écrivez textuellement, non ?
    Ce que vous omettez, c’est la réalité : ce cas miracle concerne tout au plus 10 % des autistes. Vous me faites mal là en parlant d’autistes non éduqués, non autonomes qui deviennent une charge pour la société.
    Merci pour la culpabilisation...
    Je vous répondrai de la même manière qu’à l’autre intervenant sur le même sujet : la réalité ne vous a pas encore rattrapé. Bon courage !


    • EgaliTED EgaliTED 4 mai 2013 11:45

      Ce « miracle » concerne 40% à 50% des autistes selon les études sur l’ABA et le TEACCH. Pour les autres, la plupart progressent et gagnent tout de même beaucoup en autonomie. Restent en effet 10% à 20% de cas très lourds qui nécessitent l’institution à vie. En France on reste très loin de ces résultats, tellements incroyables au vu de nos pratiques que justement personne ne veut y croire, sauf les « nouveaux » entrés dans le « circuit » de l’autisme.


      Merci pour cet article. L’avenir est en marche, avec seulement 40 ans de retard.

    • olivier 4 mai 2013 12:57

      @ Asterix, 23% d’adultes sous médication a Gauténa, quel est le pourcentage en france ?

      Allez visiter pendant vos vacances, c’est a 10 mn de la frontiere française

    • Julie Dep Julie Dep 4 mai 2013 13:29

      Plutôt que de gaspiller des sommes folles à assurer le confort ad vitam de gens qui ne font RIEN pour faire progresser les enfants (je parle des psychiatres et psychanalystes, non des éducateurs), il me paraît en effet judicieux d’enseigner ceux qui peuvent l’être, avec ces méthodes qui ont fait leurs preuves.

      Je sais de quoi je parle, ayant vu mon fils, quasi normal à 5 ans, régresser, quand d’autres enfants de même pronostic ayant eu la chance de profiter de cette éducation spécifique s’en sont fort bien tirés. Je suis les progrès des uns et des autres depuis plus d’une décennie.

      Il n’est pas question ici d’autisme profond, voire assorti de surhandicaps, Ni de miracle. Mais d’une multitude, grandissante, de petits enfants qu’il s’agit de tirer des griffes de gourous parasites. Et patentés.


    • chunnly67 4 mai 2013 13:47

      Les tests de Q.I. ne sont pas adaptés aux autistes...Ca,c’est la réalité... !!!

      Il existe d’autres outils de mesure qui ont fait leurs preuves mais trop peu utilisés encore en France...Ca aussi,c’est la réalité,et de ce fait,les diags de D.I. sont posés à tort et à travers... !!!

      Ca,c’est NOTRE réalité... !!!

    • asterix asterix 4 mai 2013 15:16

      Pour Olivier dont je respecte la position

      Nicolas se trouve au Village n1 à Ophain Bois Seigneur Isaac à 50 km de la frontière française. Le Village, qui n’a pas son pareil en France, est un modèle de gestion de ce type de handicap. Nous avons dû attendre 17 ans avant qu’il en devienne pensionnaire.
      Pour moi comme pour mon ex, le plus terrible ne fut pas de faire face, mais la résultante de la doctrine de l’époque, je vous parle de 30 ans d’ici : l’autisme, disaient « les lumières » résultait d’un manque d’amour des parents pour l’enfant.
      Teach n’est venu qu’après...
      Un jour, on m’a dit : ah beh non, on s’est trompé, c’est l’absence de faculté de globalisation - la partie 7 de l’hypothalamus si vous voulez - qui est en cause.
      ET PERSONNE NE NOUS A JAMAIS DIT : ON REGRETTE D’AVOIR FOUTU VOTRE COUPLE EN L’AIR.


    • modesto modesto 4 mai 2013 15:13

      Enfin une bonne nouvelle dans cette période grisâtre : les psychanalystes vont devoir laisser travailler les vrais professionnels de l’éducation et de l’accompagnement .

      Un jour, il faudra faire le bilan de cette imposture intellectuelle que fut la psychanalyse du XIX eme siecle qui aura génere tant d’abus et de maltraitance !
      Il faut d’urgence alerter les futurs professionnels de l’enfance handicapée dans les écoles d’éducateurs spécialisés, de moniteurs-éducateurs, d’AMP, ainsi que les paramédicaux qui ont été conditionnés à exécuter les consignes fumeuses de psys complètement à côté de la plaque et, on le sait donc aujourd’hui, criminels ! Les centres de formation de travailleurs sociaux sont encore beaucoup trop dominés par ces charlatans qui ont terrorise tout le monde en appliquant leurs concepts douteux sur les intervenants eux-mêmes qui, s’ils résistaient à leur idéologie, signaient d’eux-mêmes leur pathologie libidino-affective et tout le tintouin ....
      Vite, un auteur éclairé et libre pour tirer les conclusions de cette époque qui s’acheve !

      • murene 4 mai 2013 15:36

        Deux questions :

        - Connaissez-vous UN SEUL sujet affecté d’autisme infantile pour lequel ait été tentée une cure psychanalytique ?
        - Ne craignez-vous pas que les éléments de langage qui vous ont été fourni finissent par lasser à force d’être répétés en boucle à chaque occasion par le même brigade d’écriveurs ?

        • Julie Dep Julie Dep 4 mai 2013 18:37

          @murene

          J’en connais un : le mien. La plaisanterie a duré deux ans, à Paris, sous la coupe de personnalités très en vue.
          Et ce que je dis ici, au bout de cet inutile marathon qui m’a pris la moitié de ma vie, et presque toute celle de Thomas, ne m’a été dicté par quiconque.


        • EgaliTED EgaliTED 4 mai 2013 20:56

          Arretez donc de tenter de faire passer les familles révoltées contre la maltraitance institutionnelle psychanalytique pour des victimes crédules d’on ne sait quels manipulateurs. Il suffit de comparer les autistes français avec ceux des pays voisins. Les seuls élements de langage qu’on croise dans le domaine de l’autisme sont ceux de la doxa lacano-freudienne qui gangrène la psychiatrie et notre système de prise en charge - jusqu’au système scolaire.


        • murene 5 mai 2013 07:45

          Je me permets de signaler cet article clarificateur :


           http://fr.wikipedia.org/wiki/Cure_psychanalytique

          et sur cette base, pose à nouveau ma question.

        • EgaliTED EgaliTED 5 mai 2013 08:39

          Vous jouez sur les mots, ne faites pas semblant de ne pas comprendre de quoi on parle.


        • Edmon Edmon 5 mai 2013 08:41

          Je connais peu la psychanalyse , encore moins l’ autisme , mais j’ai eu l’occasion de voir « Le mur  » et , bien que je ne peux baser mon avis sur une seule source , la démonstration est tout de même assez édifiante .



          • murene 6 mai 2013 11:11

            Le 26 janvier 2012, le Tribunal de Grande Instance de Lille a condamné Sophie Robert et Océan Invisible Productions et a exigé le retrait de la totalité des extraits des interviews des plaignants du film « Le Mur » sous astreinte provisoire de cent euros (100€) par jour de retard à compter de la signification du jugement. Le TGI de Lille a également ordonné l’exécution provisoire du jugement.

            Assez édifiant ?


Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

Julie Dep

Julie Dep
Voir ses articles






Les thématiques de l'article


Palmarès



-->