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Algérie : Le temps des prolongations

 
Il est des situations ubuesques que la raison ne peut supporter, vouloir faire du neuf avec du vieux en est une, telle est la triste réalité du système politique algérien qui, contre vents et marées veut se perpétuer à lui-même, sans même se faire la mue comme il est dans la nature des choses, ce qui est visible chez la faune et la flore.

Qui peut vraiment croire au changement dans l’exercice du pouvoir, quand les mêmes protagonistes du système sont encore en place, non et trois fois non, la junte au pouvoir se fout du peuple, sevrée qu’elle est dans sa gabegie. 

Vouloir se maintenir au pouvoir coute que coute, en voulant faire avancer des pions qui ont déjà servi, et pour certains ont été piteusement écartés, pour avoir participé de fait à la prédation ou avoir pris part à des magouilles, le système ne prend aucune précaution à vouloir se prémunir d’une quelconque concussion.

Sur Cent-trente-sept (137) postulants à la candidature pour l'élection présidentielle algérienne du 12 décembre, l'Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), après filtration, n’en a retenu que cinq (5) sur vingt-deux (22), dont quatre (4) sont d’anciens ministres.

Ali Benflis, 75 ans, originaire de la wilaya de Batna, il a pour diplôme une licence en droit, ex membre du parti FLN de 1988 à 2004, il préside depuis 2015 le parti Avant-garde des libertés, ancien chef du gouvernement, et ce, dès le premier mandat de A. Bouteflika, il a participé par deux fois à l'élection présidentielle, sans succès.

Abdelmadjid Tebboune, 73 ans, originaire de la wilaya d’El Bayadh, diplômé de l'École nationale d'administration, membre du parti FLN, ministre à plusieurs reprises sous le gouvernement de A. Bouteflika, et Premier ministre en 2017 (il sera limogé trois mois après sa nomination par le frère du président, Saïd Bouteflika).

Azzedine Mihoubi, 60 ans, originaire de la wilaya de M’sila, diplômé en journalisme, aussi poète et romancier, ex-ministre de la Culture, actuellement secrétaire général par intérim du Rassemblement national démocratique (RND), le parti né avec des moustaches comme disent les algériens (une copie conforme au FLN).

 Abdelkader Bengrina, 57 ans, originaire de la wilaya de Ouargla, diplômé ( ?) de l’université de Batna, ancien ministre du Tourisme et ex-cadre du Mouvement de la société pour la paix (MSP), il est l'unique représentant islamiste en lice, héritier de feu M. Nahnah, de Boudjerra Soltani et de A. Ghoul ( des dirigeants qui ont laissé de funestes souvenirs).

Abdelaziz Belaïd, 56 ans, originaire de la wilaya de Batna. Il est titulaire d’un doctorat de médecine et d’une licence en droit, ancien cadre du Front de libération nationale (FLN), il a fondé le Front de l’Avenir, un micro-parti très proche du pouvoir.

Certains parmi ces postulants, ont trainé des casseroles derrière eux, d'une manière ou d'une autre, que seul le temps pourra déterminer l'importance.

 https://youtu.be/xGbOsNOPUNE  ; (Cette vidéo nous montre bien la présence de deux parmi les cinq postulants à la présidentielle qui ont participé de fait aux extravagances du gouvernement de A. Bouteflika)

Il ressort du choix de ces candidats, leur appartenance au même trépied (FLN, RND et MSP)) qui a gouverné le pays, depuis l’avènement du multipartisme trompeur, et qui a conduit l’Algérie vers une impasse, dont on ne peut prévoir l’issue d’une sortie de crise, car celle-ci est réelle.

Sans le peuple, ce trépied ne peut avoir une bonne assise, il suffit qu’un de ses éléments bascule pour que la chute soit fatale ; Et c’est justement de cette crainte qu’ils se montrent soudés, mais pour combien de temps encore.

 L’Algérie, un pays de football, comme il plait à sa jeunesse (qui constitue près de 80% de la population) de la définir, un peu à l’exemple du Brésil, est en train de jouer les prolongations, or le temps lui est compté. Il se trouve que ceux qui veulent l’empêcher de gagner sont ces propres dirigeants, cupides et corrompus.

Quelle sera la réaction du peuple algérien devant le jusqu’au boutisme et l’intransigeance de la junte au pouvoir ?


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2 réactions à cet article    


  • Hijack Hijack 7 novembre 19:34

    Ali Benflis

    n’a t-il pas jeté l’éponge avant même l’abandon de Boutef ?

    A une époque, je le pensais presque parfait pour l’Algérie ... j’ignore où il en est à présent, à 75 ans ! 

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