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A propos des petits colliers étrangleurs made in Germany…

 

Avec Alexandre Mirlicourtois, et grâce à la seconde partie de sa vidéo du 20 février 2012 sur le site de Xerfi Canal (https://www.xerficanal.com/), nous allons pouvoir comprendre le mécanisme qui se développe à partir du contrôle strict imposé par l’Europe allemande à la croissance de la masse salariale en général.

Soumis à l’impact des lois Hartz adoptées en Allemagne entre 2003 et 2005, les salariés ont pris, outre-Rhin, un sérieux coup sur la tête dont les effets paraissent devoir être durables…

Le graphique proposé par Alexandre Mirlicourtois nous montre cela en comparant l’évolution, au long d’une petite décennie, des salaires pratiqués dans les trois pays les plus importants en taille après l’Allemagne au sein de la zone euro. Reprenons les explications jointes :
« Dans l’industrie allemande, le coût horaire (charges comprises) a progressé de 14% entre 2002 et 2010. Une progression de 27% en France et même de 36% en Espagne. C’est donc le remède de cheval pour l’Europe du Sud, y compris la France. Le problème ? C’est que surdosé, le remède de cheval tue le cheval. »

Pour l’instant, l’animal ne fait que boiter bas, mais cela a tout de même des conséquences redoutables par ailleurs :
« Une politique budgétaire trop restrictive a un effet dépressif sur la demande. Ce qui entraîne un recul de l’activité. Privé de recettes fiscales, le déficit budgétaire se creuse alors un peu plus. Et pour répondre aux engagements des gouvernements d’alléger leurs déficits publics de nouvelles mesures restrictives sont adoptées, des mesures qui laminent un peu plus l’activité. »

Voilà donc les pays du Sud de la zone euro sérieusement ligotés, tandis que l’Allemagne peut développer les activités économiques de ses gros muscles… à destination de l’étranger, mais pas à destination de n’importe quel « étranger »… C’est ce qu’il nous faut maintenant considérer avec Alexandre Mirlicourtois en faisant tout d’abord un petit détour par une étape à l’occasion de laquelle l’Allemagne joue à nouveau un rôle particulièrement déterminant par le décalage qu’elle maintient dans l’ordinaire des pratiques budgétaires. Car c’est bien elle qu’il faut voir agir ici :
« La réduction précipitée et généralisée des déficits publics, y compris pour ceux qui auraient des marges de manœuvres budgétaires pour relancer leur activité, déprime la demande domestique. »

Mais, toutes choses étant égales par ailleurs – comme dit l’économie politique -, il pourrait y avoir ensuite des conséquences bénéfiques sur les balances commerciales…
« Mécaniquement, cela réduit les importations de chacun. Ce qui devrait en théorie rééquilibrer les comptes extérieurs. »

Par malheur (façon de parler !), pour certains de ces pays (lesquels ?), ce sont justement les importations des pays de la zone euro (désormais réduites, donc) qui constituent une part déterminante de leurs propres exportations… que voici en berne. Ce qui nous vaut cette très pertinente annotation d’Alexandre Mirlicourtois :
« Autrement dit, c’est un jeu de dupes. »

Entrons maintenant dans ce qui permet à cette duperie de fonctionner à plein au profit de l’Allemagne qui a su si bien l’organiser à partir des outils mis en oeuvre par son Europe à elle… En effet, si le frein posé sur les dépenses budgétaires pèse sur les importations des pays en question – et si l’Allemagne se garde bien d’importer elle-même davantage alors que ses marges budgétaires le lui permettraient de belle façon – la destination des exportations – zone euro ou monde extérieur à la zone euro – est différenciée d’une façon qui avantage, là encore, l’Allemagne…

Joignant le texte à l’image, Alexandre Mirlicourtois nous fournit les indications suivantes :
« […] l’Italie réalise 55,2% de ses exportations avec la zone euro. Un niveau comparable à celui de l’Espagne : 54,8%. Un chiffre qui est de 47,7% pour la France et tombe à 41,4% pour l’Allemagne, ce qui reste très significatif. »

Ayant, en quelque sorte, organisé l’étouffement réciproque des trois autres pays ici mentionnés, l’Allemagne peut, elle, continuer à profiter des bouffées d’oxygène que lui offre le grand large… et emmener avec elle les pays du Nord de l’Europe… qui voient ainsi ceux du Sud s’enfoncer peu à peu dans un marasme dont nous ne tarderons pas à découvrir les conséquences qu’il aura sur les mesures de correction qu’ils seront amenés à prendre… pour survivre.

NB. Cet article est le douzième d'une série...
« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? »
Pour revenir au document n° 1, cliquer ici


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