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Accueil du site > Tribune Libre > Addictions : on peut s’en sortir !

Addictions : on peut s’en sortir !

Les addictions affectent des millions de français : tabagisme, alcoolisme, drogues de toutes espèces, jeux de hasard et d'argent compulsifs, shopping compulsif, sport, sexe, jeux vidéos, addiction au travail... Les souffrances peuvent s'avérer difficilement soutenables. Mais faute de bien comprendre les mécanismes, il est difficile de s'attaquer aux maux.

Un livre nouveau,"L'addiction comment s'en sortir ?", annonce la couleur et cette dernière est prometteuse, annonçant la sortie du tunnel dans lequel les addicts sont coincés : " Si vous comprenez les mécanismes qui vous empêchent d'avancer, vous comprendrez comment les contourner et pourrez ainsi reprendre le contrôle de votre vie". Les addicts, leurs proches, les professionnels de santé peuvent en tirer enseignements.

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Ainsi informations, outils, conseils pratiques sont donnés par 5 auteures pour " comprendre, agir, traiter et éviter la rechute". Car il est possible d'arrêter de souffrir et de se libérer, de ne plus être à côté de sa vie.

3 psychologues et psychothérapeutes, travaillant en addictologie, Caroline Chiron, Estelle Guilbaud, Mélanie Gaillard, Emeline Chauchard maitre de conférences en psychologie, Lucia Romo professeur en psychologie clinique, proposent au lecteur, ni plus, ni moins,que de reprendre sa vie en main. 

Le livre inclut cahier téléchargeable d'exercices et de ressources mobilisables, tests, audios , vidéos (en flashant les QR codes, en tapant les URL), une bibliographie engageante. Une belle et bonne illustration, création d'une autre femme, Céline Bailleux, rend l'ouvrage attractif, plaisant à utiliser., agréable à lire, accessible. Rien d'académique, de pesant,de rébarbatif. On peut écrire sur le livre !

Il s'agit bien de trouver, sans pesanteur inutile, les bonnes stratégies permettant de reprendre une vie normale en définissant exactement l'addiction, ses causes, ses conséquences y compris sur la santé personnelle, sur les relations sociales. Les émotions, la mémoire, toutes les pensées qui s'agitent sont examinées par les professionnelles. 

Les auteures posent les bonnes questions en ce qui concerne le "craving", cette envie irrépressible de céder à un comportement addictif : "Une addiction , c'est quoi exactement ? Est-ce une maladie du cerveau ? Une maladie aussi psychologique ?... Pourquoi ai-je besoin de mon addiction ?... Pourquoi je consomme face à une émotion désagréable, face à une émotion agréable ?... Pourquoi mon addiction m'éloigne-t-elle de mon entourage ?... Pourquoi je continue malgré les conséquences négatives ?"

Comprendre oui, mais surtout agir : " Sortir du silence... Accepter ses émotions ( toutes les émotions sont utiles)... Réguler ses émotions...Prendre du recul... Positiver ses pensées...Se fixer des objectifs... S'affirmer... Se regarder avec bienveillance... Rebooster sa motivation... Comment se faire aider ?... Quels sont les traitements efficaces ?... Comment prévenir la rechute ?"

Car chacun d'entre nous est capable de mobiliser ses ressources personnelles, même si le chemin peut être parfois sinueux. D'où l'intérêt de la lecture des nombreux témoignages de personnes souffrant de dépendances, de professionnels de santé, témoignages qui sont présents tout au long de l'ouvrage.

Le stress, la peur, la frustration, la colère, la tristesse, la honte, la culpabilité sont prises en compte. Et la relaxation, la méditation, la pleine conscience, l'activité physique peuvent être mobilisées. Les facteurs de risque liés aux produits, à la vie personnelle, à l'environnement, à la société, les comorbidités ne doivent pas être ignorés. 

Les risques causés par les addictions aux drogues sont clairement identifiés : risques sur la santé ( maladies,séquelles d'accidents, troubles cognitifs, altération du fonctionnement du cerveau, maladies psychiques), risques sociaux ( perte d'autonomie, problèmes judiciaires, problèmes financiers, perte d'emploi, de logement), et coût général pour la société ( justice, santé, sécurité).

L'entourage, pour éviter l'isolement et la marginalisation de la personne, est primordial, Et des solutions existent, en sachant ce qu'il faut faire et ce qu'il faut éviter

Tout en sachant qu' "il n'existe pas de de traitement fulgurant ni de formule magique pour faire disparaitre ce qui est devenu un besoin compulsif... Les voies du rétablissement sont multiples et les besoins varient d'un individu à l'autre... Vous êtes l'acteur de votre rétablissement". Les professionnels de santé ( médecins, psychologues, addictologues, infirmiers, ergothérapeutes, psychomotriciens) se révèlent importants dans le dispositif de résolution des problèmes. Les lieux de soins sont passés en revue dans le livre, ainsi que les lieux d'entraide et d'écoute. "Pour que la dépendance n'ait plus de place dans votre environnement". "Pour se regarder avec bienveillance".

 


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4 réactions à cet article    


  • S. Lampion Grincheux 23 novembre 2023 14:04

    Saviez-vous qu’être amoureux, ça se manifeste dans un encéphalogramme comme une addiction et non pas comme une émotion. Je suis content d’apprendre grâce à cet article que ce n’est peut-être pas incurable.


    • pasglop 23 novembre 2023 19:56

      @Grincheux
      Impératif de perpétuation de l’espèce, peut-être...


    • tashrin 24 novembre 2023 10:20

      @pasglop
      Pas loin
      J’ai lu il n’ya pas longtemps que c’etait un mecanisme lié à la spécificité de la reproduction humaine. Les petits humains ne sont pas autonomes des la naissance, comme la plupart des mammifères, ce qui nécessite une période pendant laquelle la présence des parents est indispensable à la survie. 
      => L’amour rend aveugle,
      => L’amour dure trois ans, 
      etc...


    • xana 25 novembre 2023 14:53

      Sérieusement.

      Je ne crois pas (mais qui le sait ?) être moi-même soumis à une addiction. Et après 75 ans je pense que pour moi le risque s’éloigne.

      Mais j’ai cru longtemps qu’il était « très difficile » de sortir des problèmes comme l’alcoolisme ou la tabagie.

      Depuis que j’ai émigré vers des pays nettement moins « médicalisés » j’ai pu me rendre compte que même sans assistance les gens s’en sortent le jour où ils décident qu’ils veulent s’en sortir. Bien sûr ceux qui ont plus de volonté que les autres s’en sortent mieux ; Mais ceux-là tombent beaucoup moins souvent dans le piège.

      Je ne prétends pas que ce soit facile, n’ayant pas moi-même d’expérience pour en parler. Mais j’ai connu en Roumanie un vieil homme qui a su se débarrasser de l’alcoolisme par le seul effet de sa volonté. C’est pourtant les suites de cet abus pendant de très longues années qui l’ont emporté plus de 15 ans plus tard. Il fumait aussi des quantités phénoménales de cigarettes de maivaise qualité, et j’ai cru qu’il n’en sortirait pas. Or un jour il a décidé de s’arrêter et il l’a fait, là aussi sans la moindre rechute à ma connaissance. C’était un homme cultivé, mais aussi un insoumis. Et un solitaire. L’alcool était pour lui une façon de survivre à la chape de plomb des années communistes.

      Je crains que dans les pays occidentaux les addictions sont dûes à autre chose. Bien pire que le régime Ceaucescu. C’est le vide moral que l’on cherche à compenser sans même s’en rendre compte C’est sans doute pour cela que vos concitoyens ont tant de mal à s’en sortir.

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