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Au pied du mur

L’expression du XVIe siècle, « estre à pied de mur » ou « se trouver au pied du mur sans échelle », exprime l’impossibilité de se sortir d’une situation fâcheuse sans agir, en continuant à reculer devant un problème par peur de prendre ses responsabilités et de choisir l’action adéquate.

C’est exactement ce que notre planète la Terre est en train de vivre avec deux réactions cohérentes conflictuelles et une multitude de réactions incohérentes qui non seulement brouillent les pistes et les esprits, mais empêchent de se positionner clairement dans le combat à outrance entre les peuples et leurs élites.

Chacun sent bien que ne peut durer un monde où le travail humain n’est plus considéré et où seule la consommation humaine est désirée. La montée sans fin de l’endettement et la magie puérile de l’innovation sont les deux seules solutions publiquement envisagées, avec des discours mensongers aussi divers que fumeux sur le remboursement de la dette pour l’oublier le plus longtemps possible.

La première réaction cohérente est celle des élites non décérébrées par les universités devenues des garderies d’adolescents vifs et perdus dans leurs corps d’adultes. Elle est formatée et dogmatique, la réalité doit se plier au dogme ; le dogme étant que nous créons des richesses et que les deux seuls problèmes sont la justesse et la justice de leur répartition. La monnaie doit couler à flots puisque c’est elle qui reconnait la richesse et l’élite va utiliser la monnaie hélicoptère, le revenu universel, les subventions et toutes les aides sociales pour bien répartir vu par elle, ce qu’elle veut croire exister. Pour faire rentrer la réalité dans son dogme, les obligations et les interdictions se multiplient, ce qui facilite la circulation d’argent par amendes, taxes et condamnations. Cette réaction n’est cohérente que par l’unification de la Terre par le dogme de machines qui produisent, de peuples qui consomment, votent, s’amusent et obéissent et d’une élite qui compte sur le dogme pour tout résoudre dans un « great reset » ou un nouvel ordre mondial où elle se voit évidemment aux commandes, violence légale à disposition. Cette réaction est en marche et très active au FMI, à l’ONU, à l’OMC, à l’OMS, à l’UE et évidemment à Davos dont le thème de janvier 2021 est le « great reset ».

La seconde réaction cohérente est celle des peuples qui savent que richesse ne rime qu’avec travail et qui supportent de moins en moins bien, de devoir travailler de plus en plus pour vivre de moins en moins bien tout en voyant de plus en plus de profiteurs vivre de mieux en mieux en travaillant de moins en moins. Cette réaction cherche à se formuler car elle est majoritaire comme l’a montré l’appui populaire très nettement majoritaire aux Gilets jaunes à leurs débuts. Mais les vrais Gilets jaune craignent comme la peste les portes-paroles autoproclamés qui bien souvent n’ont comme seul but, soit d’intégrer l’élite, soit d’en faire déjà partie et de chercher un électorat. C’est uniquement par la formulation du lien de bon sens entre le travail, la richesse et l’argent que cette majorité populaire fera émerger ceux qui l’exprimeront le mieux en y croyant vraiment. Là se situe le vrai combat du moment.

Ce combat est non seulement freiné par les Politiques, les médias et les intellectuels, très asservis à la finance et au dogme de la richesse créée par la dépense qu’ils appellent keynésianisme ou PIB , mais aussi par tous les petits marquis qui pullulent et dont l’égo surdimensionné sert de colonne vertébrale. Pour eux tout est simple et ils ne se divisent qu’entre ceux qui ont la solution et ceux qui ont le coupable ; les pires étant ceux qui ont le coupable et dont la solution est d’acheter leurs livres.

Ce combat est encore freiné par le rouleau compresseur qui a mis dans les esprits que l’on pouvait s’enrichir sans appauvrir personne et qui a fait oublier qu’un enrichissement honorable ne peut se faire que par des appauvrissements volontaires d’autres personnes. Combien de milliardaires admirés ou simplement subis ne se sont enrichis que sur des appauvrissements forcés, cachés sous le dogme de la création de richesse ? Les peuples qui voient la réalité de leur appauvrissement ont du mal à en formuler le principe et sont malheureusement très tentés de se contenter d’une réaction violente.

Le principe « On ne débloque une situation qu’en se remettant en cause soi-même » est vrai toujours et partout. Les peuples gagneront contre leurs élites lorsqu’ils auront trouvé la bonne formulation du lien de bon sens perdu entre le travail, la richesse et l’argent. Ils redécouvriront alors, chacun chez soi, avec le pouvoir que leur donne la démocratie, leurs cohérences et leurs harmonies en redécouvrant ce qu’ils ont toujours été avant que de fausses élites ne trouvent avantage à tenter de faire d’eux une seule bouillie à leur image.


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3 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 15 septembre 15:18

    «  en redécouvrant ce qu’ils ont toujours été avant que de fausses élites ne trouvent avantage à tenter de faire d’eux une seule bouillie à leur image. »


    Pourriez-vous situer dans le temps et dans l’espace cet Eden qui aurait précédé le péché originel de la production , générateurs lui-même du péché capital de consommation ?

    Les « élites » sont simplement les classes dominantes, elles s’en contrefichent d’être fausses ou pas si elles dominent. 

    Or, sans être toujours les mêmes, elles dominent depuis le néolithique, quand les chasseurs cueilleurs ont décidé de se sédentariser pour cultiver le sol et élever du bétail. Qu’ils soient « citoyens » grecs (exploitant les esclaves), patriciens romains (colonisateurs), seigneurs médiévaux, noble ou clergé, jamais dans l’histoire de l’humanité la « démocratie » n’a présidé aux destinées humaines. Les structures claniques et les chamanes pré-néolithique étaient encore plus étrangers à cette notion de « démocratie ». Le bon sauvage de Rousseau n’a jamais existé.

    Il ne s’agit pas de retrouver le paradis perdu, mais de faire naître un autre système que le capitalisme manifestement en fin de course. Et pour ça, il faut avoir un projet construit, cohérent comme vous vous plaisez à le dire. Or on ne trouve pas dans votre article le moindre indice sur la structure d’un tel projet.



    • Marc Dugois Marc Dugois 15 septembre 18:00

      @Séraphin Lampion

      Aucune structure n’est proposable avant que le lien entre le travail, la richesse et l’argent soit ancré dans les esprits.

      Tant que ce n’est pas le cas, et c’est loin d’être le cas (le gouvernement montre actuellement combien il en est loin), les propositions de droite comme de gauche, ne sont qu’électorales et donc, pour moi, sans aucun intérêt.


    • Clocel Clocel 15 septembre 20:28

      C’est gentil à vous de nous léguer les écuries d’Augias et de venir nous prêcher le sens des valeurs.

      Compliqué d’encenser celle du travail lorsqu’on a laissé « fuiter » les entreprises, dilapidé le patrimoine, laissé pourrir les acquis sociaux et nous avoir livré pieds et poings liés à la mafia internationale.

      Votre génération va laisser un passif ingérable, avec deux possibilités :

      Renverser la table au prix d’un bain de sang digne de la Commune de Paris, ou consentir à la pire des aliénations qu’aura connu notre espèce...

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